L'arthrose, maladie des articulations, démarre aussi dans l'intestin. Quel rôle le microbiote joue-t-il dans cette pathologie ? Comment y remédier grâce aux probiotiques, prébiotiques ou à l'alimentation ?
Peut-on soulager la douleur avec la même efficacité que l’aspirine, en prenant simplement des plantes ? Les « aspirines végétales » occasionnent-elles moins d’effets indésirables que leur cousine médicament ? Réponse dans ce dossier.
L’aspirine est un médicament universellement connu. C’est l’un des médicaments les plus utilisés. Antalgique, antipyrétique, antiagrégant plaquettaire, anti-inflammatoire, c’est le médicament à tout faire. Cependant, comme tous les anti-inflammatoires non-stéroïdiens, elle provoque à la longue des effets indésirables sur le système digestif. D’où la vogue de substances naturelles supposées efficaces et moins toxiques. LaNutrition.fr a enquêté sur leurs effets réels et leur efficacité.
Il y a plusieurs millénaires, les Sumériens utilisaient les feuilles de saule comme antidouleur. Hippocrate (env. 460-377 av. J.-C. ) préconisait, pour soulager la fièvre, une décoction d'écorce de saule blanc (Salix alba). D’autres plantes avec des vertus médicinales comparables à celle du saule ont été découvertes par la suite : la reine des prés (Filipendula ulmaria) à la Renaissance et la gaulthérie (Gaultheria procumbens) dont l’huile essentielle est un anti-inflammatoire très puissant.
L’utilisation de ces plantes se fera de manière empirique jusqu’au XIXe siècle, époque à laquelle démarrèrent les premières études scientifiques sur les extraits de plante. L’objectif est alors d’identifier puis d’isoler les principes actifs et les obtenir à l’état pur.
Les travaux de nombreux chimistes aboutissent à l’isolement de plusieurs salicylés (la salicine dans le saule, l’aldéhyde salicylique dans la reine des prés, le salycilate de méthyle dans la gaultherie) et à leur transformation en acide salicylique.
Une vingtaine de plantes ont été répertoriées pour leur teneur en salicylés (1). L’une des plantes les plus étudiées à ce jour est le saule blanc (en anglais : willow, partie active : l’écorce).
Parmi la vingtaine de plantes connues pour leur teneur en salicylés, la reine des prés (nom anglais : meadowsweet, partie active : les fleurs) et la gaultherie (nom anglais : wintergreen, partie active : les feuilles) ont la particularité d’être très complètes dans leur composition (2). Elles renferment :
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Plante |
Salicylés |
Partie |
Concentration (ppm) |
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|---|---|---|---|---|
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basse |
haute |
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Salix alba L. Saule blanc |
Salicine |
écorce |
42 000 25 000 |
110 000 |
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Filipendula ulmaria L. Reine-des-prés |
Salycilate de méthyle |
HE |
15 000 |
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Salicylaldéhyde |
HE |
700 000 |
750 000 |
|
|
HE de la fleur |
748 000 |
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Acide salicylique |
Tige |
16 |
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Ester méthylique de l’acide salicylique |
HE de la fleur |
13 000 |
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Gaultheria procumbens L. |
Salicylate de méthyle |
feuille |
5 445 |
7 920 |
|
gaultherine |
feuille |
1 450 |
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Gaultheria fragrantissima WALL |
Salicylate de méthyle |
pousse |
1 150 |
11 890 |
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Betula lenta L. Bouleau |
Salicylate de méthyle |
Ecorce |
2 231 |
5 988 |
|
Glycyrrhiza glabra L. Réglisse |
Acide salicylique |
Rhizome |
567 |
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L’acide salicylique est agressif pour l’estomac et l’intestin et son goût amer pose problème. C’est alors qu’on a synthétisé le salicylate de sodium. Son goût est légèrement moins amer que celui de l’acide salicylique toutefois les effets secondaires gastro-intestinaux subsistent. Il fallait donc un autre dérivé salicylé avec un goût convenable et qui ne provoque pas d’irritations gastriques. C’est ce qui fut obtenu avec l’acide acétylsalicylique synthétisé par Félix Hoffmann en 1897 (réaction de synthèse totale qui a permis d’obtenir l’acide acétylsalicylique à l’état pur). Cette molécule sera brevetée en 1899 sous le nom d’aspirine par la firme Bayer et commercialisée en 1900.
