Le secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., affirme que le régime cétogène peut guérir la schizophrénie et la bipolarité. Qu'en est-il vraiment ?
L’adoption du régime keto ou cétogène modifie le microbiote des humains et des souris, ce qui abaisse le niveau d’une cellule pro-inflammatoire dans l’intestin, la Th17, selon une étude récente.
Le régime keto ou cétogène est très en vogue que ce soit pour ses potentiels effets santé ou pour maigrir. Cette alimentation pauvre en glucides et riche en lipides semble améliorer les symptômes ou la qualité de vie de personnes souffrant d'épilepsie, de maladie d'Alzheimer, de migraine ou encore de cancer. Mais comment un régime alimentaire peut avoir des effets sur des pathologies aussi différentes ?
L’une des possibles explications concerne son action sur le microbiote. En effet, de plus en plus de maladies sont associées à une dysbiose intestinale, c’est-à-dire un déséquilibre de la proportion des bonnes et des mauvaises bactéries dans l’intestin. En réduisant drastiquement les glucides et en augmentant les graisses, on peut s'attendre à des modifications des proportions de ces bactéries. Mais dans quel sens ?
Dans une étude publiée dans Cell, des scientifiques ont tenté de connaître les effets des cétones – la source d'énergie alternative du corps en cas de jeûne ou de régime cétogène – sur le microbiote.
« Je me suis intéressé à cette question parce que nos recherches antérieures ont montré que les régimes riches en graisses induisent des modifications du microbiote intestinal qui favorisent les maladies métaboliques et d’autres troubles chez les souris. Pourtant, le régime cétogène, dont la teneur en graisses est encore plus élevée, a été proposé comme moyen de prévenir ou même de traiter ces maladies », explique Peter Turnbaugh, le principal auteur de l’étude.
Cette étude a recruté 17 hommes en surpoids ou obèses (non diabétiques). Durant deux mois d’hospitalisation, les patients ont tout d’abord suivi un régime standard pendant 4 semaines puis un régime cétogène les 4 semaines suivantes.
L'analyse de selles des participants a montré que le passage d'un régime alimentaire standard à un régime cétogène a considérablement modifié l’abondance des Actinobactéries, des Bacteroidetes et des Firmicutes. En tout, 19 genres de bactéries étaient significativement différents, les Bifidobactéries montrant la plus forte baisse.
Pour affiner leurs résultats, les chercheurs ont aussi réalisé des expériences sur les souris. Ils ont découvert que les corps cétoniques entraînent, par la diminution du taux des Bifidobactéries, une diminution des niveaux de Th17 (cellules pro-inflammatoires) intestinaux, mais aussi dans le tissu adipeux. Un effet opposé à celui observé dans un régime riche en graisses sans restriction des glucides.
Cette diminution de l’inflammation pourrait expliquer deux phénomènes, selon les scientifiques, dans lesquels le régime cétogène (et le jeûne) sont bénéfiques :
Pour les chercheurs, ces résultats sont encourageants pour de futures recherches notamment sur les bénéfices et les préjudices apportés par le régime cétogène à long terme, mais aussi sur les maladies associées à une activation accrue des Th17.
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Le régime cétogène et le jeûne, malgré leurs bienfaits réels et supposés, ne sont pas adaptés à tout le monde. Ils peuvent par exemple réveiller ou entraîner des troubles du comportement alimentaire.
Si vous souhaitez tester les effets du régime cétogène (si vous suivez un traitement médicamenteux, prendre l'avis de votre médecin avant), lire notre kit de démarrage
Pour le jeûne, suivez notre mode d'emploi (après avis médical si vous suivez un traitement)
Pour en savoir plus, lire : Comment la diète cétogène agit sur le microbiote
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