Des millions de patients sous statines : la faute à des études biaisées

Par Lanutrition.fr Publié le 25/11/2016 Mis à jour le 10/03/2017
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Des millions de patients sont encouragés à prendre des statines sur la foi de données biaisées, écrivent des médecins et chercheurs dans un article publié aujourd’hui par le journal médical britannique Prescriber.

Les bénéfices de ces médicaments prescrits massivement pour faire baisser le cholestérol et réduire les risques cardiovasculaires ont été exagérés, et leurs effets indésirables minimisés, écrit un groupe de médecins et chercheurs internationaux dont le français Michel de Lorgeril, données à l’appui.

Ils exigent que les données ayant abouti à la publication des résultats d’essais cliniques « miraculeux » soient rendues publiques et mises à la disposition des chercheurs pour être analysées. Aujourd’hui, ces données sont entre les mains des laboratoires qui ont financé les essais et d’un groupe de chercheurs d’Oxford, eux-mêmes payés par les industriels.

Ces mêmes chercheurs liés aux fabricants de statines ont publié une grande étude dans le Lancet récemment. Cette étude qui a connu une reprise médiatique considérable soutenait l’efficacité et l'innocuité des statines. Or elle est «fondamentalement biaisée» assurent les médecins qui écrivent dans Prescriber.

Ils sont soutenus dans leur démarche de transparence par Sir Richard Thompson, ancien président du Collège royal des médecins britanniques,  le Pr Iona Heath, ancienne présidente du Collège royal des médecins généralistes britanniques, et par le président du Forum national sur l’obésité, le Pr David Haslam.

Ils dénoncent des décennies de désinformation sur le cholestérol, le chef d’œuvre étant l’article récent du Lancet, qui inclut dans les bénéfices des statines des procédures n’ayant aucune incidence sur la mortalité.

Ils rappellent que depuis l’introduction dans les années 2004-2005 de nouvelles règles plus strictes régissant les essais cliniques, à la suite du scandale du Vioxx, aucun des 4 essais cliniques testant les statines (CORONA, GISSI-HF, AURORA, IMPROVE-IT) n’a montré de bénéfice en prévention secondaire (chez les patients ayant déjà eu un infarctus ou AVC).

Les essais cliniques ont également minimisé les effets secondaires des statines, dont le risque de diabète, en écartant des volontaires dont l’état de santé pouvait révéler des effets indésirables des statines. Ainsi, dans l’essai Heart Protection Study (2002), 36% des volontaires ont été écartés avant même le début de l’étude.

Ils soulignent enfin que les résultats d’une étude récente ne rapportant aucune association entre le taux de cholestérol LDL (le « mauvais ») et le risque cardiovasculaire chez les plus de 60 ans, montre que l’hypothèse de la responsabilité du cholestérol ne repose sur rien, et que pour prévenir les maladies cardiovasculaires seuls les changements de mode de vie sont efficaces.

L'article paru dans Prescriber aujourd'hui fait la une de la presse britannique. Aucun grand média français ne l'a relayé.

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