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L’acide salicylique issu du métabolisme de la salicine est indéniablement efficace contre la douleur notamment dans les rhumatismes. La Commission E (Allemagne) et l’ESCOP (European Scientific Cooperative on Phytotherapy) reconnaissent l’efficacité de l’écorce de saule pour faire baisser la fièvre, soulager les douleurs rhumatismales ainsi que le mal de tête. L’écorce de saule renferme principalement de la salicine qui est métabolisée en acide salicylique. Elle renferme aussi des flavonoïdes qui ont également des vertus anti-inflammatoires (3).
La dose active généralement suggérée est de 240 mg de salicine par jour. Le principal métabolite, l’acide salicylique représente 86 % des salicylates totaux. Le pic de concentration en acide salicylique dans le sérum (obtenu environ 2 h après l’ingestion) est de l’ordre de 1,2 mg /L, une valeur équivalente est obtenue avec la prise de 87 mg d’aspirine. La dose efficace en salicylés du saule est donc bien inférieure à celle de l’aspirine qui elle, doit être administrée à raison de 1 300 à 2 600 mg/jour ! (4)
L'écorce de saule blanc peut être prise sous forme de décocté : mettez deux cuillers à café d'écorce dans 1/2 litre d'eau, portez à ébullition, laissez bouiller 5 minutes. À consommer au cours de la journée, de préférence avant les repas. Il existe aussi de l'écorce de saule sous forme de compléments (voir tableau pour les doses utilisées dans les essais cliniques).
L’écorce de Salix alba de saveur très amère contient des traces de glucoside de saligénol. D’autres espèces, notamment Salix purpurea L. et Salix fragilis L. contiennent un taux élevé de salicoside 3 à 7 % et 1 à 3 % respectivement.
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Étude |
Participants |
Traitements |
Durée |
Conclusions |
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1996 Mills Étude croisée |
82 personnes ayant des douleurs arthritiques chroniques |
Extrait de saule (240 mg salicine/j) versus placebo |
2 mois |
Faible effet analgésique |
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2000 Schmid Essai randomisé double aveugle |
78 personnes souffrant d’arthrose |
Extrait d’écorce de saule (240 mg salicine/j) versus placebo |
2 semaines |
Diminution de 14 % de la douleur dans le ge traité. Augmentation de la douleur dans le gpe placebo. Faible effet analgésique significatif. |
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2000 Chrubasik Essai randomisé double aveugle |
191 personnes ayant des douleurs lombaires chroniques |
Extrait d’écorce de saule 240 mg/j (gpe 1), 120 mg/j (gpe 2), placebo (possibilité de prendre du tramadol, un analgésique) |
4 semaines |
39 % des patients ne ressentaient plus aucune douleur dans le gpe 1 contre 21 % dans le gpe 2 et 6 % dans le gpe placebo. Gpe 1 : effet significatif ressenti au bout d’une semaine. 1 réaction allergique sévère |
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2001 Chrubasik Étude ouverte, non randomisée |
451 personnes ayant des douleurs lombaires chroniques |
Extrait d’écorce de saule 240 mg/j (gpe 1), 120 mg/j (gpe 2), traitement classique AINS (possibilité de prendre un AINS en complément) |
4 semaines |
40 % des patients ne ressentaient plus aucune douleur dans le gpe 1 contre 19 % dans le gpe 2 et 18 % dans le gpe AINS.
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2001 Chrubasik Essai contrôlé randomisé |
228 personnes ayant des douleurs lombaires |
Extrait d’écorce de saule (240 mg/j) versus rofecoxib (Vioxx®, inhibiteur de la COX2) 12,5 mg/j |
4 semaines |
L’extrait de saule est aussi efficace contre les douleurs que le Vioxx * (le Vioxx a été retiré du marché en sept 2004, car augmentation du risque cardiovasculaire) |
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2004 Biegert Essai randomisé double aveugle |
-127 personnes souffrant d’arthrose -26 personnes souffrant d’arthrite |
- Extrait d’écorce de saule (240 mg/j) vs diclofenac (100mg/j) vs placebo - Extrait d’écorce de saule (240 mg/j) vs placebo |
6 semaines |
Résultats non significatifs Efficacité de l’extrait de saule non démontrée. |
*Remarque pour l'étude avec le Vioxx : des effets indésirables ont été répertoriés dans chacun des groupes (23 dans le groupe extrait de l’écorce de saule contre 27 dans le groupe Vioxx). Effets gastro-intestinaux : 13 dans le groupe extrait de saule, 17 dans le groupe Vioxx. Ces effets semblaient plus sévères dans le groupe Vioxx (1 cas d’ulcère et 1 cas de saignement gastrointestinal) si bien que 9 personnes ont abandonné l’étude contre 4 dans le groupe saule. Il y a eu 5 cas d’allergie cutanée dans le groupe saule et un cas d’asthme dans le groupe Vioxx (voir tableau).
