COVID-19 : doit-on blâmer la chauve-souris… ou l’homme ?

Par Juliette Pouyat Publié le 24/03/2020 Mis à jour le 25/03/2020
Actualité

Le nouveau coronavirus provient vraisemblablement de la chauve-souris mais les activités humaines joueraient un rôle tristement déterminant dans son transfert à l’homme et la pandémie que nous connaissons.

Les chauves-souris sont une source possible du nouveau coronavirus mais, selon certains scientifiques, elles ne sont pas responsables du transfert du virus à l’homme. Il est possible que l’homme, par ses activités, doive prendre sa part de responsabilités dans la pandémie que nous traversons et qui contraint aujourd’hui une grande partie de la population mondiale à rester confinée. Les scientifiques pensent en effet que les comportements humains - notamment la destruction des habitats naturels d’animaux et les déplacements rapides à travers le monde - ont permis à des maladies autrefois enfermées dans la nature de se propager rapidement aux humains.

Comme un virus hébergé par les chauve-souris peut-il rendre l’homme malade?

Des scientifiques comme Andrew Cunningham, professeur d’Epidémiologie de la faune sauvage à la Zoological Society de Londres. pensent que le nouveau coronavirus, le COVID-19, provient de la chauve-souris même s’ils ne l’ont pas encore prouvé. Ils ont en effet trouvé chez les chauves-souris des virus extrêmement similaires au COVID-19.

Les chauves-souris sont les seuls mammifères qui peuvent voler : elles peuvent donc se répandre sur une vaste zone à partir d’une seule communauté. Elles hébergent également un grand nombre d'agents pathogènes. Voler constitue pour les chauve-souris une activité intense, qui leur permet notamment d’aller chercher de la nourriture mais qui est également caractérisée par une hausse de température qui imite la fièvre.  Leur système immunitaire est donc devenu très spécialisé.

Les agents pathogènes qui ont évolué chez les chauves-souris peuvent donc résister aux pics de température corporelle (donc à la fièvre) : selon les chercheurs, cela pose un problème potentiel lorsque ces maladies se trouvent ensuite dans une autre espèce. Chez l'homme, par exemple, la fièvre est un mécanisme de défense conçu pour tuer un virus. Or, les virus hébergés par la chauve-souris peuvent résister à de hautes températures, ce qui rend caduques les effets de la fièvre.

Comment le virus a-t-il pu passer à l’homme ?

C’est le phénomène de débordement zoonotique, souvent causé par le comportement humain, qui permet la transmission d’agents pathogènes entre un animal et l’homme.

Lorsqu'une chauve-souris est stressée (par exemple en étant chassée ou en ayant son habitat endommagé par la déforestation), son système immunitaire est mis à l'épreuve et a plus de mal à faire face aux agents pathogènes. C’est comme si le stress permettait aux virus présents chez la chauve-souris de s’exprimer.

L’homme détruit les habitats des animaux, mais augmente également leurs déplacements à une échelle inédite. Les espèces se retrouvent mélangées, c’est le cas sur le marché de Wuhan d'où est partie l'épidémie de Covid-19. Des animaux sauvages y sont en effet détenus en captivité et vendus, de nombreuses espèces s’y côtoient ce qui favorise le « mélange » de virus. En étant plus stressés, les animaux présents sur les marchés sont également plus sensibles aux infections, la chauve-souris a donc pu infecter une autre espèce, qui elle-même a infecté l’homme : c’est ainsi que commence la contamination inter-espèce.

À cela, il faut ajouter le déplacement très rapide des personnes - grâce à tous les moyens de transport - qui constitue un facteur de propagation d’une épidémie à grande échelle, et nous amène aujourd'hui à une pandémie.  

Changer de comportement pour se protéger à l'avenir

Pour les scientifiques, les chauves-souris ne sont pas à blâmer. C’est la façon dont l’homme interagit avec les animaux et leur milieu naturel qui a conduit à la propagation pandémique du pathogène. Apprendre à mieux connaître le système immunitaire des chauves-souris peut fournir des indices importants et nous apprendre à combattre les agents pathogènes lorsqu’ils se propagent aux hommes.

Mais au final, ne serait-il pas plus facile de changer le comportement de l’homme vis-à-vis de son environnement plutôt que de se lancer dans une course coûteuse au vaccin à chaque épidémie ?

Selon les scientifiques en tout cas, ce nouveau coronavirus constitue peut-être un signe clair et incontestable que les dommages causés par l’homme à son environnement peuvent tuer.

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