Régime paléo : les bénéfices pour la santé

Par Lanutrition.fr Publié le 15/02/2016 Mis à jour le 11/08/2017
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Le régime paléo fait parfois mieux que certains régimes thérapeutiques recommandés par les médecins dans les troubles métaboliques (surpoids, diabète, stéatose hépatique).

Le régime paléo s'inspire de l'alimentation pré-agricole des chasseurs-cueilleurs qui mangeaient de grandes quantités de fruits, légumes, feuilles, tubercules, racines, noix, de la viande, du poisson, des coquillages, mais aucun des aliments introduits au néolithique comme le sucre et le sel ajoutés, les produits céréaliers et les laitages.

Ces aliments introduits au néolithique, surtout s'ils sont transformés/raffinés, pourraient, selon les chercheurs qui étudient l'alimentation pré-agricole, expliquer l'explosion des maladies métaboliques comme le diabète, l'obésité, les maladies cardiovasculaires et certains cancers. D'où l'idée de proposer de revenir au mode alimentaire suivi par l'humanité depuis des millions d'années. Mais les bénéfices pour la santé sont-ils prouvés ? On dispose aujourd'hui d'un petit nombre d'études qui attestent de l'intérêt d'un tel régime chez des patients en surpoids, diabétiques ou souffrant de syndrome métabolique. Cependant, elles portent encore sur un nombre limité de personnes et il ne faut pas oublier que d'autres régimes alimentaires, comme le régime végétarien, voire des régimes hypocaloriques stricts mais brefs, peuvent apporter des bénéfices similaires. Médecins et patients ont donc le choix lorsqu'il s'agit de faire des changements alimentaires pour améliorer la santé.

Le régime paléo permet d’éliminer les graisses du foie

D’après une étude de l’université Umeå (Suède), parue dans International Journal of Obesity, le régime paléo permet de réduire de manière durable les graisses du foie. Dans cette étude, ce régime a été comparé à un régime pauvre en graisses. 70 femmes ménopausées obèses, en bonne santé, ont suivi soit un régime paléo soit un régime faible en graisses. Des mesures ont été réalisées au démarrage de l’étude, à 6 mois et 24 mois. 41 femmes sont allées au bout de l’étude.

L’accumulation de graisses dans le foie (stéatose hépatique) mais aussi dans les muscles est un phénomène très répandu dans nos sociétés modernes. Il augmente avec l’âge, et favorise la résistance à l’insuline, le diabète et le surpoids. On considère que plus de 40% de la population américaine est concernée.

Dans cette étude, la graisse hépatique a diminué au bout de 6 mois de 64 % dans le groupe paléo et de 43 % dans l’autre groupe. Au bout de deux ans, la graisse du foie a diminué de 50 % dans le groupe paléo et de 49 % dans l’autre groupe. La sensibilité à l’insuline du foie s’est améliorée au cours des 6 premiers mois dans le groupe paléo mais s’est détériorée entre 6 et 24 mois.

En conclusion, le régime paléo a un effet durable sur la graisse hépatique, vraisemblablement via une diminution de la charge glycémique des repas.

Le régime paléo améliore les lipides sanguins

Dans une petite étude américaine, les chercheurs ont voulu savoir si un régime paléo est aussi ou plus efficace que le régime prescrit par les médecins lorsque le cholestérol est élevé. 20 volontaires (10 hommes et 10 femmes) âgés de 40 à 62 ans ont suivi le régime conseillé par l’association américaine de cardiologie (AHA) pendant 4 mois, avant de suivre un régime paléo pendant 4 mois supplémentaires.

Le régime AHA propose de réduire les corps gras et l’alcool, augmenter les produits céréaliers complets avec notamment : moins de 7 % des calories provenant des graisses saturées ; moins de 1 % des calories provenant de graisses trans ; moins de 300 mg de cholestérol alimentaire chaque jour ; moins de 2.400 mg de sodium par jour. Le régime paléo dans cette étude était conçu autour des recommandations suivantes : pas de produits laitiers, de produits céréaliers, de légumes secs ; moins d’une demi-portion quotidienne de pomme de terre ; moins d’une portion de fruit sec par jour ; pas plus d’un verre de vin par jour ; pas de limite dans la consommation d’œufs.

Résultats : par rapport à la première phase, les volontaires ont perdu en moyenne 11 % de poids (contre 2 %) dans la phase « paléo », et vu leur cholestérol total ainsi que le cholestérol-LDL et les triglycérides baisser significativement. Le cholestérol-HDL, lui, a augmenté. Toutes les études sur le paléo n'ont pas trouvé les mêmes effets.

Lire aussi : Régime paléo : ce qu'il peut faire pour vous (abonnés)

Cette étude souffre certes de plusieurs limitations, mais elle confirme d’autres travaux, et montre que le régime paléo peut être une option lorsqu’on cherche à corriger des anomalies lipidiques du bilan sanguin. Un cholestérol qui augmente n’est probablement pas en soi un facteur de risque très fiable du risque d’infarctus (d’où le manque d’efficacité des médicaments qui ciblent le seul cholestérol), mais il traduit souvent un déséquilibre métabolique qui, lui, peut présenter un risque.

