Voici 7 conseils alimentaires en prévention du cancer ou si vous avez déjà été victime d'un cancer.
Des études récentes révèlent le potentiel anticancéreux de certaines plantes et épices. En voici sept.
De manière générale, les personnes qui suivent un régime végétarien ont un risque de cancer moins important que celles qui mangent de la viande. Mais cette association ne démontre pas de cause à effet. Certains actifs végétaux ont-ils des propriétés anti-cancer démontrées ? Bien souvent les seules preuves que nous avons dérivent d'études sur des animaux ou des cellules. On ne peut pas se prémunir du cancer avec des fruits et légumes mais il est intéressant de connaître ces plantes et épices aux propriétés anticancéreuses.
Souvent qualifié de « super-aliment », l'ail doit sa réputation aux composés organosulfurés qu’il renferme, comme l’allicine, reconnus pour leurs effets antioxydants et anti-inflammatoires. Traditionnellement utilisé pour fortifier l'organisme, l'ail existe sous forme de complément alimentaire. Il est reconnu bénéfique pour une bonne santé cardiovasculaire.
Une équipe de chercheurs coréens s'est penchée sur les propriétés anti-prolifératives de l’ail (Allium sativum) dans le cas de l’hyperplasie bénigne de la prostate, une affection urologique non cancéreuse qui se traduit par une prolifération de cellules de la prostate (1). Face à l'absence de traitement parfait et dénué d'effets secondaires pour cette pathologie, le développement de thérapies à base de plantes suscite un intérêt croissant.
Les scientifiques ont évalué l’efficacité de l’ail sur un modèle de rat. Les résultats montrent que l’administration d’ail a limité la croissance des tissus de la prostate et diminué les niveaux de protéines inflammatoires. De plus, l’ail a favorisé l’accumulation de protéines induisant un signal d’apoptose (mort cellulaire programmée), tout en diminuant les niveaux de protéines anti-apoptotiques telles que Bcl-2, Bcl-xL ou la survivine.
Les auteurs en concluent que l’ail pourrait atténuer les effets de l’hyperplasie de la prostate et qu’il représente une piste thérapeutique prometteuse à développer.

Le brocoli est un légume crucifère qui regorge de composés bénéfiques pour la santé : vitamine C, antioxydants, glucosinolates. Lorsque l’on croque les brocolis, les glucosinolates sont transformés par l'enzyme myrosinase en isothiocyanates – dont le sulforaphane.
Les isothiocyanates sont particulièrement réputés pour leurs effets détoxifiants et antioxydants : ils inhibent des enzymes qui peuvent transformer des composés de l’alimentation en substances toxiques et cancérogènes , tout en stimulant des enzymes chargées de neutraliser et d'éliminer ces substances nocives. Grâce à sa composition et notamment sa richesse en sulforaphane, le brocoli présente de nombreux atouts, en particulier contre le cancer.
Les études épidémiologiques montrent qu'une consommation régulière de légumes crucifères, comme le brocoli (3 à 5 fois par semaine) est associée à une réduction du risque de plusieurs cancers notamment ceux du sein, de la prostate et du côlon. En fait, les propriétés anti-cancer des légumes semblent en large partie dues à la famille des crucifères.
Une étude menée à l'Université de l'Illinois a démontré que des souris nourries avec un régime occidental développaient davantage de nodules cancéreux hépatiques. Mais l'ajout de brocoli ralentit la progression de ces tumeurs et réduit l'absorption des graisses hépatiques (2).
Le brocoli contient également l'indole-3-carbinol (I3C), une molécule capable d'inactiver le gène WWP1 impliqué dans plusieurs cancers humains. Des chercheurs ont montré que le ciblage de ce gène avec ce composé supprime la croissance tumorale chez les animaux prédisposés au cancer. Plus précisément, l'I3C permet de restaurer l'activité du gène PTEN, un suppresseur de tumeur souvent altéré dans les cancers. En inactivant WWP1 (qui inhibe PTEN), le brocoli contribue indirectement à renforcer les défenses naturelles de l'organisme contre le développement tumoral (3).

