Atkins : la solution au diabète ?

Par Elvire Nérin Publié le 25/11/2011 Mis à jour le 10/03/2017
Article

5 études témoignent d’améliorations spectaculaires de la glycémie chez les diabétiques de type 2 avec le régime Atkins. Comparé aux régimes pauvres en lipides et riches en glucides, le régime Atkins influence systématiquement la glycémie de manière plus favorable.

Le régime Atkins est basé sur une forte réduction des glucides. Dans la première phase, phase de démarrage, seuls 20 g de glucides sont autorisés par jour (dont 12 à 15 g doivent provenir des légumes non féculents) puis on augmente progressivement l’apport glucidique jusqu’à atteindre son poids cible et son niveau individuel de tolérance aux glucides. Le régime Atkins permet donc de manger une grande variété d’aliments, seuls les sucres et glucides raffinés sont visés.

Le régime Atkins serait-il la solution au diabète ? C’est ce qu’affirme le Dr Westman, professeur agrégé de médecine à l’université Duke (Caroline du Nord) et auteur d’une étude sur le traitement nutritionnel du diabète de type 2 publiée dans Nutrition & Metabolism en 2008 : « le régime Atkins offre aux diabétiques de type 2 un meilleur contrôle de la glycémie assorti d’une perte de poids. Après avoir suivi le régime Atkins pendant quelques semaines, les diabétiques de type 2 ne souffrent plus que rarement d’hypoglycémies car leur organisme s’est habitué à brûler principalement des graisses pour produire de l’énergie et peuvent réduire voire arrêter la prise de la plupart des médicaments antidiabétiques y compris l’insuline. »

Qu’en disent les études ? Avec celle du Dr Westman, en tout cinq publications traitent de cette question.

Deux études menées en milieu hospitalier

  • Dans le cadre d’une étude pionnière menée il y a trente ans, 7 personnes obèses atteintes d’un diabète de type 2 ont été soumises à un régime cétogène très pauvre en calories [1]. Initialement, et bien que prenant déjà 30 à 100 unités d’insuline par jour, ces personnes présentaient une glycémie allant de « correcte » à « mauvaise ». Or, au bout de 20 jours de régime pauvre en glucides, tous les 7 purent cesser leurs injections d’insuline tandis que leurs taux de glucose sanguin et leurs profils lipidiques continuaient de s’améliorer. Les auteurs ont noté que l’amélioration de la glycémie était beaucoup plus rapide que leur perte de poids, ce qui indique que, bien plus que l’obésité, l’élément-clé du contrôle de leur glycémie et de leurs besoins en insuline était leur consommation de glucides.
  • Dans une autre étude menée en 2005 : 10 personnes atteintes d’un diabète de type 2 ont suivi 7 jours durant leur régime alimentaire habituel, puis pendant 14 jours un régime pauvre en glucides (identique à la phase de démarrage du régime Atkins) qui n’autorisait que 20 g de glucides par jour [2]. Dans les deux cas, les personnes étaient autorisées à manger autant qu’elles le souhaitaient, de sorte que le seul changement survenu à la fin de la première semaine consistait en l’élimination de la plupart des aliments glucidiques. Les chercheurs ont constaté qu’après avoir commencé le régime pauvre en glucides, les personnes continuaient à manger environ la même quantité de protéines et de lipides qu’auparavant, y compris au bout de deux semaines de restriction glucidique – alors qu’elles avaient la possibilité de manger plus si elles le souhaitaient. Autrement dit, les personnes consommaient naturellement moins de calories lorsque leur apport en glucides était limité. Par ailleurs, les chercheurs ont observé une perte de poids et une amélioration des taux de glucose sanguin et d’insuline. Une grande partie d’entre elles ont pu cesser de prendre leurs médicaments et ont vu leur sensibilité à l’insuline s’améliorer de 75 % en moyenne.

