L’incidence de cancer est inférieure de 10 à 15 % chez les végétariens et végétaliens par rapport aux consommateurs de viande. Les petits consommateurs de viande, et ceux qui mangent du poisson, ont également un risque plus faible.
Derrière leur image d’aliments sains, certains végétaux cachent un potentiel toxique, comme l’a découvert Sally K. Norton au fil de son propre parcours.
Illustration ©KennethBrayden
Un régime riche en épinards, amandes et autres végétaux, n’est-ce pas la garantie d’une santé à toute épreuve ? C’est en tous cas le point sur lequel s’entendent bien des spécialistes de nutrition. Et pourtant, nous dit Sally K. Norton, dans certains cas, ces superaliments pourraient faire plus de mal que de bien. Cette nutritionniste américaine, diplômée de l'Université Cornell et titulaire d'un master en santé publique de l'université de Caroline du Nord, s’apprête à bousculer de telles certitudes – et bien d’autres – avec son ouvrage Toxic Superfoods, qui sort en français sous le titre Toxic Veggies.
En bonne professionnelle de nutrition, Sally K. Norton a longtemps pensé qu’elle se nourrissait de manière exemplaire. Elle mangeait légumes verts et végétaux à profusion. « Chaque matin, dit-elle, je consommais cinq poignées d'épinards, du lait d'amande, du beurre d'amande et des protéines végétales dans un smoothie. J’étais persuadée que c'était super sain. » Pourtant, une nuée de maux chroniques ne la lâche pas : fatigue persistante, douleurs articulaires, troubles digestifs.
Il lui faudra plusieurs années d'investigation pour identifier le coupable : les oxalates, des composés présents dans de nombreux aliments végétaux. Et qui se comportent comme des anti-nutriments. « J'ai dû complètement repenser ce que je mettais dans mon corps », explique-t-elle aujourd’hui.
Depuis, Sally consacre sa carrière à l'étude des oxalates et de leurs effets sur la santé humaine. Elle a mis en place des programmes éducatifs, conduit des recherches universitaires et est devenue la référence internationale sur le sujet. Mais que sont réellement les oxalates ?
Les oxalates sont présents dans de nombreux aliments végétaux. S'ils sont généralement inoffensifs en petites quantités, une consommation excessive peut entraîner des problèmes de santé, rapportés dans son livre par Sally Norton, notamment des troubles digestifs, des douleurs articulaires et des calculs rénaux.
En plus, les oxalates freinent ou empêchent l’absorption de plusieurs minéraux, comme calcium, magnésium, fer, zinc, ce qui peut conduire à des déficits marqués.
Sally souligne que notre régime alimentaire moderne, souvent riche en aliments à haute teneur en oxalates, peut conduire à une surcharge oxalique.
« Aujourd'hui, dit-elle, du fait de la transformation des aliments, des camions réfrigérés et des importations venant de toute la planète, un tapis roulant phénoménal pousse les oxalates vers nous 365 jours par an. »

Plutôt que de prôner l'élimination totale des aliments riches en oxalates, Sally Norton recommande une approche graduelle et consciente. Elle insiste sur l'importance de la modération et de l'écoute de son corps : « zéro oxalate n'est pas l'objectif. Votre premier objectif est de réduire régulièrement, mais pas complètement, les aliments contenant des oxalates. Tout changement alimentaire radical a le potentiel de perturber votre corps, votre microbiome et votre vie. »
L’approche qu’elle propose est méthodique : identification des aliments à risque, stratégies pour réduire l'apport en oxalates, conseils pour une transition alimentaire en douceur.
Dans son livre, Sally Norton partage aussi les témoignages de nombreuses personnes ayant retrouvé la santé en ajustant leur alimentation. Là est la grande force de son travail : apporter un message d'espoir à celles et ceux qui souffrent de troubles inexpliqués tout en croyant mener un mode de vie irréprochable.
Sally Norton ne cherche pas à diaboliser les végétaux, mais à encourager une consommation éclairée. Elle invite chacun à analyser les réactions de son corps, à remettre en question les idées reçues et à s'informer. Son message résonne particulièrement à une époque où les régimes alimentaires sont plus dictés par des dogmes plutôt que par l’écoute attentive de son corps.
Toxic Veggies est plus qu'un nouveau livre de nutrition : c'est un appel à la vigilance, à la curiosité et à l'autonomie. Sally nous rappelle que, même en matière d'alimentation, le mieux peut être l'ennemi du bien.
Les meilleurs livres des éditions Thierry Souccar sélectionnés par la rédaction.
Découvrir la boutique
L’incidence de cancer est inférieure de 10 à 15 % chez les végétariens et végétaliens par rapport aux consommateurs de viande. Les petits consommateurs de viande, et ceux qui mangent du poisson, ont également un risque plus faible.
De nombreuses études montrent une relation positive entre alimentation végétarienne et santé. Détails.
La demande des consommateurs pour des substituts végétaux de viande s'est accrue ces dernières années. Mais que penser de la viande végétale ?