Les baies comme la fraise, la framboise, renferment des pigments appelés les anthocyanes, dotés de propriétés antioxydantes. Les propriétés anticancéreuses de ces fruits sont attribuées à leur forte teneur en composés phytochimiques et à leur pouvoir antioxydant. Des études in vitro et in vivo ont démontré que les baies et leurs composants bioactifs exercent des effets thérapeutiques et préventifs contre le cancer du côlon en supprimant l'inflammation, le stress oxydatif, la prolifération cellulaire et l'angiogenèse (4).
Originaire d’Asie du Sud-Est, le gingembre est à la fois une plante médicinale et une épice couramment utilisée en cuisine. Issu du rhizome de la plante Zingiber officinale, il occupe une place de choix dans différentes médecines traditionnelles : ayurvédique, chinoise, tibétaine, romaine et grecque. En médecine ayurvédique, il porte le nom de maha aushadh, qui signifie « excellent médicament ».
De couleur brun clair, le rhizome de gingembre présente de nombreux bienfaits pour la santé. Il contient à la fois des composés volatils responsables de ses arômes (camphène, terpènes, géraniol…), et des composés non volatils, comme les gingérols, shogaols, paradols et zingérone, qui procurent cette sensation de piquant et de chaleur en bouche. Les gingérols constituent les principales molécules bioactives du gingembre (5).
La racine de gingembre et ses principaux constituants phénoliques (gingérols, paradols, zingérone et shogaols) présentent des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et anticancérigènes. Le gingembre peut interférer avec plusieurs voies de signalisation cellulaires importantes dans le développement précoce du cancer.
En 2013, une étude menée conjointement par les universités Emory (Atlanta) et du Michigan a cherché à évaluer les effets du gingembre sur l’apoptose (mort cellulaire programmée) et la prolifération cellulaire. Dans cet essai pilote portant sur 20 personnes présentant un risque accru de cancer colorectal, les participants ont consommé 2 g de gingembre ou un placebo quotidiennement pendant 28 jours (6). Les résultats suggèrent que le gingembre peut réduire la prolifération dans l’épithélium colorectal d’apparence normale et augmenter l’apoptose.

De nombreuses études épidémiologiques et essais cliniques ont exploré les liens entre thé et cancer.
La consommation de thé vert est associée à une réduction du risque de certains cancers : cancers de l'endomètre, du poumon, de la bouche, de l'ovaire et lymphome non hodgkinien (7). Les propriétés anticancéreuses du thé vert sont attribuées à ses composés, notamment les catéchines comme l'EGCG, des polyphénols qui sont de puissants antioxydants.
Toutefois, les associations observées ne fournissent pas de preuve de cause à effet. De plus, bien que les composés antioxydants du thé vert aient montré des effets prometteurs en laboratoire sur des cellules ou des animaux, ces résultats ne sont pas nécessairement transposables à l'être humain.
Attention : évitez de boire le thé trop chaud car les boissons chaudes (au-dessus de 65 °C) pourraient augmenter le risque de cancer de l'œsophage.
Les graines de lin sont riches en fibres, dont la consommation est recommandée pour prévenir le cancer du côlon (8). Dans une étude, la supplémentation en graines de lin a réduit la prolifération de cellules cancéreuses de la prostate (9).
Cette plante médicinale originaire de Chine est déjà bien connue pour son potentiel contre le paludisme. C'est de cette plante qu'est extraite l'artémisinine, un antipaludéen, qui a valu le prix Nobel de médecine à Tu Youyou en 2015. Mais Artemisia annua présenterait également un potentiel contre le cancer, qui fait l'objet d'études intensives. Parmi ses composants, les sesquiterpénoïdes exercent des effets anticancéreux. Leur efficacité dans l'inhibition de la prolifération et l'induction de la mort des cellules tumorales est avérée (10).
Cependant, malgré la reconnaissance croissante des effets anticancéreux d'Artemisia annua, la recherche actuelle présente des faiblesses. Les études existantes s'appuient largement sur des expériences cellulaires in vitro qui, bien qu'utiles pour démontrer le potentiel anticancéreux dans un cadre simplifié, ne parviennent pas à reproduire la complexité du microenvironnement tumoral et du système immunitaire humain. Par ailleurs, la recherche s'est souvent concentrée sur l'artémisinine en monothérapie et ses dérivés, négligeant les effets anticancéreux synergiques d'autres composants présents.
Voici 7 conseils alimentaires en prévention du cancer ou si vous avez déjà été victime d'un cancer.
Le Pr Paul Talalay est célèbre dans le monde entier pour ses travaux sur la prévention des cancers par les légumes crucifères (brocoli, chou....). Rencontre avec un scientifique hors du commun.
LaNutrition.fr a lu le nouveau rapport Food, Nutrition and the Prevention of cancer : a global perspective qui rapporte les liens entre alimentation et cancer. Nous vous proposons une synthèse non commentée de ce rapport d'experts internationaux paru le 2 novembre 2007.