Ce médecin pense que le mal de dos, c’est dans votre tête

Par Lanutrition.fr Publié le 19/05/2016 Mis à jour le 10/03/2017
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Les troubles musculo-squelettiques coûtent à la collectivité plus d'un milliard d'euros par an en soins, chirurgie, absentéisme. Mais pour le Pr John Sarno ces traitements coûteux sont souvent inutiles. Pour ne plus souffrir, il faut simplement accepter que les douleurs sont d'origine émotionnelle.

Les troubles musculo-squelettiques sont des affections qui touchent principalement les articulations du cou, des épaules, des bras et des mains : lombalgies, cervicalgies, douleurs articulaires, tendinites, syndrome du canal carpien... Avec un dénominateur commun : la douleur. Ils représentent la première cause de maladie professionnelle reconnue en France. Leur nombre a augmenté de 60 % depuis 2003.

L’Assurance maladie vient donc de lancer deux aides financières à destination des PME pour les aider à « prévenir les troubles musculo-squelettiques d’origine professionnelle ». Ces aides portent sur un montant maximum de 25 000 euros chacune et sont destinées à « identifier les risques » et « cofinancer du matériel permettant de les limiter ».

La vision dominante en effet, est que les troubles musculo-squelettiques ont essentiellement une cause biomécanique. Sont accusés les mouvements répétitifs, mouvements de force, gestes effectués les bras au–dessus des épaules, mouvements de torsion du poignet, du tronc, flexion et extension du coude, mais également le travail statique, les vibrations et chocs mécaniques... Lorsque la douleur est installée, les patients sont adressés à des kinésithérapeutes et ostéopathes et souvent aux chirurgiens.

Le rôle des émotions réprimées

L’idée que ces douleurs ont systématiquement une cause organique a été contestée dès 1981 par John Sarno, un professeur de médecine américain de l'université de New York, disparu en 2017. Sarno et ses confrères ont suivi plusieurs milliers de patients et trouvé que dans la plupart des cas, les douleurs attribuées à une origine biomécanique, à commencer par les douleurs lombaires, ont en réalité une origine émotionnelle. Cependant, aucun essai clinique contrôlé n'a été mis sur pied pour le confirmer. 

Lire l'entretien avec John Sarno

Pour le Pr Sarno, le cerveau peut en effet être à l'origine d'une gamme quasi-infinie de symptômes physiques parmi lesquels les lombalgies, les douleurs cervicales et aux épaules, le syndrome du canal carpien, et même les douleurs de la vessie (cystite intersticielle), les pharyngites chroniques, les troubles visuels sans diagnostic probant, etc...

Consulter ici un forum (en anglais) sur les troubles et douleurs relevant de l'approche de John Sarno  

Comment est-ce possible ? Le système nerveux sympathique est avec le système parasympathique une division du système nerveux autonome, qui intervient dans la réponse hormonale au stress, la dilatation des pupilles, l’augmentation du rythme et de la contraction cardiaques, la contraction des vaisseaux sanguins et l’élévation de la pression artérielle.

Le système nerveux sympathique entraîne une tension musculaire et des douleurs de tous ordres notamment articulaires. Pour le Pr Sarno, la cause est à rechercher dans des troubles émotionnels qui relèvent du subsconscient. Le subconscient active le système nerveux sympathique pour diminuer le flux sanguin qui alimente muscles, nerfs, tendons, organes, ce qui conduirait à une privation d’oxygène ressentie sous forme de douleur. La cause de la douleur serait en réalité un processus de défense initié par le cerveau pour détourner l’attention de troubles émotionnels profonds, en particulier des colères rentrées. Cette hypothèse biologique n'a été que partiellement confirmée et elle est aujourd'hui contestée, même si le rôle des émotions dans la perception de la douleur, pressenti par John Sarno, est, lui, de plus en plus admis.

Toutes les douleurs n’ont pas une origine émotionnelle, mais pour le Pr Sarno c’est le cas, par exemple, de la majorité des douleurs lombaires. Il a renoncé il y a 30 ans à opérer la plupart des patients se plaignant de lombalgie (après un examen écartant des causes de douleur évidentes comme un cancer ou une infection), avec d'excellents résultats. Ces patients qui étaient candidats à des opérations chirurgicales voient, dit-il, leur douleur disparaître rapidement dès qu’ils sont convaincus que leurs symptômes ne sont pas dus à des problèmes structurels - ce qui n'est pas facile à accepter surtout quand un chirurgien vous montre des altérations sur une radio ou un IRM (John Sarno vous dira que ces altérations sont présentes chez tout le monde, y compris ceux qui ne souffrent pas).

Ni massage, ni ostéo, ni kiné, ni chirurgie : reprendre une vie normale

John Sarno a écrit plusieurs livres sur le sujet. Des dizaines de milliers d'Américains, dont des personnalités de premier plan (Howard Stern, John Stossel, le sénateur Tom Harkin, etc…) lui sont reconnaissants d’avoir pu en finir avec des douleurs tenaces, parfois immédiatement après avoir lu l’un de ses livres, souvent quelques semaines seulement après. Au point que le journal américain Forbes a dit à propos de ces guérisons "miraculeuses" que John Sarno est vraiment « le meilleur médecin américain. »

Lire : Le meilleur antidouleur, c'est votre cerveau, par John Sarno (un extrait ICI  >>)

John Sarno conseillait de prendre rendez-vous avec les médecins qu'il a formés (la plupart exercent aux USA), ou simplement lire (et relire) ses livres, éventuellement faire appel à un psychologue. Et surtout, reprendre une activité physique normale, sans recourir aux massages, au kiné, à l’ostéopathe et bien sûr au chirurgien. Ces préconisations sont aujourd'hui largement reprises par les spécialistes du dos, même s'ls considèrent que John Sarno a surestimé le rôle des émotions et de la psychologie dans la douleur dorsale.

Une approche résolument éloignée de celle qui a cours en France. Environ 40 000 salariés français ont bénéficié en 2014 d’une indemnisation au titre d’un trouble musculo-squelettique pour un coût de près d’un milliard d’euros, auxquels il faut ajouter les coûts indirects liés à l’absentéisme. Selon l’Assurance-maladie, les troubles musculo-squelettiques ont fait perdre à l’économie française 10 millions de journées de travail, soit 45 000 équivalents-temps plein. 

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