Trois études menées en ambulatoire

  • Une récente étude menée sur 79 patients a comparé pendant 3 mois un régime pauvre en glucides et un régime pauvre en lipides impliquant un contrôle des portions absorbées [3]. Au bout de ces 3 mois, les sujets du premier groupe déclaraient consommer 110 g de glucides par jour (ce qui correspond au niveau supérieur de la phase de stabilisation définitive du régime Atkins). Comparés aux sujets du groupe « pauvre en lipides », ils présentaient des améliorations supérieures en termes de contrôle du glucose sanguin, de poids, de cholestérol, de triglycérides et de tension artérielle. En outre, les personnes du groupe « pauvre en glucides » étaient plus nombreuses à avoir pu réduire leurs médicaments que dans le groupe « pauvre en lipides ».
  • Une autre étude très récente (celle du Dr Westman) a comparé sur une période de 6 mois la phase de démarrage d’Atkins (avec une consommation de 20 g de glucides par jour) et un régime hypocalorique (500 calories de moins que le niveau de consommation quotidienne précédent, nourriture pauvre en graisses et en sucres mais riche en glucides complexes)[4]. Des améliorations de la glycémie et des pertes de poids supérieures ont été constatées dans le groupe « phase de démarrage d’Atkins ». Mais l’aspect le plus intéressant de cette étude est que parmi les personnes qui prenaient de l’insuline, beaucoup ont constaté que le régime pauvre en glucides avait des effets bénéfiques très puissants. Celles qui prenaient entre 40 et 90 unités d’insuline avant de participer à l’étude ont été en mesure de cesser complètement les prises tout en contrôlant mieux leur glycémie. Ces résultats sont comparables à ceux des études menées en milieu hospitalier citées ci-dessus.
  • Enfin, une étude koweïtienne portant sur une alimentation à faible teneur en glucides a été menée sur 35 personnes présentant initialement une glycémie élevée [5]. La glycémie moyenne de ce groupe est revenue à la normale en 8 semaines de régime pauvre en glucides et, au bout de 56 semaines, la glycémie à jeun moyenne du groupe avait été réduite de 44 %.

Conclusion

Ces cinq études, chacune avec ses paramètres propres, témoignent d’améliorations spectaculaires des taux de glucose et de lipides sanguins chez des diabétiques de type 2 consommant des aliments à faible teneur en glucides. Les études comprenant un groupe de comparaison ayant suivi un régime pauvre en lipides et riche en glucides montrent que le régime pauvre en glucides entraîne systématiquement des effets supérieurs sur le contrôle de la glycémie, les lipides sanguins et la perte de poids, et permet de réduire davantage la consommation de médicaments.

A se procurer : Le nouveau régime Atkins (Dr E Westman, S Phinney et J Volek) (un extrait ICI  >>)

[1] B. R. Bistrian, G. L. Blackburn, J. P. Flatt, J. Sizer, N. S. Scrimshaw, M. Sherman : « Nitrogen Metabolism and Insulin Requirements in Obese Diabetic Adults on a Protein-Sparing Modified Fast ». Diabetes 25 (1976), 494–504.

[2]G. Boden, K. Sargrad, C. Homko, M. Mozzoli, T. P. Stein : « Effect of a Low-Carbohydrate Diet on Appetite, Blood Glucose Levels, and Insulin Resistance in Obese Patients with type 2 Diabetes ». Annals of Internal Médicine 142 (2005), 403–411.

[3]M. E. Daly, R. Paisey, R. Paisey, B. A. Millward, C. Eccles, K. Williams, et al. : « Short-Term Effects of Severe Dietary Carbohydrate-Restriction Advice in type 2 Diabetes—A Randomized Controlled Trial ». Diabetic Medicine 23 (2006), 15–20.

[4] E. C. Westman, W. S. Yancy, Jr., J. C. Mavropoulos, M. Marquart, J. R. McDuffie : « The Effect of a Low-Carbohydrate, Ketogenic Diet Versus a Low-Glycemic Index Diet on Glycemic Control in type 2 Diabetes Mellitus ». Nutrition & Metabolism (London) 5 (2008), 36.

[5] H. M. Dashti, N. S. Al-Zaid, T. C. Mathew, M. Al-Mousawi, H. Talib, S. K. Asfar, et al. : « Long Term Effects of Ketogenic Diet in Obese Subjects with High Cholesterol Level ». Molecular and Cellular Biochemistry 286 (2006), 1–9.

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