Faut-il se méfier des carraghénanes (E407) ?

Par Anne-Laure Denans Publié le 11/10/2018 Mis à jour le 11/10/2018
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Vous consommez régulièrement des aliments ultra transformés ? Vous absorbez alors sans doute cet additif : « les carraghénanes ou E407 ». Ses effets sur la santé sont controversés mais la dernière réévaluation de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) permet d’y voir un peu plus clair. Détails.

Les carraghénanes, qu’est-ce que c’est ? 

Les carraghénanes sont des extraits d’algues rouges utilisés comme épaississants ou gélifiants dans de nombreux produits ultra transformés. On peut les identifier également sous le code E 407. 
Le groupe d’experts de l’Efsa a fixé une dose journalière admissible (DJA) provisoire de 75 mg/ kg de poids corporel qui doit être réévaluée dans les 5 ans. En effet, dans certains cas, la consommation de cet additif pourrait être jusqu'à 10 fois supérieure à cette DJA !
Et pour cause : plus de 6800 produits ultra transformés contiendraient cet additif selon la base de données Open food facts.
On retrouve ainsi les carraghénanes dans des produits largement consommés comme certaines crèmes légères ou semi-épaisses, dans des laits chocolatés, des yaourts aux fruits, des crèmes glacées, des crèmes desserts, les laits végétaux ; ils sont également utilisés dans les plats préparés (lasagnes, saucisses lentilles…), les cordons bleus de poulet… Même les produits bio n’y échappent pas. Les carragnénanes font partie des 7 additifs sur les 51 autorisés en bio dont il faut se méfier car ils pourraient poser des problèmes pour la santé (plus de détails dans Le Nouveau guide des additifs).

Voir aussi : La liste des additifs autorisés en Europe

Pourquoi les carraghénanes sont-ils controversés ?

Les carraghénanes peuvent dans certaines conditions de température et d’acidité se dégrader en composés de plus faible poids moléculaire : « les carraghénanes dégradés » ou poligeenans. Ces derniers sont classés par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme « potentiellement cancérigènes chez l’homme ».
Les autorités européennes tolèrent la présence de carraghénanes dégradés parmi les carraghénanes à un taux maximal de 5%. Le problème c’est qu’à ce jour, il n’existe aucune méthode d’analyse validée qui permette de quantifier ces fameux carraghénanes dégradés !

Au-delà de l’incertitude qui plane autour des méthodes d’analyse, un autre élément est également inquiétant : les carraghénanes présents dans l’aliment peuvent être soumis à des variations de températures ou d’acidité et pourraient alors se dégrader… Et bien ce phénomène  n’a pas été suffisamment étudié à ce jour.
« Aucune donnée sur la stabilité de la carraghénine E407 traitant de la variation habituelle des paramètres (température, pH) pertinente pour les autorisations alimentaires autorisées n’était disponible » ont ainsi souligné les experts de l’Efsa dans leur rapport.

Que disent les études scientifiques ?

Il est difficile de se faire une opinion quant à l’effet que peuvent avoir ces additifs sur la santé tant les études sont contradictoires.
En tout cas, certaines publications scientifiques concernant les carraghénanes ne sont pas très rassurantes.
Chez l’animal, cet additif provoquerait des ulcérations au niveau du côlon ainsi que des phénomènes inflammatoires dans différents tissus. Il pourrait aussi favoriser la résistance à l’insuline.
Les pistes sont d’autant plus brouillées que, dans la plupart des études toxicologiques, la teneur en carraghénanes dégradés des échantillons testés n’est pas spécifiée.

Lire aussi : 22 additifs qui n'ont rien à faire dans nos assiettes

Mon avis sur les carraghénanes

Personnellement, j’évite de consommer les aliments ultra transformés contenant des carraghénanes
Au vu de l’ensemble des incertitudes qui planent autour de cet additif, avec notamment une possible relation entre carraghénanes et différentes pathologies comme les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, l’intolérance au glucose… je conseille aux personnes ayant des troubles intestinaux, et aux diabétiques de l’éviter. 
D’une manière plus générale, il vaut mieux limiter au maximum la consommation de cet additif.

Pour en savoir plus, lire Le Nouveau guide des additifs (voir un extrait >> ici)


Références

Re-evaluation of carrageenan (E 407) and processed Eucheuma seaweed (E 407a) as food additives. 

https://fr.openfoodfacts.org/additif/e407-carraghenanes

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