Vaccins et syndrome de Guillain-Barré

Par Lanutrition.fr Publié le 01/12/2009 Mis à jour le 16/03/2017
Alors que des cas de syndrome de Guillain-Barré ont été diagnostiqués suite à la vaccination contre la grippe A, LaNutrition.fr fait le point sur cette maladie du système nerveux.

Le syndrome de Guillain-Barré est une maladie auto-immune rare, mais potentiellement grave et invalidante. Certains vaccins ont pu être impliqués dans sa survenue, mais il peut arriver en dehors de toute vaccination, après un syndrome grippal en apparence banal.

 

À quoi est dû le syndrome de Guillain-Barré ?

La cause du syndrome de Guillain-Barré n’est pas connue. Il est probable que le système immunitaire se retourne contre la gaine de myéline qui entoure les nerfs. La myéline assure la conduction du message nerveux. Dans un syndrome de Guillain-Barré, elle est altérée, voire détruite. Le message nerveux circule alors mal ou plus du tout. D’où les symptômes ressentis : fourmillements, faiblesse musculaire, paralysie.

 

Dans quelles circonstances un tel syndrome peut-il apparaître ?

On a constaté qu’environ deux tiers des patients ont souffert d’une infection virale ou bactérienne dans les jours ou semaines qui précédent le syndrome de Guillain-Barré. La plupart des patients ont eu une infection dans les six semaines qui ont précédé le syndrome de Guillain-Barré. Le syndrome peut aussi se produire à la suite d’une vaccination ou bien spontanément.

 

La grippe est-elle plus que les autres infections, à l’origine de ce syndrome ?

Le syndrome de Guillain-Barré semble surtout lié à des infections dues à Campylobacter jejuni, une bactérie qui provoque une gastroentérite. Le cytomégalovirus et le virus de la mononucléose (virus d’Epstein-Barr) ont également été incriminés. Mais il peut aussi s’agir d’un rhume, un syndrome grippal, d’une grippe, d’un mal de gorge. Pourtant dans 60 % à 70 % des cas, aucun pathogène n’est identifié. Lorsqu’aucun autre organisme n’est identifié, le virus de la grippe pourrait expliquer les cas de Guillain-Barré. C’est ce que suggère une étude française dans laquelle 30 % des cas pouvaient être dus à des symptômes grippaux. 14 % des patients ont été testés positifs à la grippe A. Mais cette proportion augmente durant les périodes épidémiques.

 

Quels sont les vaccins mis en cause ?

Tous les vaccins ont été soupçonnés, dont :

- Les vaccins antigrippaux et ceux contre la grippe A(H1N1).

- Les vaccins contre la rage,

- Un vaccin combiné tétanos-diphtérie,

- Le vaccin contre l’hépatite B,

- Un vaccin contre la méningite à méningocoque.

 

Le risque de Guillain-Barré lié aux vaccins est-il élevé ?

L’analyse de la littérature de 1950 à 2008 montre qu’à de rares exceptions près, comme aux Etats-Unis lors de la campagne de vaccination de 1976, les associations entre vaccination et syndrome de Guillain-Barré restent ponctuelles.

En Europe, on compte entre 1,2 et 1,9 cas pour 100 000 personnes alors que l’incidence augmente avec l’âge. Il se produit 0,07 à 0,46 cas de syndrome de Guillain-Barré pour 100 000 personnes vaccinées, tous types de vaccin confondus, dans les six semaines qui suivent l’injection. Des études ont montré une légère augmentation du risque lors des hivers 1992-1993 et 1993-1994, avec un cas pour un million d’individus vaccinés. Une étude canadienne réalisée sur des hospitalisations pour syndrome de Guillain-Barré indique une petite hausse significative du risque après vaccination. Toutefois, une plus petite étude menée au Royaume-Uni n’aboutit pas à un tel résultat.

 

Le risque de survenue d’un syndrome de Guillain-Barré est-il plus élevé après une grippe qu’après une vaccination ?

Dans une étude, l’incidence relative d’un syndrome de Guillain-Barré dans les 90 jours qui suivent une vaccination était de 0,76 (ce qui semble indiquer que la vaccination diminuerait le risque de 24 %). Dans cette même étude, l’incidence relative monte à 7,35 dans les 90 jours suivant un syndrome grippal (ce qui suggèrerait que l’infection multiplie ce risque par 7,35). Si l’on en croit ces données, et d’autres, il y aurait donc moins de risque de faire un syndrome de Guillain-Barré après une vaccination qu’après une grippe, surtout en période épidémique.

 

Comment le système immunitaire intervient-il dans ce syndrome ?

Il est possible que lors d’une infection, le système immunitaire libère des anticorps qui détruisent la myéline des nerfs. Le vaccin induirait une réponse immunitaire similaire chez certains individus. Une hypothèse : le vaccin contre la grippe contiendrait des particules de Campylobacter, parce que les poules dont les œufs servent à produire les vaccins pourraient être infectées par cette bactérie très résistante.

 

Existe-t-il une population à risque ?

Il est possible que les personnes qui ont déjà souffert d’un syndrome de Guillain-Barré soient plus à risque.

 

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