(Source AFSSAPS)
Pendant 70 ans, les médecins ont eu recours à l’aspirine sans que les mécanismes d’action des salicylés ni ceux de l’aspirine ne soient connus. Il a fallu attendre 1971 pour trouver la première explication cohérente du mode d'action de l'aspirine (cette découverte valut à son auteur, le Britannique John Vane, le Prix Nobel de médecine en 1982) et par conséquent de celui des salicylés.
Les salicylés inhibent la synthèse des prostaglandines inflammatoires en bloquant une enzyme appelée cyclooxygénase (COX-2). Les cyclooxygénases (COX1 et COX2) sont des enzymes clé de la cascade métabolique de l’acide arachidonique qu’elles transforment en prostaglandines et en thromboxanes. Ces prostaglandines sont des médiateurs de l’inflammation, de la douleur et de la fièvre.
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La COX-1 est active en permanence (on dit qu’elle est constitutive). On trouve cette enzyme principalement dans les plaquettes, au niveau des cellules de la muqueuse gastrique, des cellules nerveuses et dans les tubules rénaux.
La COX-2 est dite « inductible » car elle ne s’active que lors de l’inflammation. On la trouve préférentiellement dans les cellules de l’inflammation et dans celles des articulations.
D’autres enzymes fondamentales génèrent des substances inflammatoires, notamment les thromboxanes et les leucotriènes qui sont impliqués dans diverses pathologies, en particulier l’asthme. Les salicylés et l’aspirine n’ont pas d’effet significatif sur les lipooxygénases (LOX).
Les salicylés agissent selon trois modes d’action
- L’acide salicylique à dose thérapeutique (10-5 à 10-4 mol/L, bloque la transcription du gène qui code pour la COX-2 (5).
- L’acide salicylique à dose élevée (>5mmol/L), inhibe l’activation de NF-ĸB, qui est un facteur de transcription, c'est-à-dire une protéine nécessaire à l’initiation de la transcription de certains gènes. NF-ĸB active des gènes de la réaction inflammatoire (entre autres). Sous sa forme inactive, NF-ĸB est retenu dans le cytoplasme par une protéine, IĸB. Lorsqu’il y a inflammation, IĸB est dégradée et NF-ĸB peut gagner le noyau cellulaire et se lier à la région promotrice de gènes impliqués dans l’inflammation. En 1998, des chercheurs ont montré que l’acide salicylique, c’est-à-dire l’aspirine dé-acétylée, empêche la dégradation de IĸB. NF-ĸB reste par conséquent dans le cytoplasme où il ne peut pas enclencher la réaction inflammatoire (6)
- L’aspirine, en plus, inhibe les cyclooxygénases (COX1 et COX2) par acétylation.
L'aspirine est absorbée par la muqueuse gastrique ou par la paroi intestinale. Les molécules passent dans le sang, puis obligatoirement dans le foie, avant d'être distribuées à tout l'organisme et éliminées ensuite par les urines.
L’aspirine est métabolisée en deux étapes. La phase I est une hydrolyse de la liaison ester qui libère l'acide salicylique et l'acide acétique. La phase II ne concerne que l'acide salicylique qui est glycoconjugué dans le foie, puis éliminé dans les urines.
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La demi-vie de l'aspirine est de 20 minutes. Elle est très rapidement métabolisée en acide salycilique dont la demi-vie varie de 2 à 30 heures selon sa concentration (7, 8). Le principal métabolite urinaire est l’acide salicylurique (80 %). On retrouve également de l’acide salicylique inchangé (5 %).
Nous avons vu que l’aspirine est rapidement métabolisée en acide salicylique. L’acide salicylique ne peut pas bloquer directement l’activité de l’enzyme, mais l’aspirine le fait. Voici l’explication : l’aspirine agit comme un donneur de groupe acétyle. Le groupe acétyle se fixe sur un acide sérine des cyclooxygénases ce qui produit une inhibition irréversible des enzymes (l’acide arachidonique ne peut plus se fixer à l’enzyme) d’où une inhibition de la synthèse des prostaglandines inflammatoires. L’aspirine a une plus forte affinité pour la COX-1 que pour la COX-2 (le site actif de la COX-2 étant de plus grande taille et plus flexible que celui de la COX-1) (9). Pour obtenir une action sur la COX-2, il faut utiliser de plus fortes doses d’aspirine.
