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En analysant la flore intestinale de souris soumises à un régime cétogène, des scientifiques ont trouvé deux souches bactériennes qui seraient à l'origine des effets bénéfiques de cette diète sur l'épilepsie.
La diète cétogène est l’alimentation phare de l’épilepsie (et d’autres maladies touchant de près ou de loin le cerveau) notamment lorsque les médicaments ne font pas ou plus effet. Manger cétogène permet de réduire le nombre de crises, voire de les arrêter définitivement. Cependant, cette alimentation est assez contraignante à suivre. Mieux comprendre ses mécanismes d’action pourrait permettre, en théorie, de développer un traitement ayant les mêmes effets afin que les patients puissent retrouver une alimentation « normale ».
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Dans une étude, publiée en mai 2018 dans le journal Cell, des chercheurs ont exploré certaines conséquences biochimiques de l’alimentation cétogène contre l’épilepsie. Ils ont ainsi voulu savoir si cette diète était aussi efficace contre l’épilepsie en l’absence de microbiote (flore intestinale).
Après plusieurs expériences sur des souris, ils se sont aperçus que la diète cétogène n’avait aucun effet significatif sur les crises si les rongeurs étaient dépourvus de microbiote ou que ce dernier était affaibli. Ensuite, les scientifiques ont identifié deux types de bactéries intestinales majeures proliférant avec alimentation de type cétogène.
« Nous avons trouvé que nous pouvons restaurer la protection face aux crises si nous injectons les deux types de bactéries ensemble. Si nous n’en donnons qu’une sorte, la protection n’est pas effective. Cela suggère qu’elles agissent en synergie. » déclare Christine Olson, l’auteure principal de l’étude.
La greffe d’un microbiote « cétogène » a également permis à des souris qui suivait une diète « contrôle » de bénéficier d’une protection identique contre les crises.
Enfin, les auteurs de l’étude sont parvenus à identifier un mécanisme biochimique plausible à l’origine de la diminution des crises : il semblerait que les deux souches bactériennes décuplées par l’alimentation cétogène engendrent la baisse d’un acide aminé (le glutamate) dans l'intestin et dans le sang. Cette baisse du glutamate engendre une augmentation de l’acide gamma-aminobutyrique ou GABA (un des principaux messagers chimiques du cerveau, empêchant entre autres l’excitation prolongée des neurones) dans le cerveau, ce qui agit in fine sur la survenue des crises.
Cette étude est la première à identifier un lien cause-effet entre l’alimentation cétogène et les crises d’épilepsie. Néanmoins, elle a été réalisée chez des rongeurs. Il faut donc que cette hypothèse soit vérifiée (ou non) chez l’humain. Mais si ce mécanisme est validé chez l’homme, il sera peut-être possible de réaliser des greffes de microbiote (ou de bactéries spécifiques) pour traiter l’épilepsie durablement, sans régime thérapeutique.
Pour l'instant, on ne peut rien faire d'autre que suivre un régime cétogène.
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