Un régime imitant le jeûne améliore l’efficacité du traitement contre le cancer du sein

Par Suzanne Lovell Publié le 07/08/2020 Mis à jour le 07/08/2020
Actualité

Selon une nouvelle étude parue dans la revue Nature, un régime alimentaire imitant le jeûne pourrait contribuer à rendre l’hormonothérapie plus efficace dans la lutte contre le cancer du sein.
 

Pourquoi c’est important

Une hormonothérapie ou une chimiothérapie sont des traitements lourds et difficiles à supporter. Tout ce qui peut contrer leurs effets secondaires ou améliorer leur efficacité est donc intéressant pour les patients. Plusieurs études sur le jeûne indiquent qu'il pourrait être utile, sauf qu'il est contrindiqué chez des personnes déjà malades et affaiblies. L'alternative c'est une alimentation qui a les mêmes effets métaboliques que le jeûne tout en permettant des apports caloriques minimaux.

Plusieurs études indiquent que cette stratégie peut être utile, en complément des traitements.

Environ 80% de tous les cancers du sein expriment des récepteurs aux œstrogènes et /ou à la progestérone. Les formes d'hormonothérapie les plus courantes pour ce type de cancer agissent en empêchant les hormones de se fixer aux récepteurs des cellules cancéreuses ou en diminuant la production d'hormones du corps. Or les bénéfices à long terme sont souvent entravés par la résistance au traitement.

À lire aussi : Quelle alimentation pour les femmes atteintes de cancer du sein ?

Une nouvelle étude

Publiée dans la revue Nature, elle assure pour sa part que suivre une alimentation à base de plantes et pauvre en calories, aide à lutter contre le cancer du sein. Ce régime imitant le jeûne (Fasting mimicking diet, FMD), pratiqué par cycles de 5 jours par mois et composé de soupes, de bouillons, de liquides et de thé, affamerait les tumeurs et améliorerait l’efficacité des thérapies hormonales. 

En menant des expériences sur des souris, les chercheurs de l’université de Californie du Sud ont découvert que ce régime  parvenait à freiner la production de facteurs de croissance stimulants du cancer, tels que le taux d’insuline sanguin, d’IGF1 et le taux de leptine.

Par ailleurs, ces effets augmentaient l’efficacité des médicaments hormonaux contre les tumeurs, en particulier le Tamoxifène et le Fulvestrant, et réduisaient la résistance à ces traitements.

Les données suggèrent également que, chez la souris, ce régime semble prévenir l'hyperplasie de l'endomètre (la muqueuse de l'utérus devient anormalement épaisse) induite par le Tamoxifène , effet secondaire fréquemment associé à ce médicament. 

Les chercheurs ont également effectué des expériences sur 36 femmes, traitées par hormonothérapie, en leur faisant suivre ce régime. Les changements métaboliques étaient similaires à ceux observés chez la souris. 
Bien que ces résultats soient prometteurs, des études doivent encore être réalisées à plus grande échelle pour les confirmer.

En pratique

Les pratiques du jeûne ou d’un régime qui imite le jeûne, comme celui de cette étude, sont encore étudiées à titre expérimental. Il est donc trop tôt pour les préconiser. Dans tous les cas, il faut impérativement être suivi par un professionnel de santé.

Pour aller plus loin, lire : Dépistage du cancer du sein, la grande illusion

Références
  1. Caffa, I., Spagnolo, V., Vernieri, C. et al. Fasting-mimicking diet and hormone therapy induce breast cancer regression. Nature 583, 620–624 (2020). https://doi.org/10.1038/s41586-020-2502-7
    RPublished 15 July 2020, Issue Date23 July 2020

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