Dans son livre, L’axe intestin-cerveau, le Dr Steven Gundry démontre par de nombreux exemples le pouvoir du microbiote sur nos pensées, notre métabolisme et notre santé. En voici quatre exemples concrets.
1. Votre microbiote peut vous faire grossir
L’alimentation et l’exercice ne sont pas les seuls facteurs à décider de notre poids : le microbiote y participe aussi. Steven Gundry relate dans son livre l’expérience très étrange vécue par une femme qui a subi une greffe de microbiote. Pour soigner une infection à Clostridium difficile résistante au traitement, elle a reçu une transplantation de microbiote fécal provenant d’un donneur en surpoids. « Avant la transplantation, le poids de la patiente était stable, à 62 kg. Seize mois plus tard, elle avait pris 15 kg, pour atteindre 77 kg », raconte Steven Gundry. Pourtant elle n’avait aucunement changé son régime alimentaire ! « Même après avoir suivi un régime liquide et un programme d’exercice physique sous surveillance médicale, elle a continué à prendre du poids. Trois ans après la transplantation, cette patiente pesait 80 kg. »
Comment l’expliquer ? Certaines bactéries sont réputées pour être "obésogènes", d’autres pour être meilleures pour la ligne.
Par exemple, Bacteroides fragilis, qui consomme des graisses saturées : « Lorsque vous avez beaucoup de ces bactéries, elles envoient des messages à votre cerveau pour vous dire de manger plus de graisses saturées afin de pouvoir poursuivre leur développement. » Résultat : la consommation de graisses saturées entraîne un déséquilibre de plus en plus important du microbiote, une augmentation de l’hyperperméabilité intestinale et une prise de poids. « Dans le même temps, l’abondance croissante de B. fragilis envoie de plus en plus de signaux à votre cerveau, vous incitant à manger davantage de graisses saturées ! »
Inversement, la bactérie Akkermansia muciniphila est bénéfique à la fonction barrière de l’intestin et pourrait réduire le risque d’obésité (1) .
2. Le microbiote peut vous faire déprimer
Comme nous venons de le voir, une transplantation fécale donne parfois des résultats surprenants, quand certaines caractéristiques du donneur sont transmises de manière inattendue au receveur. Et cela semble aussi vrai pour d’autres paramètres que le poids. Ainsi, une méta-analyse parue en 2020, incluant 21 études, a montré une diminution des symptômes et comportements de type dépressif et anxieux à la suite de la transplantation d’un microbiote sain (2) . Mais l’inverse a également été observé : on peut transmettre des comportements dépressifs et anxieux en transférant le microbiote de donneurs atteints de troubles psychiatriques !
La preuve en est que de nombreux probiotiques sont développés pour améliorer l’humeur : ce sont les psychobiotiques. « Les probiotiques peuvent contribuer à réguler les niveaux de sérotonine et à réduire l’inflammation, ce qui entraîne une diminution des symptômes de la dépression », commente Steven Gundry.
3. Votre microbiote forge votre caractère
Notre personnalité serait en partie forgée en fonction des bactéries qui peuplent notre intestin. Le Dr Gundry donne plusieurs exemples : « Les adultes présentant une abondance relative élevée de bactéries appelées Gammaproteobacteria ont tendance à être plus névrosés que les autres, tandis que les personnes présentant une abondance relative élevée de bactéries productrices de butyrate ont tendance à être plus consciencieuses ! De plus, la diversité bactérienne en général, signe d’un terrain sain, est associée à une personnalité ouverte et agréable. »
L'intestin dispose de plusieurs moyens d’influencer le cerveau, notamment par le nerf vague : les bactéries produisent des molécules appelées postbiotiques qui peuvent voyager de l’intestin au cerveau par l’intermédiaire du nerf vague. Le nerf vague permet ainsi à nos « compagnons intestinaux » d’envoyer des messages au cerveau, comme au moyen d’un fil téléphonique.
4. Votre microbiote vous rend addict
Dépendance à l’alcool, au tabac, au sucre, aux opioïdes… Et si c’était un problème de microbiote ? Le Dr Steven Gundry consacre un chapitre de son livre à cette thématique : Le microbiote à l’origine des addictions. Par exemple, les microbiotes de personnes ayant consommé de l’alcool de manière excessive pendant plus de dix ans ont plus de bactéries pro-inflammatoires et moins de bactéries bénéfiques, notamment certaines espèces productrices d’acides gras à chaîne courte (AGCC). La surconsommation d’alcool provoque un déséquilibre du microbiote, une porosité intestinale et une activation du système immunitaire, menant à l’inflammation.
« L’abus d’alcool modifie le microbiote et accentue l’hyperperméabilité intestinale, dans un mouvement d’aggravation mutuelle, explique le Dr Gundry. Cette inflammation entraîne également des changements directement dans le cerveau. » C'est un cercle vicieux délétère : « Cela conduit à une neurodégénérescence ainsi qu’à une augmentation du désir de consommer de l’alcool. »