Il est conseillé aux diabétiques

Une petite étude de 2015 conclut à la supériorité du régime paléo pour améliorer les patients diabétiques. 14 patients atteints de diabète de type 2 ont suivi pendant deux semaines un régime de type paléo composé de légumes, fruits, noix, viande, sans sel ni sucre ni produits laitiers, ni produits céréaliers. Ils ont été comparés à 10 participants suivant les recommandations nutritionnelles de l’Association américaine du diabète (ADA), une société savante composé de médecins spécialistes du diabète. L’ADA conseille de manger entre autres des céréales complètes, des légumes secs, des produits laitiers maigres, peu de sel.

Les chercheurs ont mesuré l’évolution de plusieurs marqueurs dont la pression artérielle, les électrolytes urinaires, l’hémoglobine glyquée, la fructosamine, la résistance à l’insuline et les lipides sanguins.

Résultats : des améliorations ont été relevées dans les deux groupes, mais c’est dans le groupe paléo que les améliorations ont été les plus marquées pour ce qui est du contrôle du glucose et des profils lipidiques. En plus, dans le groupe paléo, les participants qui avaient le niveau de résistance à l’insuline le plus élevé ont connu une amélioration importante, alors que rien de cela n’a été observé dans le groupe qui suivait les conseils de l’ADA.

Le régime paléo est bon pour la ligne et la santé cardiovascualire

Une petite étude suédoise suggère qu’un régime de type Paléo de 5 semaines seulement suffit à soulager le foie de sa charge en graisses, tout en faisant maigrir et en améliorant de nombreux paramètres de la santé. Pour cette étude, 10 femmes ménopausées en bonne santé, avec un indice de masse corporelle supérieur à 27 ont reçu pour consigne de suivre un régime Paléo modifié, sans restriction de calories. Ce régime, moins strict que le modèle Paléo de référence, apportait environ 30 % des calories sous la forme de protéines, 40 % sous la forme de graisses (surtout monoinsaturées comme on en trouve dans l’huile d’olive, l’avocat) et 30 % sous la forme de glucides.

Résultats : alors que ces femmes pouvaient manger à volonté, selon la faim, elles ont en réalité diminué leur consommation de calories de 25 %. La perte de poids moyenne a été de 4,5 kg. L’indice de masse corporelle, le tour de taille, le tour de hanche, le ratio taille/hanche, ont significativement diminué. Il en allait de même de la pression artérielle, du cholestérol total, des triglycérides, du ratio LDL-cholestérol/HDL-cholestérol, de l’apolipoprotéine B (ApoB) et l’apolipoprotéine A1 (ApoA1), du peptide-C urinaire (un marqueur de la sécrétion d'insuline), et des indices HOMA (marqueurs de la résistance périphérique à l’insuline).

Moins de calories que le régime méditerranéen

Une étude suédoise a porté sur 19 patients de sexe masculin souffrant de maladie cardiaque ischémique, avec troubles de la tolérance au glucose ou diabète de type 2, et un tour de taille supérieur à 94 cm. Une partie d’entre eux (14) a suivi un régime de type méditerranéen pendant 12 semaines. Les autres ont suivi un régime de type paléolithique pendant la même durée.

Résultats : le groupe paléo était aussi rassasié que le groupe méditerranéen, mais il a consommé en moyenne 23% d’énergie de moins que le groupe méditerranéen, soit seulement 1385 calories (kcal) par jour, au lieu de 1815 kcal.

Pour faire la transition vers un régime paléo, lire Le régime paléo à la carte

Sources

Otten J, Mellberg C, Ryberg M, Sandberg S, Kullberg J, Lindahl B, Larsson C, Hauksson J, Olsson T. Strong and persistent effect on liver fat with a Paleolithic diet during a two-year intervention. Int J Obes (Lond). 2016 Jan 20. doi: 10.1038/ijo.2016.4.

Pastore RL1, Brooks JT1, Carbone JW2. Paleolithic nutrition improves plasma lipid concentrations of hypercholesterolemic adults to a greater extent than traditional heart-healthy dietary recommendations. Nutr Res. 2015 May 14. pii: S0271-5317(15)00097-4.

U Masharani, P Sherchan, M Schloetter, S Stratford, A Xiao, A Sebastian, M Nolte Kennedy and L Frassetto. Metabolic and physiologic effects from consuming a hunter-gatherer (Paleolithic)-type diet in type 2 diabetes. European Journal of Clinical Nutrition (2015) 69, 944–948; doi:10.1038/ejcn.2015.39; published online 1 April 2015

Arteriosclerosis, Thrombosis and Vascular Biology 2013 Scientific Sessions Meeting Reports. American Heart Association.

Jönsson T, Granfeldt Y, Erlanson-Albertsson C, Ahrén B, Lindeberg S. A paleolithic diet is more satiating per calorie than a mediterranean-like diet in individuals with ischemic heart disease. Nutr Metab (Lond). 2010 Nov 30;7:85.

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