Soleil et cancer, la vérité

Par Lanutrition.fr Publié le 08/06/2006 Mis à jour le 10/03/2017
Carcinome, mélanome, qui sont vraiment ces cancers de la peau ?Comment savoir si vous faites partie des personnes ayant un risque plus important de développer une tumeur ?LaNutrition.fr vous explique ce qui sont le carcinome et le mélanome et comment les dépister pour mieux les soigner.

Qui est menacé(e) par les cancers de la peau ?

Le risque est différent pour les carcinomes et les mélanomes.

Les carcinomes

Les carcinomes représentent 90 % des cancers de la peau : 50 000 nouveaux cas par an en France. Ils surviennent généralement après 50 ans dans des zones découvertes du corps et trouvent souvent leur origine dans une exposition au soleil excessive et répétée.
On distingue les carcinomes basocellulaires et les carcinomes spinocellulaires :

Les carcinomes basocellulaires sont les plus fréquents (70% des cancers cutanés). Ce sont aussi les moins graves car leur évolution est lente et leur développement reste local (pas de métastases). Cependant, leur danger est lié à leur potentiel invasif local qui va entraîner des destructions des tissus.

Les carcinomes spinocellulaires sont plus rares (20% des cancers cutanés). Ils se développent parfois sur des lésions dites précancéreuses, les kératoses actiniques. Ils peuvent aussi apparaître sur des cicatrices de brûlure ou des plaies chroniques. Plus agressifs que les carcinomes basocellulaires, ils peuvent envahir les ganglions lymphatiques et de se disséminer dans d’autres organes. Les carcinomes sont facilement guérissables dans la majorité des cas. Une détection précoce permet un traitement chirurgical simple, généralement réalisable sous anesthésie locale. En revanche, une prise en charge tardive peut imposer une chirurgie lourde pouvant être mutilante. De façon générale, une plaie qui ne cicatrise pas, un bouton ou une croûte qui persiste et se modifie doivent conduire à demander un avis médical.

Les tumeurs apparaissent entre 50 et 60 ans. Sont particulièrement concernés :

- Les personnes à peau claire et celles qui brûlent avant de bronzer (basocellulaire)

- Les personnes ayant reçu des expositions intermittentes dans l’enfance (basocellulaire)

- Les hommes

- Les personnes qui travaillent régulièrement à l’extérieur : agriculteurs, marins, professions du bâtiment, guides de montagne (spinocellulaire)

- Les malades prenant des corticoïdes

Le mélanome

Plus rare que les carcinomes, le mélanome est le plus grave des cancers de la peau. C’est un cancer des cellules responsables de la pigmentation de la peau, les mélanocytes. Quelques millimètres cubes de tumeur peuvent en effet entraîner une dissémination métastatique rapide qui peut-être mortelle. Le mélanome peut se déclarer chez des personnes de tous âges, mais il est rare chez les enfants. Il peut se situer n’importe où sur le corps, mais se retrouve le plus souvent sur le tronc chez l’homme et sur les jambes chez la femme. Ce sont les coups de soleil de l’enfance et les expositions solaires intermittentes mais intenses (typique des périodes de vacances) qui augmentent le plus le risque de mélanome.

Le mélanome se manifeste essentiellement de deux façons :

- Soit par l’apparition d’une petite tâche pigmentée sur la peau saine (cas le plus fréquent),

- Soit par la modification d’un grain de beauté (naevus pigmentaire) préexistant.

Lorsque le mélanome est détecté assez tôt à un stade peu développé (quand la tumeur n’est pas trop épaisse et qu’il n’y a pas de métastases), il peut la plupart du temps être guéri. Le traitement consiste alors à retirer la lésion sous anesthésie locale (exérèse). En revanche, diagnostiqué tardivement, le mélanome est souvent mortel car il s’étend rapidement à d’autres parties du corps (diffusion de métastases). Les traitements existants sont alors peu efficaces. Cette absence de traitement curatif des formes avancées de mélanome rend d’autant plus indispensable le développement des mesures préventives et de l’incitation à la détection précoce.

Le risque augmente à partir de 40 ans. Il est plus grand chez :

- les personnes à peau claire et celles qui brûlent avant de bronzer

- dont les parents ont été atteints (prédisposition génétique dans 10% des cas)

- qui ont beaucoup de grains de beauté (plus de 50)

- qui ont subi de fortes expositions avant l’âge de 15 ans

- qui ont connu des coups de soleil à répétition, brutaux, sur des peaux non préparées

- qui ont déjà eu un mélanome (risque de récidive)

- ont un grain de beauté de naissance de grande taille

Le mélanome en chiffres

Le mélanome est une des tumeurs dont l’incidence (c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas chaque année) a le plus augmenté ces vingt dernières années. Entre 1978 et 2000 en France, elle a progressé chaque année en moyenne de 5,9% chez l’homme et de 4,3% chez la femme. Le nombre de nouveaux cas par an a ainsi triplé en 20 ans, passant de 2300 en 1980 à 7231 en 2000 (42 % chez l’homme et 58 % chez la femme)

1 364 décès étaient imputables au mélanome cette même année, dont 704 décès masculins (soit 52 %) et 660 décès féminins.

L’âge moyen de survenue du mélanome était de 58 ans chez l’homme et de 56 ans chez la femme en 2000.

La répartition géographique des données de mortalité par mélanome en France montre une inégalité entre les régions, avec une prédominance nette des cas en Bretagne, dans les

Pays-de-Loire, en Basse-Normandie et en Alsace, c'est-à-dire des régions où les populations sont peu habituées à l’exposition au soleil.

(Source : bulletin épidémiologique hebdomadaire du 6 janvier 2004)

Les grains de beauté sont-ils dangereux ?

L’exposition au soleil favorise l’apparition de ces taches cutanées pigmentées que sont les grains de beauté. Les grains de beauté ne sont pas dangereux mais certains peuvent proliférer et se transformer en cancer de la peau. Un tiers des mélanomes se développent à partir de taches pigmentées préexistantes.
Lorsqu’il est découvert suffisamment tôt, le mélanome peut être guéri. Un contrôle régulier de la peau est donc recommandé (y compris chez les enfants et les adolescents) :

- Si vous vous êtes beaucoup exposé au soleil

- Si vous avez plus de 50 grains de beauté

- Si vous avez des taches pigmentées de plus de 5 mm de diamètre

- Si vous avez déjà eu un grain de beauté suspect.

Comment savoir si un grain de beauté est suspect ?

Les personnes à risque doivent contrôler leur peau 3 à 4 fois par an. Consultez un dermatologue si un grain de beauté répond aux 4 critères A, B, C, D,E ci-dessous :

A = Asymétrie : forme irrégulière, non circulaire

B = Bord : flou, dentelé ou frangé

C = Couleur : irrégulière, non homogène

D = Diamètre : supérieur à 5 mm, augmentation de la taille

E = Evolution : tout grain de beauté qui change d'aspect rapidement doit être un signe d'alerte.

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