Cancer du pancréas : Steve Jobs pouvait-il être guéri ?

Par Lanutrition.fr Publié le 08/12/2011 Mis à jour le 10/03/2017
Steve Jobs pourrait-il être encore vivant ?

Le cancer de Steve Jobs

Steve Jobs était le fondateur et directeur général de la société Apple. Il est mort d’un cancer du pancréas le 5 octobre 2011. Ce cancer est l’un des plus rares au monde avec un pronostic particulièrement mauvais.  Il était atteint d’un type particulier, encore plus rare (20 fois moins fréquent) mais au pronostic plus positif. Il s’agissait d’une tumeur endocrine des îlots de Langherans (les cellules qui produisent l’insuline).

 

Compte tenu des symptômes qu’il présenta à partir de l’annonce de sa maladie en 2004, il est raisonnable de penser qu’il était atteint d’un glucagonome, une tumeur maligne pour lesquelles les chances de guérison sont faibles et le risque de métastases important. Lors de son diagnostic par les médecins en octobre 2003, on lui proposa une opération chirurgicale pour enlever la tumeur. Opération qu’il refusa pendant 9 mois pour s’orienter vers des traitements naturels : les médias parlent d’alimentation végétarienne, d’acupuncture et de plantes.

Lorsqu’un examen révéla que la tumeur avait progressé, il décida finalement de subir une opération chirurgicale le 31 Juillet 2004 : une opération de Whipple qui consiste à enlever la tête du pancréas, la vésicule biliaire, une partie de l’intestin et de l’estomac. Cette opération lourde était annonciatrice que son cancer avait évolué et que des métastases avaient commencé à se propager.

En Avril 2009, Steve Jobs se rendit en Suisse où il suivit un traitement expérimental prometteur de radiothérapie, les peptides-chélateurs-radionucléides. Il s’agit d’utiliser une molécule pour transporter un peptide radioactif au niveau de la tumeur.  Cette thérapie semble avoir échoué car il dut subir une transplantation du foie dans le Tennesse, à son retour aux USA. Pourquoi le Tennessee ? Parce que le temps d’attente pour la transplantation y est le plus faible de tout le pays. Sa transplantation a donc été une urgence, signifiant la gravité de son état.

Cette mesure qui devait le sauver est probablement aussi celle qui l’a tué. En effet, une telle transplantation est rarement recommandée dans ce cas : la présence de métastases indiquant de fortes chances d’une propagation au nouveau foie et surtout, une telle greffe doit être accompagnée d’un lourd traitement médicamenteux anti-rejet. Ces médicaments bloquent la réponse du système immunitaire dont l’objectif naturel serait d’éliminer de l’organisme cet organe étranger au soi. Malheureusement ces cellules du système immunitaire jouent également un rôle contre le cancer ! C’est peut-être ce qui a accéléré la propagation du cancer et provoqué sa mort le 5 octobre 2011.

Mais qu’aurait-il dû faire ?

Il est difficile d'être péremptoire dans ce type de maladie. Peut-être n’aurait-il pas dû attendre pour sa première proposition d’opération en 2003. Peut-être aussi aurait-il dû refuser la transplantation du foie et se faire opérer en subissant une ablation partielle de ce dernier, qui est capable de se régénérer seul. Il aurait ainsi évité les médicaments anti-rejets qui empêchent l’organisme de bien se défendre contre le cancer.

Des alternatives pour le cancer du pancréas ? Aux Etats-Unis le Dr Nicholas Gonzalez (New York) s'est fait une réputation dans le traitement naturel de ce cancer depuis 20 ans. Mais ses méthodes sont controversées. Il explique : « Quand un cancérologue utilise un traitement qui n’a jamais été validé médicalement, quand il utilise une radiothérapie à l’efficacité non prouvée, il est félicité, parfois traité en héros, même si ça ne marche pas. Quand vous essayez une thérapie naturelle alors que tout a échoué, on vous accuse d’être un meurtrier. »  Et c’est tout le problème dans le cancer du pancréas où le pronostic est naturellement très mauvais avec les traitements classiques : 1 à 4% de survie au bout de 5 ans. La méthode du docteur Gonzalez, inspirée de celle de son prédécesseur, le Dr William Kelley, consiste en un régime riche en protéines, accompagné de grandes quantités d’enzymes digestives animales en poudre pour pallier au déficit enzymatique provoqué par les tumeurs et lutter contre celles-ci. Il y ajoute également des méthodes de « nettoyage des organes ». Le Dr Gonzalez a déjà publié une première étude faisant part de son succès dans le traitement de ce cancer néanmoins il explique qu’il est très difficile de faire publier des données lorsque l’on fonctionne à contre-courant du système médical : « les journaux médicaux refusent de nous publier ». Les idées de Gonzalez étaient supportées par le Pr Robert Good, nominé trois fois pour le prix Nobel et qui fut le premier au monde à réaliser une transplantation de moelle osseuse. En 1987, Robert Good avait également dû se battre avec de nombreux éditeurs qui critiquaient ses travaux, trop à contre-courant.

 

Les facteurs de risque du cancer du pancréas

Quand on parle de cancer, on pense aussi prévention. Si le cancer du pancréas est très rare, il est aussi mal connu. Les facteurs favorisant son apparition sont mal connus. Pour le glucagonome comme celui qui a frappé Steve Jobs, il n’existe aucun facteur de risque véritablement connu. Pour les cancers du pancréas classiques, les facteurs de risques connus sont : le tabagisme (20 à 30% des cancers du pancréas), le surpoids et peut-être le déficit en vitamine D (risque diminué de 43% chez les personnes qui consomment 300 à 450 UI par rapport à celles qui consomment 150 UI, des doses déjà très faibles). L’histoire ne dit pas si Steve Jobs prenait de la vitamine D.

 Références:

http://tech.fortune.cnn.com/2011/01/18/steve-jobs-went-to-switzerland-in-search-of-cancer-treatment/

http://abcnews.go.com/Technology/story?id=7888162

Gonzalez NJ, Isaacs LL. Evaluation of pancreatic proteolytic enzyme treatment of adenocarcinoma of the pancreas, with nutrition and detoxification support. Nutr Cancer. 1999;33(2):117-24.

Skinner HG, Michaud DS, Giovannucci E, Willett WC, Colditz GA, Fuchs CS. Vitamin D intake and the risk for pancreatic cancer in two cohort studies. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2006 Sep;15(9):1688-95.

 

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