Derrière leur image d’aliments sains, certains végétaux cachent un potentiel toxique, comme l’a découvert Sally K. Norton au fil de son propre parcours.
L’incidence de cancer est inférieure de 10 à 15 % chez les végétariens et végétaliens par rapport aux consommateurs de viande. Les petits consommateurs de viande, et ceux qui mangent du poisson, ont également un risque plus faible.
Le cancer est l'une des principales causes de décès dans le monde. Les cancers colorectal, du sein et de la prostate représentent ensemble près de 40 % de tous les nouveaux diagnostics de cancer en Europe, et on estime que près de 40 % des cas de cancer pourraient être évités grâce à des changements touchant le mode de vie et l'environnement.
Les régimes végétariens, qui excluent la consommation d'aliments d'origine animale, pourraient être associés à un risque de cancer plus faible. En plus d'exclure la viande rouge et la viande transformée, qui sont associées à un risque accru de cancer colorectal, les végétariens et végétaliens consomment également généralement plus de végétaux que les consommateurs de viande, ce qui pourrait également contribuer à réduire le risque de certains cancers localisés.
Deux grandes études prospectives, l'étude EPIC-Oxford et l'Étude sur la santé des Adventistes-2 (AHS-2), ont suggéré que les végétariens pourraient avoir un risque plus faible de développer un cancer par rapport aux mangeurs de viande.
En 2025, une analyse de l’Adventist Health Study-2, portant sur sur 79 468 participants, a montré que les personnes végétariennes présentent un risque réduit de cancer, en particulier pour les cancers colorectal (-21 %), de l’estomac (-45 %) et lymphoprolifératifs (-25 %), mais aussi du sein et de la prostate. Étaient considérés comme végétariens les végétaliens, les lacto-ovo-végétariens et les pesco-végétariens. L’étude Adventist Health Study est une cohorte de 95 863 adventistes du septième jour nord-américains constituée entre 2002 et 2007.
Une vaste étude menée par des chercheurs de l'Université d'Oxford a utilisé des informations recensées par la Biobank britannique, un référentiel qui comprend des données épidémiologiques et les dossiers de santé d'un demi-million de volontaires.
Sur le demi-million d'individus présents dans la biobanque, les données de 472 377 adultes âgés de 40 à 70 ans ont été utilisées. Parmi eux, 247 571 (52 %) mangeaient de la viande plus de cinq fois par semaine, 205 382 (44 %) mangeaient de la viande cinq fois par semaine ou moins, 10 696 (2,2 %) mangeaient du poisson mais pas de viande et 8 685 (1,8 %) étaient végétariens et/ou végétaliens.
Au cours des 11 années de suivi, 54 961 (12 %) ont développé un type de cancer. Au total, le risque de développer une tumeur pour ceux qui mangeaient de la viande au maximum cinq fois par semaine était inférieur de 2 % à celui de ceux qui mangeaient de la viande au moins cinq fois par semaine. Le risque de ceux qui mangeaient du poisson, mais pas de viande, était de 10 % inférieur. Et le risque était de 14 % inférieur chez les végétariens et les végétaliens.
Parmi les cancers, le risque de cancer de la prostate était de 20 % inférieur chez les hommes qui mangeaient du poisson mais pas de viande, et de 31 % inférieur chez les végétariens et les végétaliens. Une réduction de 18 % du risque de cancer du sein a été observée chez les femmes végétariennes par rapport à celles qui mangeaient de la viande plus de cinq fois par semaine, mais la différence était liée à un indice de masse corporelle plus faible chez les végétariennes, l'obésité et le surpoids étant un facteur de risque de cette maladie.
En conclusion, cette vaste étude britannique montre que la consommation faible à modérée de viande, celle de poisson ou le suivi d'un régime végétarien ou végétalien sont associés à un risque plus faible de cancer, ce qui peut être le résultat de facteurs alimentaires et/ou de différences dans le mode de vie, comme le tabagisme. Les petits mangeurs de viande avaient un risque plus faible de cancer colorectal, les femmes végétariennes un risque plus faible de cancer du sein après la ménopause et les hommes végétariens ou mangeurs de poisson un risque plus faible de cancer de la prostate.
Cependant, les auteurs préviennent dans leurs conclusions que la nature de leurs travaux ne permet pas d'établir une relation de cause à effet entre alimentation et risque de cancer. Par ailleurs, la diminution du risque liée au suivi d'un régime végétarien ou végétalien, d'un régime pauvre en viande, ou de la consommation régulière de poisson, si elle est avérée, est faible.
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