Dans cette vidéo, le cancérologue Laurent Schwartz explique pourquoi le cancer peut être considéré comme une maladie métabolique et quels pourraient être ses nouveaux traitements.

Dans mon livre précédent « Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent », je m’adressais plutôt aux patients et à leurs médecins et je voulais rester médical et scientifique de façon presque exclusive. Mais cette question touche en fait aux fondements du fonctionnement économique et social de nos sociétés ! Mon nouveau livre veut donc s’adresser à tous les citoyens pour qu’ils comprennent les tenants et aboutissants sociétaux de la question du cholestérol. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quelles sont les relations entre l’industrie pharmaceutique et les experts du cholestérol ? Que dit réellement la science à ce sujet ? C’est une longue histoire et c’est précisément ce que j’ai voulu raconter au grand public dans ce nouveau livre.
En même temps que sortaient les résultats négatifs de SEAS (en termes de santé cardiovasculaire) un autre essai testant une statine dans l’insuffisance cardiaque (dont la cause était un infarctus dans une forte proportion de cas) était publié. C’est l’essai GISSI-HF. Lui aussi est négatif.
Je n’ai pu commenter ces essais dans mon livre « Cholestérol, mensonges et propagande » puisqu’ils n’étaient pas encore divulgués au moment où le livre était à l’imprimerie. Mais ils sont venus confirmer que diminuer le cholestérol ne servait à rien pour protéger son cœur. C’est toute la théorie du cholestérol qui s’effondre sous nos yeux !
La « propreté » des données les plus récentes est la conséquence des lamentables affaires de fraudes et falsifications médicales et scientifiques que nous avons vécues récemment, et que je décris dans mon nouveau livre. Ces affaires et scandales incitent les investigateurs et rapporteurs des données des essais à la plus grande prudence aujourd’hui, car ils se savent surveillés, notamment par les medias américains.
L’essai SEAS a été conduit chez des patients porteurs de pathologie de la valve aortique. Ces patients sont en général relativement âgés (une moyenne d’âge de plus de 67 ans dans SEAS) et c’est précisément dans ces classes d’âge que les essais antérieurs avec les statines avaient déjà montré une augmentation des cancers. Les résultats de SEAS ne peuvent donc étonner que ceux qui ne connaissaient pas, ou voulaient oublier, les résultats très inquiétants des essais antérieurs.
Dans le cadre d’un essai avec tirage au sort, une procédure destinée à maîtriser l’effet du hasard, il est incongru de prétexter un effet du hasard pour s’abstenir de prendre au sérieux une complication qui n’était pas inattendue. De plus, l’essai n’ayant pas été conçu pour détecter un effet sur les cancers, il manque fondamentalement de puissance statistique en termes de détection de cancers. En conséquence, la mise en évidence de cet excès de cancers dans le groupe sous médicament anti-cholestérol est extrêmement inquiétante. Les commentaires des auteurs sont à cet égard d’une terrible légèreté. Ont-ils été influencés par les laboratoires qui ont financé l’étude ? On peut se poser la question.
Cela confirme, s’il en était besoin, qu’il existe une collusion entre les industriels et certains experts. Il suffit de savoir que cet épidémiologiste de l’Université d’Oxford a passé des contrats faramineux avec l’industrie (représentant des centaines de millions de Livres sterling) pour étudier les médicaments anti-cholestérol mis en cause dans l’essai SEAS. Il est donc essentiel pour lui de minimiser ces données sur les cancers car ils mettent en danger la pérennité des essais en cours et donc les contrats. Le conflit d’intérêt est évident.
Continuer des essais cliniques avec ces médicaments alors que les effets cardiovasculaires sont insignifiants et que les données sur les cancers sont très inquiétantes me paraît éthiquement scandaleux car les patients (qui ne peuvent trouver aucun bénéfice à participer à cet essai) deviennent des cobayes. Notre grand épidémiologiste le sait et sa seule échappatoire est d’essayer de minimiser les données sur les cancers. Nous devons alerter l’opinion publique sur des pratiques qui déshonorent les scientifiques et les médecins investigateurs.
