Les femmes sont plus souvent affectées par les maladies auto-immunes que les hommes. Au cœur de ce déséquilibre : les hormones, mais aussi des phénomènes génétiques liés au chromosome X.
Même sans pathologie visible, certains marqueurs dosés dans le sang donnent des informations clés sur votre santé. En voici quatre parmi les plus suivis en médecine fonctionnelle.
La médecine fonctionnelle est une approche à la fois holistique et préventive, qui met en avant des mesures nutritionnelles et liées au cadre de vie, afin d’éviter des problèmes de santé. Dans Activez tout votre potentiel santé, le Dr Yoni Assouly en dévoile les grands principes, grâce à un programme détaillé sur un mois. Dans cette démarche, ce médecin prescrit parfois des analyses pour suivre des marqueurs sanguins. Nous en avons sélectionné 4 parmi les plus importants.
Produite par la peau lorsqu’elle est exposée aux rayons du soleil, et apportée en moindre mesure par l’alimentation, la vitamine D manque souvent aux Européens en période hivernale. Son déficit est associé à un grand nombre de problèmes de santé. Une complémentation est possible et facile à mettre en place. Encore faut-il savoir à quel niveau on se situe.
« La norme de laboratoire accepte tout taux supérieur à 20 ng/mL. En médecine fonctionnelle, on vise 40 à 60 ng/mL, explique le Dr Assouly. Une supplémentation bien conduite, de 2 000 a 5 000 UI par jour selon le taux de départ, souvent associée à la vitamine K2, produit des effets souvent spectaculaires en quelques semaines seulement. »
La CRP (protéine C-réactive) est un biomarqueur de l’inflammation dans le sang. « Un bilan sanguin standard recherche surtout les inflammations importantes, grâce au dosage de la CRP. Lorsque l’inflammation est faible, mais persistante, ce marqueur peut pourtant rester dans les normes », dit le Dr Assouly.
C’est pourquoi la médecine fonctionnelle utilise généralement d’autres marqueurs dans le sang, en particulier une forme de CRP spécifique : la CRP ultra-sensible (CRP-us, ou hs-CRP dans sa forme anglosaxonne). « Il s’agit du même marqueur, mais mesuré avec une précision suffisante pour détecter des variations minimes, caractéristiques de l’inflammation de bas grade, dit le Dr Assouly. Cette information est précieuse, car elle permet d’objectiver un terrain inflammatoire avant même l’apparition d’une maladie déclarée. Elle offre également un moyen simple de suivre l’effet des changements alimentaires et du mode de vie au fil des mois. »
Toutefois la CRP-us donne une photographie à un instant donné et ses variations ne renseignent pas sur les causes de l’inflammation de bas grade. Le stress, des infections, des déséquilibres métaboliques, une alimentation riche en aliments ultra-transformés, peuvent tous influencer l’état inflammatoire de l’organisme. Un bilan plus global est nécessaire pour comprendre ce qui est à l’origine de l’inflammation.
La thyroïde fabrique deux hormones, la T4 et la T3. La T3 stimule la production d’énergie des cellules, tandis que la T4 sert de réserve qui doit être transformée en T3. Cette production est pilotée par l’hypophyse, qui sécrète la TSH, l’hormone qui stimule la thyroïde. C’est pourquoi la TSH est l’examen le plus couramment utilisé pour évaluer le fonctionnement thyroïdien.
Beaucoup de problèmes de santé sont associés à un déséquilibre des hormones thyroïdiennes. « Face à une fatigue persistante, une prise de poids inexpliquée, une frilosité ou un brouillard mental, je prescris systématiquement un bilan thyroïdien approfondi », dit le Dr Assouly. Mais le dosage de la TSH seule ne suffit pas. « Une TSH seule a peu de valeur. Quand elle est normale, avec une T3 basse, c’est le signe d’une hypothyroïdie fonctionnelle que le bilan standard ne voit pas. J’y associe toujours les anticorps anti-TPO et TG pour ne pas manquer une thyroïdite d’Hashimoto débutante. »
Ces trois dosages permettent de connaître le statut en fer dans sa globalité et de détecter des carences, parfois invisibles sur un bilan standard.
« La ferritine seule ne suffit pas, elle peut être faussée par une inflammation de bas grade, dit le Dr Assouly. Le fer sérique et le coefficient de saturation révèlent si le fer circule. » Cette information permet donc de savoir si le fer est effectivement apporté jusqu’aux cellules qui en ont besoin.
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Les femmes sont plus souvent affectées par les maladies auto-immunes que les hommes. Au cœur de ce déséquilibre : les hormones, mais aussi des phénomènes génétiques liés au chromosome X.
Fatigue persistante, brouillard cognitif, irritabilité : beaucoup de praticiens explorent aujourd’hui le terrain inflammatoire comme une pièce possible du puzzle. Et les biomarqueurs ne manquent pas : hs-CRP, IL-6, TNF-α, ferritine, fibrinogène, NLR… Mais une question revient : est-ce vraiment utile de les doser ?
Intestin, peau, bouche, poumons, foie : ces surfaces qui séparent notre organisme du monde extérieur sont des barrières dont l’intégrité conditionne l’état inflammatoire du corps. Lorsqu’elles se fragilisent, elles deviennent le point de départ de maladies chroniques.