Une équipe de l’Université de Californie Los Angeles a mis en évidence un mécanisme inédit dans la formation des calculs rénaux à base d’oxalate de calcium : des bactéries vivantes seraient intégrées dans leur structure.
Des chercheurs californiens montrent que l’exposition aux PFAS, ces polluants omniprésents dans notre environnement, favorise les maladies rénales en perturbant notre microbiote intestinal.
Les PFAS sont des substances per- et polyfluoroalkylées utilisées dans une large gamme de produits, allant des meubles aux emballages alimentaires. Ces produits chimiques sont souvent qualifiés de « polluants éternels » car ils s’accumulent dans l’environnement ou le corps humain et mettent très longtemps à se décomposer. Ils augmentent le risque de problèmes de santé, notamment les maladies cardiovasculaires, le cancer et les maladies rénales chroniques, mais les mécanismes biologiques sont mal compris. « Les PFAS entraînent des perturbations endocriniennes et une immunotoxicité à faible dose, explique Joseph Pizzorno, auteur du livre Toxiques – la solution. En d’autres termes, l’exposition à ces substances peut soit stimuler, soit déséquilibrer le système immunitaire, augmentant ainsi le risque d’infection et d’affections auto-immunes. »
Les PFAS contribueraient aussi au diabète et à l'obésité en influençant la sensibilité à l'insuline.
Des chercheurs de la Keck School of Medicine à Los Angeles ont analysé les données de 78 personnes, âgées de 17 à 22 ans, qui participaient à une vaste étude visant à comprendre les effets de la pollution sur la santé en Californie du Sud (1). Grâce à des échantillons de sang et de selles, les chercheurs ont évalué l’exposition aux PFAS, la composition du microbiote intestinal et des métabolites circulants, dont beaucoup sont produits par le microbiote. Quatre ans plus tard, une deuxième série de données sur la fonction rénale a été recueillie.
« Presque tout le monde a des PFAS dans le sang, et ces produits chimiques sont associés à un certain nombre d'effets négatifs sur la santé », a déclaré la Dre Hailey Hampson, principale auteure de cette étude dans un communiqué (2).
Les chercheurs ont constaté qu’une exposition accrue aux PFAS était associée à une détérioration de la fonction rénale quatre ans plus tard. D’après eux, les modifications du microbiote intestinal et des métabolites associés expliqueraient jusqu'à 50 % de la perte de fonction rénale. Ainsi la réduction de métabolites anti-inflammatoires (acides gras à chaîne courte) et des bactéries qui les produisent est liée aux problèmes rénaux. « Cela indique que l'inflammation et le stress oxydatif sont des mécanismes potentiels, et c'est donc un domaine sur lequel les recherches futures pourront se concentrer », a conclu Hailey Hampson.
Inversement, un bon microbiote pourrait nous protéger des PFAS.

En juillet 2025, une étude surprenante de l’université de Cambridge a révélé une fonction inédite du microbiome : la protection contre les polluants chimiques. Ainsi, neuf espèces bactériennes humaines peuvent absorber jusqu’à 74 % des PFAS (3). Comme pour l’immunité, notre microbiome forme donc une barrière active contre la contamination chimique.
Les bactéries stockent les PFAS sous forme d’agrégats, se protégeant tout en les éliminant du milieu intestinal. Cette séquestration des PFAS par certaines bactéries pourrait expliquer que nous ne sommes pas tous égaux face aux pathologies métaboliques, au-delà des facteurs traditionnels.
Le mode de vie moderne, en appauvrissant notre flore, compromettrait cette défense naturelle. Les aliments ultra-transformés créent un double péril : exposition aux PFAS via les emballages et affaiblissement des défenses microbiennes.
Pour éviter de polluer son organisme avec ces molécules toxiques, mieux vaut les éliminer de son environnement, quand c'est possible. Actuellement des emballages alimentaires en contiennent, notamment les boîtes à pizza qui sont traitées avec des PFAS pour les rendre résistantes à la chaleur, à l’eau et aux graisses. À partir de 2026, ces emballages alimentaires ne pourront plus en contenir en Europe (4).
Les PFAS sont aussi présents dans les poêles et casseroles avec des revêtements au Teflon, des vêtements de pluie, sur les meubles avec des tissus antitaches, les sacs de couchage, des chaussures… Par exemple, vous pouvez choisir une batterie de cuisine plus « saine », d’autant plus que ces ustensiles sont en contact avec nos aliments. À remplacer par : inox, fonte sans revêtement, verre, céramique sans métaux lourds. Idéalement, limiter leur utilisation et les températures de cuisson et les remplacer à la moindre rayure.
Mais nous ne pouvons pas éviter tous les produits chimiques de notre environnement. « Votre corps emmagasine un grand nombre de substances toxiques, dit Joseph Pizzorno. Il les stocke dans vos os, votre cerveau, votre sang et votre graisse. » Autant de molécules qu’il faudra éliminer, à condition d’avoir un système de détoxification efficace.
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