Les effets des métaux lourds sur les maladies cardiovasculaires

Par Julien Hernandez Publié le 05/12/2018 Mis à jour le 05/12/2018
Actualité

Une méta-analyse vient de lier certaines maladies cardiovasculaires à des taux élevés de métaux lourds comme le cadmium ou l'arsenic.

Pourquoi c’est important 

Les maladies cardiovasculaires sont les maladies les plus meurtrières de notre époque.
On en sait déjà beaucoup sur l’implication majeure du mode de vie (alimentation, sédentarité, stress…) dans leur apparition et leur développement. Cependant, d’autres facteurs tels que l’exposition aux métaux lourds (cadmium, mercure, arsenic...) présents dans l’environnement pourraient également jouer un rôle significatif.

Ce que dit l'étude

Une méta-analyse parue dans le British Medical Journal a évalué les données de 348 259 patients provenant de 37 études scientifiques. L’objectif des chercheurs était d’identifier les liens éventuels entre le risque de maladie coronarienne, d'accident vasculaire cérébral (AVC) et de maladies cardiovasculaires dans leur globalité et certains niveaux de métaux lourds.

Voici ce que les scientifiques ont observé : 

  • L’exposition à l’arsenic, au plomb et au cadmium était associée à une augmentation du risque coronarien et cardiovasculaire général. Et plus on est exposé à ces métaux, plus le risque augmente. 
  • L’exposition au cuivre a été lié à un risque plus important de maladies cardiovasculaires. Cependant aucune dose-réponse n’a été identifiée. 
  • L’exposition au mercure n’est pas associée de manière significative aux accidents cardiovasculaires.  

Ces résultats renforcent l’implication de l’exposition aux métaux lourds pour le risque cardiovasculaire. Néanmoins, des travaux plus poussés sont nécessaires pour établir un lien de causalité et que des mesures sanitaires sérieuses soient prises. 

Comment les métaux lourds pourraient augmenter le risque cardiovasculaire

Certaines études ont déjà fait émerger des données qui pourraient expliquer (en partie) pourquoi les métaux lourds sont liés à risque augmenté de maladies cardiovasculaires. 

Une étude publiée en 2011 dans le journal Toxicology a pointé du doigt l’effet oxydant de ces métaux qui, à dose trop élevée, peuvent endommager l’ADN et le métabolisme cellulaire. 

Une revue parue dans le même journal a averti sur l’augmentation des facteurs de l’inflammation causée par ces métaux lourds. Or, les maladies cardiovasculaires sont principalement causées par une inflammation à bas bruit qui devient peu à peu systémique. 

Lire aussi : L’inflammation à bas bruit, à l’origine de nombreuses maladies (abonnés)

Plusieurs études ont réussi à démontrer certains liens biochimiques mais uniquement in vitro ou chez l’animal pour l’instant. Les mécanismes précis de l’action des métaux lourds sur l’organisme restent inconnus à ce jour.

Que faire en pratique ? 

Par principe de précaution, il vaut mieux éviter de se surexposer aux métaux lourds. En effet, certains d’entre eux sont des perturbateurs endocriniens avérés, tandis que d’autres sont neurotoxiques et augmentent le risque de cancer.

Pour éviter une surexposition à ces métaux, privilégier la nourriture bio ou celle d’un petit producteur local qui n’utilise pas de pesticides. Limiter également la consommation des poissons prédateurs du haut de la chaîne alimentaire tels que l’espadon ou le thon, très chargés en métaux lourds. 

Malgré tout, il reste très difficile de se préserver entièrement de la surexposition au métaux lourds vu leur présence dans l'environnement. Pour limiter leurs effets indésirables, une alimentation riche en antioxydants pourrait être une bonne idée.

Lire aussi : Le palmarès des aliments antioxydants

Référence supplémentaire : 

Les métaux lourds – synthèse de l’Association Santé Environnement France

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