En dessous de la dose pharmacologique active, l’extrait d’écorce de saule ne provoque aucun effet indésirable au niveau de la muqueuse gastrique comparativement à l’acide acétylsalicylique. De même, son pouvoir antiagrégant est nettement inférieur (10). Ce qui signifie cependant qu’à la dose efficace, on peut voir apparaître des effets indésirables (douleurs digestives), qui ne sont pas expliqués par les mécanismes d’action connus. Pour ces raisons, les autorités sanitaires des États-Unis mettent en garde contre les irritations de l’estomac avec ces substances. Elles sont fortement déconseillées dans les ulcères, pendant la grossesse et chez l’enfant.
De son côté, l’aspirine entraîne des effets indésirables bien documentés :
En conclusion, les plantes riches en salicylates sont efficaces sur les douleurs mais il faut les utiliser avec les mêmes précautions que celles qui sont recommandées pour l’aspirine.
On trouve dans la nature différentes plantes intéressantes contre les douleurs articulaires.

Harpagophytum procumbens, aussi appelé "griffe du diable", est une plante herbacée vivace dont la racine est traditionnellement employée en Afrique contre différentes affections : fièvre, douleurs, troubles gastriques. Dans Le guide pratique des compléments alimentaires, Brigitte Karleskind explique que "l'une des premières expérimentations cliniques fut effectuée vers 1958 à Iéna sur des patients souffrant de douleurs rhumatismales. Mais ce sont les études cliniques publiées entre 1979 et 1984 qui mettront vraiment en lumière son intérêt, révélant qu'elle exerce une action anti-inflammatoire sur l'inflammation chronique et une action analgésique intéressante, notamment pour le traitement de pathologies rhumatismales chroniques."
La racine d'Harpagophytum contient des molécules, les harpagosides, auxquels ont attribue les propriétés anti-inflammaoires, antioxydantes et antirhumatismales de la plante.
En France, une étude réalisée par les laboratoires Arkopharma a montré que l'Harpagophytum pouvait réduire la demande en analgésiques et en AINS (anti-inflammatoires non-stéroïdiens) chez les personnes souffrant d'arthrose du genou ou de la hanche (11). Il serait même aussi efficace qu'un médicament de référence, la diacérhéine.
Un essai clinique iranien récent a comparé l'efficacité de l'harpagophytum à celle d'un AINS, le meloxicam, chez 60 patients âgés de 40 à 60 ans et souffrant d'arthrose du genou. Un groupe a pris deux tablettes d'Harpagophytum (deux fois 480 mg) par jour pendant un mois (12). Les autres ont reçu dix jours de traitement avec le médicament. La douleur, la raideur des articulations et leur fonctionnement ont été évaluées au bout de deux, quatre et huit semaines. Résultats : il n'y avait pas de différence significative entre les deux groupes, ce qui signifie que l'harpagophytum était aussi efficace que le médicament. Il pourrait donc servir de traitement alternatif.
Attention, il existe des contre-indications à l'utilisation de l'Harpagophytum. Demandez conseil à votre pharmacien.
Le curcuma est une épice traditionnellement utilisée contre les rhumatismes, en raison de ses propriétés anti-inflammatoires. Le rhizome de curcuma apporte de nombreux curcuminoïdes, dont le principal est la curcumine.

En 2021, des chercheurs australiens ont regroupé 16 essais cliniques concernant l'utilisation de l'extrait de curcuma dans le cadre de l'arthrose du genou. En tout, ces études incluaient plus de 1800 patients (13). Les chercheurs ont trouvé que les extraits de curcuma réduisaient de manière significative la douleur au genou, les effets sur la fonction physique de l'articulation étaient supérieurs à ceux d'un placebo et similaires à ceux d'un AINS, avec moins d'effets secondaires. Les auteurs en concluent : "L'extrait de curcuma est une option sûre et efficace pour la gestion symptomatique de l'arthrose du genou, par rapport au placebo ou aux AINS. Cependant, les preuves actuelles issues d'études à court terme sont hétérogènes et présentent un risque modéré de biais, ce qui entraîne une certaine incertitude quant à l'effet réel."
Dans Le guide pratique des compléments alimentaires, Brigitte Karleskind conseille 500 mg d'extrait de curcuma, deux fois par jour. En raison de sa faible absorption intestinale, le curcuma est souvent associé à d'autres substances, comme la pipérine, afin d'accroître la biodisponilité de la curcumine.
