Les oméga-3 pourraient limiter les effets du vieillissement lié au stress

Par Didier Souccar - Pharmacien Publié le 21/04/2021 Mis à jour le 22/04/2021
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Lors d’un stress, les suppléments d’oméga-3 diminuent l’inflammation, et maintiennent les mécanismes de réparation cellulaires.

Pourquoi c’est important

Les oméga-3 sont une famille d’acides gras (graisses) apportés par l’alimentation, soit à partir de végétaux comme les graines de lin, les noix, l’huile de colza (vierge), soit par les produits animaux : poissons gras, œufs de poules nourries au lin, soit enfin par des suppléments comme les huiles de poisson. 

Les personnes qui ont des taux élevés d’oméga-3 dans le sang ont moins d’inflammation, et des télomères plus longs. Les télomères sont de petits fragments d’ADN qui servent de « capuchons » protecteurs à l’extrémité des chromosomes.  Les télomères ont tendance à raccourcir avec le stress chronique et l’âge, et cette diminution a été associée à de nombreuses maladies liées au vieillissement.

À lire : Pourquoi le stress fait vieillir, et comment réagir

Une nouvelle étude a voulu savoir si des suppléments d’oméga-3 freinent les conséquences du stress sur les télomères et l’inflammation.

Ce que l’étude a trouvé

L’étude est un essai clinique randomisé, contrôlé contre placebo. Les chercheurs ont analysé la manière dont le stress et les oméga-3 affectent une enzyme appelée télomérase, qui sert à reconstituer les télomères, et des médiateurs de l’inflammation, en l’occurrence l’interleukine-6 (IL-6), l’interleukine-12 (IL-12), le TNF-alpha, qui sont des protéines pro-inflammatoires, et l’interleukine-10 (IL-10), une protéine qui met un terme à l’inflammation. Ils ont aussi relevé les niveaux de cortisol, l’hormone du stress.

L’étude a porté sur 138 participants sédentaires et en surpoids, âgés de 40 à 85 ans, et qui ont été répartis en 3 groupes : le premier a pris des suppléments d’oméga-3 (1,25 g/j), le second, les mêmes suppléments plus dosés (2,5 g/j) et le troisième un placebo sous la forme d’un mélange d’huiles reproduisant la consommation américaine typique.
Après 4 mois de supplémentation, les participants ont été soumis à un test de 20 minutes consistant en une prise de parole et un exercice de mathématiques dont on sait qu’il entraîne un stress et une réponse inflammatoire.

Résultats : les deux doses d'oméga-3 ont maintenu les taux de télomérase et ceux d’IL-10 dans les deux heures suivant le stress aigu des participants. Dans le groupe placebo, ces mécanismes de réparation ont baissé : la télomérase a chuté en moyenne de 24% et la protéine anti-inflammatoire de 26%. Sachant que la télomérase aide à reconstituer les télomères, ces résultats suggèrent que les oméga-3 aident à maintenir suffisamment de télomérase pour compenser les dommages liés au au stress.

Les oméga-3 ont aussi abaissé les niveaux de cortisol et d’IL-6, les baisses étant plus marquées avec la dose de 2,5 g/j : - 19% pour le cortisol et - 33% pour l’IL-6.
Selon les auteurs, en diminuant l’inflammation et les niveaux de cortisol au cours du stress, en favorisant les mécanismes de réparation des télomères, les oméga-3 pourraient freiner le vieillissement, voire réduire le risque de dépression qui peut être lié au stress et à l’inflammation.

La dose de 2,5 grammes d'oméga-3 est beaucoup plus élevée que ce que la plupart des Occidentaux consomment quotidiennement, mais l’étude n’a pas trouvé d’effets indésirables après 4 mois de supplémentation.

À lire aussi : Anti-âge : comment empêcher le raccourcissement des télomères

En pratique

Avant de proposer des suppléments d’oméga-3 dans les situations de stress, les résultats de cette étude doivent être confirmés. D’ici là, en plus des techniques de gestion du stress, on peut suivre les recommandations sur les graisses alimentaires du site LaNutrition, qui sont reprises dans les livres La Meilleure Façon de Manger, et Le Bon Choix au supermarché, à savoir :

  • consommer chaque jour des oléagineux riches en oméga-3 comme les graines de lin,
  • utiliser l’huile de colza (vierge, bio) en assaisonnement,
  • et, si on est omnivore, consommer une à deux portions de poisson gras par semaine en évitant les espèces menacées et celles qui sont contaminées (poissons prédateurs et à croissance lente comme le thon et l'espadon).
Références
  1. Madison, A.A., Belury, M.A., Andridge, R. et al. Omega-3 supplementation and stress reactivity of cellular aging biomarkers: an ancillary substudy of a randomized, controlled trial in midlife adults. Mol Psychiatry (2021).

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