Les sportifs français devraient prendre de la créatine

Par Collectif LaNutrition.fr - Journalistes scientifiques et diététiciennes Publié le 02/05/2006 Mis à jour le 10/03/2017
Point de vue

Créatine. Le mot est tabou dans le sport français et c'est bien dommage. A l'origine de cette omerta, la croisade un peu hallucinée de l'ex-ministre des sports Marie-George Buffet contre tout ce qui ressemble de près ou de loin à une aide à la performance. Le moment est venu de réhabiliter la créatine dans le sport.

Dès 1998, les responsables gouvernementaux et les médias vont stigmatiser non seulement les vrais dopants, mais aussi en vrac les vitamines, les minéraux, les compléments à base de plantes et bien sûr la créatine. La question de la créatine va vite tourner au mauvais psychodrame, l'ex-cala-communauteine de l'équipe de France de Football, Didier Deschamps étant montré du doigt parce qu'il a reconnu avoir consommé de la créatine, tout comme la tenniswoman Mary Pierce.
Les plus réactionnaires se recruteront du côté de l'équipe de France de rugby, l'entraîneur Jo Maso affirmant à tort que la créatine est interdite en France et ajoutant qu'elle ne doit en aucun cas être prise par les joueurs, et le médecin de la même équipe, Thierry Hermerel, allant jusqu'à souhaiter que " la créatine soit inscrite sur la liste des produits dopants. " Et pourquoi pas les boissons sucrées ? (La question n'est pas une simple une boutade, voir plus loin.)

 

Pourquoi les sportifs Français devraient prendre de la créatine

 

Dans ce concert d'intégrisme, une seule voix a fait entendre le bon sens. C'est celle du Dr Jean-Marcel Ferret, rappelant à plusieurs reprises que la créatine n'est pas un dopant, qu'il s'agit d'une substance naturelle que l'on avale tous les jours avec nos aliments. Disant aussi qu'il n'est pas hostile à titre personnel à la prise de créatine si le joueur est suivi sur le plan médical. Le Dr Jean-Marcel Ferret est un homme intelligent. Il a soumis les joueurs de l'équipe de France de football à des bilans nutritionnels et radicalaires et n'a pas hésité, compte tenu des résultats, à leur prescrire des compléments antioxydants.
Le Dr Ferret, mais aussi tous les médecins des équipes nationales, devraient aller plus loin et proposer à leurs joueurs des compléments de créatine. Plusieurs études très récentes montrent que la créatine augmente la masse musculaire et améliore certains aspect de la performance sportive, en particulier ceux liés à la force physique (détente, poussée, sprint).

Pas plus un dopant que le glucose

 

En réalité, il n'y a aucune raison valable pour s'opposer à la prise de créatine par un sportif à partir du moment où l'on fait la promotion des suppléments de boisson sucrée. En effet, comme le glucose, la créatine contribue à remplir les réserves d'énergie de l'organisme. Comment peut-on valablement encourager les athlètes à augmenter leurs réserves de glycogène en consommant des solutions de glucose ou de polymères de glucose avant, pendant, et après une épreuve, et interdire à ces mêmes athlètes des suppléments de créatine sous le prétexte qu'il s'agirait d'un geste " dopant " ?
" Si la France assimile les suppléments de créatine au dopage, il faut aussi interdire la recharge glucidique, qui procède de la même manipulation diététique, " analyse à juste titre le Pr Theo Wallimann (Institut de biologie cellulaire, Zurich, Suisse), peut-être le meilleur spécialiste mondial de cette substance.
La créatine n'est d'ailleurs pas un produit dopant. Elle ne figure pas sur la liste des substances interdites par l'Agence internationale contre le dopage pas plus que sur celle établie par le Comité International Olympique.

Pas interdite en France

 

Contrairement à ce que l'on lit et entend partout, la créatine n'est pas interdite en France. Aucun texte national ne vise spécifiquement cette substance. La créatine étant en vente libre dans tous les pays européens, elle est mécaniquement autorisée en France, en vertu des textes sur la libre circulation des marchandises. Simplement, les autorités, en l'occurrence la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), prennent un malin plaisir à poursuivre devant les tribunaux certains revendeurs et fabricants de créatine sous le prétexte fallacieux qu'elle ne figure pas sur la liste des substances alimentaires autorisées, une liste qui date de… 1912. Ces procès inutiles, financés par l'argent des contribuables, finissent immanquablement soit par une relaxe en vertu des règlements européens, soit par une plainte contre la France auprès de la Cour européenne.

Pas dangereuse

 

La créatine n'est pas dangereuse. Elle n'est pas cancérogène, comme l'avait maladroitement avancé l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Elle n'augmente pas la glycémie. Elle ne favorise pas les déchirures musculaires. Elle n'endommage pas les reins.
Il est temps de reconnaître qu'elle a sa place dans la préparation du sportif. Il est temps d'en finir avec l'ère Buffet sous laquelle le moindre complément était suspect. Les sportifs de haut niveau n'ont pas l'existence de votre voisin de palier. Leur organisme est soumis à un stress qui se manifeste par des besoins nutritionnels et physiologiques hors du commun, lesquels méritent une prise en charge adaptée. Les suppléments de créatine en font partie, au même titre que les suppléments de glucides.

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