Marion Kaplan : «Pour sauver votre santé, sauvez votre microbiote !»

Par Lanutrition.fr Publié le 17/11/2015 Mis à jour le 10/03/2017

Pour Marion Kaplan, notre santé dépend de la santé de notre microbiote - les bactéries de notre corps. Dans Paléobiotique, elle donne sa méthode pour le sauver des ravages des excès de sucre, du gluten, des médicaments, des pesticides... 

Paléobiotique introduit un terme peu connu du grand public : le microbiote. Qu’est-ce que c’est ?

Marion Kaplan : Ce terme commence à être connu des médecins et thérapeutes, et le grand public va devoir petit à petit se familiariser avec ce mot : on ne parlera bientôt plus de flore intestinale mais de microbiote. Les études scientifiques de ces dernières années, notamment américaines, montrent que nous sommes plus « bactériens » que « cellulaires », que les bactéries ne sont pas disséminées dans tout le corps comme on le croyait jusque-là mais forment en réalité un véritable organe, qui communique à la fois avec son hôte (nous) et l’environnement. C’est le microbiote qui fait la pluie et le beau temps dans notre corps. S’il va bien, c’est un gardien efficace pour notre immunité, s’il est déséquilibré (à cause d’une mauvaise alimentation, trop riche en sucre et en céréales par exemple), il ouvre la porte aux substances pathogènes et donc aux maladies. Chacun de nous a un microbiote bien à lui.

Et c’est parce que l’alimentation paléo est la meilleure pour le microbiote que vous avez forgé ce concept de paléobiotique ?

La paléobiotique pour moi c’est du bon sens mais ce concept est issu aussi des dernières études sur la malbouffe moderne qui met en première place les céréales et les aliments sucrés, au détriment des légumes. Depuis la dernière Guerre mondiale, la qualité des aliments a diminué, on mange plus de viande rouge dont la qualité est moindre – les animaux étant élevés et abattus dans des conditions inhumaines. Ils sont traités avec des antibiotiques car ces derniers permettent de les faire grossir plus et plus rapidement. Bref, nous avons aujourd’hui des animaux impropres à la consommation pour la plupart.
La paléobiotique inclut une viande irréprochable, de la volaille et des œufs bio, des légumes bio ou achetés à un paysan qui n’utilise ni engrais ni pesticides.

Vous-même vous suivez les principes de la paléobiotique depuis combien de temps ?

Cela fait 15 ans que j’ai adopté une alimentation sans gluten et sans lait. Je suis la méthode de mon livre depuis deux ans maintenant, et je suis toujours en phase 2.
Il faut savoir qu’à la base je souffre de maladie de Crohn, de migraines, de bipolarité, de constipation. L’alimentation sans gluten et sans lait avait permis déjà de remédier à la plupart de mes symptômes mais je restais quand même ballonnée. Depuis que je me suis mise à la paléobiotique et que j’ai complètement arrêté les céréales (à l’exception d’un peu de riz de temps en temps ou de pain au sarrasin, et uniquement si je me sens bien), je ne suis plus ballonnée. Et j’ai gagné en énergie : je suis capable de faire 60 km de vélo par semaine, avec du dénivelé, sans être fatiguée. Pas mal à 60 ans !

La paléobiotique s’adresse à qui ?

La paléobiotique concerne toute personne qui souhaite prendre soin de sa santé. Les personnes en bonne santé y trouveront les moyens de le rester, et de prévenir les maladies chroniques. La paléobiotique permet en effet de prendre soin de son terrain, afin d’améliorer ses défenses contre les infections, les parasites, etc.
Les personnes malades peuvent utiliser ma méthode pour réduire au silence leurs symptômes. Les maladies concernées sont celles améliorées par le régime Seignalet : troubles digestifs, maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde ou certains diabètes, migraines, fatigue chronique, fibromyalgie. La grande différence avec le régime Seignalet c’est que je fais très attention aux glucides et au sucre, ce qui entraîne des bénéfices encore plus marqués sur ces maladies.

Votre méthode comporte 3 phases. Pourquoi ?

Je propose trois phases pour que chacun, en fonction de son état de santé, s’y retrouve. Une personne en bonne santé pourra pratiquer la paléobiotique directement en phase 3, la phase de tolérance. Une personne malade devra en revanche passer obligatoirement par la phase 1 de sevrage et détoxification pour éliminer les pathogènes et autres substances indésirables, puis la phase 2, d’adaptation où il s’agit de réintroduire progressivement les aliments qui peuvent poser problème. La phase 3, de tolérance ou vigilance, arrive quand l’équilibre et l’harmonie sont revenus dans le corps, et qu’il est possible de faire quelques écarts sans que le corps réagisse. Attention quand même à ne pas abuser des écarts !

Combien de temps durent les deux premières phases ?

La première phase, de détoxification, peut durer seulement deux mois ou plus longtemps, ça dépend de chacun. Dès 3-5 jours, il faut observer les réactions et continuer à s’observer par la suite. Le programme de déparasitage et de détoxification que je propose est très efficace. S’il ne l’est pas au bout de quelques semaines, c’est qu’il y a probablement un problème dentaire, la présence de métaux lourds, donc il faut consulter un médecin averti de ces questions.
Même si elle demande du courage, la phase 1 de détoxification est nécessaire car sans elle la maladie restera. Et tant que le microbiote n’est pas en équilibre cela ne sert à rien de prendre des médicaments. Cette solution je l’ai testée et je vous propose de la tester 2-3 mois à votre tour. Après, à chacun de gérer ses écarts par rapport à l’alimentation « idéale », en fonction de son état de santé.

Vous avez inclus de nombreuses recettes, dont certaines de chefs, dans votre livre, pourquoi ?

Je trouve que c’est bien de créer un concept à partir de mon expérience mais c’est important de montrer aussi à mes lecteurs que ce que je propose n’est pas frustrant. Que l’on peut s’octroyer des douceurs sucrées, faire des plats appétissants. J’ai envie de rendre service aux gens, et j’ai testé tout ce que je propose.

D’ailleurs votre régime n’exclut pas certaines céréales et certains laitages…

Oui, après la phase 1, il est possible, en fonction de ses symptômes et des réactions de son corps, de se faire plaisir avec des yaourts de brebis ou de chèvre (bio) à raison d’un ou deux par semaine. Je recommande la marque Bernard Gaborit pour sa qualité et son sérieux. Certains fromages de vache comme le comté de la marque Marcel Petite sont également possibles à petite dose. Il faut toujours se poser la question d’où vient le lait utilisé dans ces aliments et préférer le lait fermenté (comme celui des yaourts et fromages) qui est mieux assimilé et digéré.
Pour les céréales, même si je préfère les exclure, il est possible comme je le fais depuis que je suis en phase 2, de s’octroyer des menus plaisirs avec un petit bol de riz ou un tranche de pain sans gluten (au sarrasin par exemple) de temps en temps.

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