La maladie du foie gras peut aussi être due à certains médicaments

Par Sarah Amiri Publié le 13/03/2020 Mis à jour le 13/03/2020
Actualité

Des chercheurs allemands ont découvert fortuitement une nouvelle cause de la maladie du foie gras, qui n’est pas associée au mode de vie et qui touche les personnes maigres.

Pourquoi c’est important

La maladie du foie gras, emblématique des excès du mode de vie occidental, est principalement présente chez les personnes en surpoids. 

S'il n'existe pas de médicaments contre cette maladie, il est possible néanmoins de la traiter par des changements de mode de vie. Dans son livre Le régime NASH, Angélique Houlbert décrit un programme de 7 semaines pour permettre de prévenir et d’inverser la maladie du foie.

Cependant, cette maladie peut aussi être détectée dans d’autres situations tout à fait inattendues, notamment chez des personnes maigres, dans des maladies génétiques rares et l’infection au VIH où les personnes développent des lipodystrophies (anomalies de répartition des graisses) qui peuvent être innées ou acquises.

Une équipe de chercheurs allemands a ainsi découvert récemment une nouvelle cause d’apparition de la maladie du foie gras : l’effet iatrogène (maladie provoquée par une intervention médicale).

Pour en savoir plus, lire : Tout savoir sur la maladie du foie gras

L’étude

Cette étude rapporte le cas d'une femme de 45 ans atteinte d'un mélanome malin, un cancer de la peau qui a été traité efficacement avec le Nivolumab, un inhibiteur de la protéine de mort cellulaire programmée 1 (PD-1) utilisé en immunothérapie. Cet inhibiteur et d'autres "inhibiteurs de contrôle" ont révolutionné le traitement du cancer, en particulier du mélanome malin. Leur efficacité est incontestable.

Vers la fin du traitement au Nivolumab, les chercheurs ont constaté chez leur patiente des taux très élevés de lipides, un diabète et une forme sévère de NAFLD. C'était tout à fait inattendu, notamment parce que leur patient avait perdu 31 kg. Une biopsie des tissus adipeux sous-cutanés et une imagerie par résonance magnétique (IRM) ont permis de diagnostiquer une lipodystrophie acquise avec une forme sévère d'inflammation de la graisse. Cette inflammation a pu être déclenchée par la fonction immonomodulatrice du médicament chez la patiente.

L’un des auteurs conclut « qu’il est important que les cliniciens qui traitent des patients avec des inhibiteurs de point de contrôle soient conscients de ce nouvel effet indésirable. Une inflammation du tissu adipeux, entraînant une grave stéatose hépatique, peut se produire. Dans de telles conditions, une pharmacothérapie spécifique visant à conserver les graisses dans un espace de stockage sûr, peut être très utile ».

Zoom sur ces médicaments

Les inhibiteurs de point de contrôle immunitaire comme le Nivolumab sont de nouveaux traitements d’immunothérapie. Leur principale action, comme leur nom l’indique, consiste à réduire au silence les points de contrôle immunitaire qu’utilisent les cellules cancéreuses pour se protéger. Toutefois, le traitement par ces médicaments est également associé à des effets indésirables qui affectent généralement la peau, le système gastro-intestinal, les poumons, certaines hormones et le métabolisme général.

À lire aussi : Ces aliments qui font de votre un « foie gras » 

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