Psoriasis : ce qu’il faut manger pour réduire les symptômes

Par Marie-Charlotte Rivet Bonjean Publié le 16/08/2018 Mis à jour le 16/08/2018
Conseils

Le psoriasis est une maladie de peau incurable (pour le moment). Des études ont montré que l’alimentation pouvait jouer un rôle sur l’amélioration des symptômes, ainsi que sur la fréquence des plaques et même réduire au silence tous les symptômes.

Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique qui peut toucher tous les sexes à n’importe quel âge. Si elle est bégnine, elle a toutefois des répercussions sur la vie sociale des patients. La bonne nouvelle c’est qu’une alimentation adaptée peut réduire les poussées, améliorer les symptômes et même réduire au silence la maladie.

Ce que disent les études

Les oméga 3

Plusieurs études suggèrent que les acides gras oméga-3 peuvent être bénéfiques en monothérapie ou en combinaison avec d'autres régimes thérapeutiques à des doses allant de 0,45 à 13,5 g d'EPA et de 0 à 9 g de DHA par jour pendant 6 semaines à 6 mois.

La consommation d'oméga-3 provenant de l'huile de poisson permet la formation de leucotriènes et de prostaglandines, qui s'opposent aux molécules inflammatoires, ce qui réduit l'inflammation globale.

Une consommation élevée d'oméga-3 est observée dans les populations des pays d'Afrique de l'Ouest, et cet apport alimentaire d'oméga-3 a été associé à une faible incidence de psoriasis dans cette région.

Les chercheurs doivent encore réaliser d’autres études, mais ces résultats sont très encourageants.

La vitamine D

La vitamine D administrée par voie orale s'est également révélée prometteuse. Les scientifiques ont découvert que cette vitamine est un régulateur immunitaire pouvant s’avérer bénéfique contre les maladies inflammatoires comme le psoriasis en raison de ses effets sur les lymphocytes. Elle va agir à l’intérieur des cellules de la peau réguler leur prolifération et leur différenciation. La vitamine D aide ainsi à limiter l’inflammation ainsi que les plaques.

La diète méditerranéenne

Des études ont montré que l’alimentation méditerranéenne, riche en fruits et légumes, en huile d’olive, raisonnable en viande rouge et fournie en produits de la mer, et avec des céréales complètes améliorait significativement les symptômes du psoriasis et réduisait les poussées.

Le régime méditerranéen est considéré comme anti-inflammatoire car il a été associé à une plus faible incidence de maladies inflammatoires chroniques. Les chercheurs sont confiants sur cette piste de recherche pour la prise en charge du psoriasis.

Lire aussi : Le régime méditerranéen en pratique

Le régime Seignalet

Jean Seignalet est un chercheur français qui a donné son nom à un régime particulier : sans gluten, sans produits laitiers avec des méthodes de cuisson douce. Dans sa pratique, confirmée par divers essais cliniques par la suite, le Dr Seignalet a constaté les nombreux bienfaits de son régime pour réduire au silence plusieurs dizaines de maladies, dont le psoriasis.

De plus les études réalisées sur l’alimentation sans gluten ont montré que, dans certains cas, l’intolérance au gluten et le psoriasis étaient associés.

Si vous êtes atteint de psoriasis, demandez à votre médecin s’il est possible de faire des tests sur votre sensibilité au gluten.

Pour mettre en pratique le régime Seignalet, lire « Réduire au silence 100 maladies avec le régime Seignalet »

En pratique ça donne quoi ?

Avant toute chose, l’alimentation ne doit pas remplacer le traitement mais le compléter. De plus, il faut prévenir son médecin traitant avant tout éventuel changement.

Pour limiter le psoriasis, il est préférable d’opter pour une alimentation antioxydante et anti-inflammatoire. C’est le cas du régime méditerranéen déjà cité. Voici les 6 règles hygiéno-diététiques à adopter quand vous souffrez de psoriasis.

Première règle : veiller à un bon apport en légumes et en fruits. Il faut qu’ils soient la base de votre alimentation car ils sont riches en antioxydants, fibres, minéraux et vitamines, bref tout ce dont vous avez besoin pour bannir le psoriasis.

Deuxième règle : bien choisir les céréales et produits céréaliers. Privilégiez les céréales complètes et non raffinées, le must étant les céréales sans gluten (surtout si vos analyses montrent que vous y êtes sensible). Vous pouvez remplacer la farine de blé par la farine de coco, de riz, de lin, de sarrasin…

Lire aussi : Le régime Seignalet en pratique : les meilleures alternatives aux céréales

Eviter les produits trop transformés et raffinés comme les biscottes, les pâtes et le pain blancs, les céréales du petit déjeuner.

Vous pouvez remplacer les pâtes par du riz (complet, rouge, sauvage ou basmati), des pâtes à base de farine de sarrasin (sobas), du quinoa, du millet…

Pour le pain sans gluten, attention à ne pas prendre des pains « sans gluten » du supermarché, car ce sont souvent des produits ultra-transformés. Il est préférable de le faire soi-même à l’aide, par exemple de ces quelques recettes :

Troisième règle : consommer suffisamment d’oméga-3 et limiter les mauvaises graisses. Les oméga-3 doit être apportés en bonne quantité pour limiter l’inflammation. Pour cela il faudra limiter la viande rouge et la remplacer par les produits de la mer riches en oméga-3 :

  • Maquereau
  • Saumon
  • Truite
  • Hareng
  • Flétan
  • Sardine

Privilégier les petits poissons et ne manger des gros que de temps en temps afin de limiter au maximum la contamination par les métaux lourds.

De plus, il n’y a pas que les poissons comme sources d’oméga 3 : il y a aussi les algues, les huiles végétales (colza, lin, noix…), les noix, les graines de lin ou de chia.

Lire aussi : Grossesse : les meilleures sources d’oméga-3

Puisque les viandes rouges sont limitées, pour couvrir ses besoins en protéines, il est nécessaire de se tourner vers d’autres sources comme les légumineuses, les volailles ou encore les œufs.

Il faut limiter au maximum les acides gras saturés (qu’on trouve essentiellement dans les viandes rouges, fromages, charcuterie, beurre, crème…) et les huiles riches en oméga-6 (huiles de tournesol, maïs…).

Vous pouvez également vous tourner vers des compléments alimentaires à base d’oméga-3, de vitamine D et de sélénium. Les études montrent une certaine efficacité, même si ce n’est pas encore complètement prouvé.

Quatrième règle : diminuer ou supprimer les laitages. Il n’y a pas d’étude qui montre que les produits laitiers sont mauvais en cas de psoriasis, mais le Dr Jean Seignalet a pu remarquer que l’éviction de ces produits améliorait les symptômes.

Voici quelques pistes pour remplacer les produits laitiers :

Cinquième règle : supprimer ou ne manger que de manière très occasionnelle les aliments ultra-transformés ou trop sucrés.

Il s’agit :

  • Les produits ultra-transformés (aliments industriels surtout)
  • La « junkfood »
  • Le sucre et les sucreries
  • L’alcool
  • Le tabac
  • Les fritures

Sixième règle : bouger. Il faut veiller à ne pas être sédentaire, essayer d’avoir une activité physique la plus régulière possible. Le surpoids et l’obésité sont en effet des facteurs favorisant les poussées.

 

Références : 

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