De sortir immédiatement de tous les essais testant ce médicament (s’ils y participent) ou de discuter immédiatement avec leur médecin pour envisager l’arrêt de leur traitement. Mais le problème est plus large car Inegy est une association de deux molécules, dont une statine. Or, dans les essais précédents, c’est avec des statines qu’on avait vu plus de cancers. La problématique du cancer ne concerne donc pas seulement Inegy, mais tous les médicaments anti-cholestérol. Des expériences sur l’animal avaient d’ailleurs montré que TOUS les médicaments anti-cholestérol favorisent les cancers.
Exactement ! Et aussi tous les autres traitements anti-cholestérol car c’est surtout le fait d’avoir un cholestérol bas qui favorise les cancers, quelle que soit la façon dont ce cholestérol a été abaissé. Jusqu’à preuve du contraire, et conformément au Principe de précaution, je pense qu’il faut admettre que tous les traitements anti-cholestérol favorisent les cancers, et cela d’autant plus que l’on s’acharne à diminuer le cholestérol.
Les excès de cancers dans les essais cliniques surviennent après moins de 5 ans de traitement (moins de 3 ans dans l’essai PROSPER) ce qui est extrêmement bref. En effet, à titre d’exemple, il faut 10, 15 ou même 20 ans d’exposition à des puissants agents cancérigènes comme le tabac ou l’amiante pour voir cliniquement leurs effets cancérigènes. En données cliniques brutes, et en caricaturant ces données, on pourrait donc dire que les traitements anti-cholestérol sont 3 à 5 fois plus cancérigènes que le tabac ou l’amiante.
Il faut savoir que l’on meurt des cancers dans nos pays beaucoup plus jeune que quand on meurt d’une attaque cardiaque. Autrement dit, en espérant se protéger avec les statines d’un infarctus qui survient en moyenne à 70 ans, ce que l’on fait vraiment c’est précipiter son risque de cancer qui survient à 50 ou 55 ans ! Il faut expliquer cela clairement au public et aux citoyens !
Actuellement les données scientifiques justifiant de diminuer son cholestérol ou de prescrire des statines après un infarctus (ou chez des diabétiques) sont de la plus extrême fragilité et, pour le dire vraiment, pas crédibles du tout ! En revanche, nous savons parfaitement ce qu’il faut faire pour se protéger des maladies cardiovasculaires qui sont des maladies du mode de vie. Comme je l’explique dans mes livres, la stratégie efficace consiste donc à modifier son mode de vie, en particulier ses habitudes alimentaires.
Plus nous travaillons ces questions, plus nous avons des données récentes et propres, et plus nous prenons conscience que nous avons été victimes avec le cholestérol de la plus rocambolesque arnaque médicale et scientifique jamais perpétrée dans des sociétés post-modernes. Les chimiothérapies anti-cholestérol sont dangereuses et inefficaces. Tous les dogmes, et recommandations dites officielles, sur lesquels sont basées les pratiques médicales actuelles (avec environ 7 millions de consommateurs plus ou moins réguliers de statines en France) doivent être rediscutées EN URGENCE par de vrais experts, libres et indépendants.
Propos recueillis par Elvire Nérin.
Michel de Lorgeril est cardiologue et chercheur au département des sciences de la vie du CNRS et à la faculté de médecine de Grenoble. Internationalement reconnu pour ses travaux sur la prévention des maladies cardiovasculaires, cela fait plusieurs années qu’il tente d’alerter l’opinion sur l’augmentation du risque de cancer liée aux statines.
Dans cette vidéo, le cancérologue Laurent Schwartz explique pourquoi le cancer peut être considéré comme une maladie métabolique et quels pourraient être ses nouveaux traitements.
Dans quels aliments le trouve-t-on ? Quels sont les risques ? Comment se protéger ?
Pour plusieurs chercheurs dont le Français Laurent Schwartz (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) et les Américains Thomas Seyfried (université de Yale) et Dominic d’Agostino (université de Floride du Sud), le cancer doit être considéré comme une maladie métabolique, à l’instar du diabète, et non comme une maladie du génome. Cette approche part des découvertes faites par l’Allemand Otto Warburg dans les années 1920 sur le métabolisme très particulier des cellules cancéreuses. Pour ces travaux, il se verra décerner le Prix Nobel en 1931.