Pour une tisane anti-inflammatoire, vous pouvez choisir un mélange de plantes associant par exemple :
Utilisez quatre cuillers à soupe dans un litre d'eau. Portez à ébullition puis arrêter de chauffer et laissez infuser 5 à 10 minutes. À consommer dans la journée.
Différentes huiles essentielles sont préconisées en aromathérapie pour soulager les douleurs musculo-squelettiques : laurier noble, menthe poivrée, gaulthérie, hélichryse italienne, eucalyptus citronné... Certaines ont fait l’objet d’études scientifiques.
Le gingembre Zingiber officinale est intéressant pour une application locale. Ses composés, le 6-gingérol et le 6-shogaol, présentent des effets anti-inflammatoires intéressants contre le mal de dos (14). Le gingembre est analgésique car il module la douleur par différents mécanismes : en inhibant des prostaglandines, mais aussi grâce à ses molécules qui interagissent avec des récepteurs sensoriels de la douleur, les nocicepteurs vanilloïdes (15). Un essai clinique randomisé contrôlé a étudié les effets d’un massage suédois avec une huile contenant de l’huile essentielle de gingembre. Comparé à un massage thaï sans cette huile essentielle, il était plus efficace pour soulager la douleur de personnes âgées souffrant de lombalgie (16).
D’autres huiles essentielles appliquées en massage ont fait leurs preuves : la rose de Damas qui réduit les douleurs du dos chez des femmes enceintes (17), la camomille (18)…
La combinaison des huiles essentielles de menthe poivrée et de gaulthérie est souvent utilisée pour soulager les douleurs du dos (19). L’huile de gaulthérie contient du salicylate de méthyle, un composé proche de la molécule de l’aspirine. Lorsqu’elle est appliquée sur la peau, l’huile de gaulthérie a des propriétés analgésiques, mais en raison de ses caractéristiques proches de celles de l’aspirine, il faut tenir compte de potentiels effets secondaires. La combinaison d’huile de gaulthérie et d’huile de menthe poivrée permet de potentialiser les effets individuels de chaque huile, d’utiliser des doses plus faibles de chacune, et donc de limiter les éventuels effets secondaires.
Mal de dos, douleurs des règles ou douleurs dentaires, voyons quelles solutions et produits naturels sont envisageables en urgence.
En aromathérapie, l'huile essentielle de gaulthérie (Wintergreen) est connue pour ses propriétés antirhumatismales, anti-inflammatoires et analgésiques. Ses principes actifs sont les salicylates de méthyle. L'huile essentielle de gaulthérie ne doit être utilisée qu'en application externe, et diluée dans une huile végétale car elle est dermocaustique. Attention elle est contre-indiquée chez les femmes enceintes et les enfants. Demandez conseil à un professionnel de santé.

Contre les douleurs musculaires, vous pouvez préparer vous-même votre huile de massage en incorporant 6 à 10 % d’huile essentielle dans une huile (noisette, macadamia, calophylle, ou un macérat huileux d’arnica, millepertuis…). Par exemple, pour un flacon de 60 mL d’huile de massage, versez environ 20 mL d’huile et ajoutez 4 à 6 mL d’huiles essentielles de votre choix (gaulthérie, menthe poivrée, laurier…), mélangez, et complétez le flacon d’huile jusqu’à 60 mL. Massez plusieurs fois par jour la zone douloureuse en appliquant quelques gouttes de ce mélange.
Si vous n’avez pas le temps de préparer une huile de massage, déposez deux gouttes d’huile essentielle sur la zone à masser et appliquez l’huile sur la zone douloureuse.
Avant d'utiliser une huile essentielle, vous pouvez faire un test d'allergie avec deux gouttes dans le creux du coude.
Contre les douleurs de règles, plusieurs possibilités :
Les douleurs dentaires nécessitent une consultation chez le dentiste. Dans l'attente, vous pouvez recourir à des remèdes naturels, comme :
Les meilleurs livres des éditions Thierry Souccar sélectionnés par la rédaction.
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Pour agir à la fois sur la douleur et la mobilité articulaire en cas d’arthrose, vous pouvez faire appel à des associations de plantes. Efficaces, elles n’ont pas les effets indésirables des médicaments. Détails.
Qu'il s'agisse de prévenir les problèmes articulaires si vous êtes en bonne santé ou de diminuer les douleurs si vous souffrez d'arthrose, voici 13 conseils issus de la recherche.