Thyroïde : la TSH est-elle un bon indicateur de l'hypothyroïdie ?

Par Lanutrition.fr Publié le 19/06/2015 Mis à jour le 10/03/2017
Article

Le diagnostic d’hypothyroïdie se fait habituellement sur la base du dosage de la TSH et l'hormone T4 dans le sang. Le Dr Benoît Claeys, auteur d’En finir avec l’hypothyroïdie pense que ce seul dosage est insuffisant.

La TSH, qu’est-ce que c’est ?

L’hypophyse, une glande située à la face inférieure du cerveau, sécrète des hormones appelées stimulines, notamment en réponse à des neuro-hormones envoyées par l’hypothalamus. L’une d’elles, la thyréostimuline, stimule la glande thyroïde. On l’appelle TSH, pour Thyroid-Stimulating Hormone.
La TSH commande la fonction thyroïdienne. Sous son influence, la thyroïde relâche dans la circulation sanguine deux hormones : la T3 et la T4.

Le dosage de la TSH reste LE critère pour déterminer un dérèglement de la fonction thyroïdienne. Un taux trop élevé de TSH est le signe d’un manque de T4 dans le sang (en cas de baisse de T4 dans le sang, l’hypophyse sécrétant davantage de TSH pour stimuler la glande.

Le Dr Benoît Claeys (Waterloo, Belgique), qui soigne depuis plus de 10 ans des patients souffrant d'hypothyroïdie, pense qu'il ne faut pas se fier au dosage de la TSH pour initier ou corriger un traitement. 

L’avis du Dr Claeys sur le dosage de la TSH

« Dans ma pratique, je constate qu’un grand nombre de patients présentent tous les signes d’une hypothyroïdie alors que leurs valeurs de TSH sont normales. À cela deux raisons possibles :

  • soit les normes ne sont pas bonnes,
  • soit la TSH n’est pas toujours un bon indicateur de la fonction thyroïdienne.

Personnellement je pense que la TSH n’est pas un bon indicateur, aussi le débat sur les normes, même s'il est justifié, est secondaire pour moi.
Si la plupart des médecins pensent que le dosage de la TSH seul permet de poser un diagnostic d’hypothyroïdie, je crois en revanche que c’est absurde dans bien des cas. On peut passer à côté du problème. L’une des raisons principales est que le taux de TSH ne varie pas seulement en fonction du taux de T4 dans le sang mais également en fonction de nombreux autres facteurs dont il faudra tenir compte avant d’interpréter les résultats des dosages. »

Les facteurs qui influencent le taux de TSH

Les facteurs qui abaissent le taux de TSH Les facteurs qui augmentent le taux de TSH Les facteurs susceptibles d’augmenter ou de diminuer les taux de TSH en fonction des situations
Le jeûne L’âge Le rythme jour-nuit et les saisons
Les régimes à basses calories Le stress L’insuffisance rénale
La malnutrition La privation de sommeil Le cancer et l’infarctus du myocarde
L’exercice intense et de longue durée   L’alcoolisme chronique
L’état dépressif   Les statines (médicaments anti-cholestérol)
L’anxiété   Les contraceptifs œstro-progestatifs et les progestatifs
Le diabète   Les antidépresseurs
Le syndrome post-traumatique   Le glutamate de sodium (exhausteur de goût)
Un traitement par des hormones thyroïdiennes   Les antihistaminiques
    La grossesse

 

Le problème des normes

" Jusqu’en 2002, les valeurs de TSH dites « normales » étaient comprises entre 0,5 et 5,5 mUl/L. Dans ses recommandations de 2002, la National Academy of Clinical Biochemistry (États-Unis) a revu ces valeurs de référence à la baisse avec une nouvelle limite supérieure fixée à 2,5 mUI/L. Le problème c’est que l’immense majorité des médecins se réfèrent aux anciennes normes, et qu’en Europe, la plupart des laboratoires d’analyse également. Conclusion : certaines personnes seront diagnostiquées et traitées tandis que les autres présentant pourtant les mêmes taux se verront dire que tout va bien.

Autre point problématique : chez certaines personnes hypothyroïdiennes, le taux de TSH sanguin ne s’élève pas, voire même reste bas, à cause de différents facteurs. L’examen clinique reste donc indispensable au diagnostic. Les médecins traitent des personnes et non pas des résultats de laboratoire."

Les informations données par le taux de TSH

"Le taux de TSH n’est pas toujours un bon indicateur car il n’est pas fiable à 100 % bien au contraire. Toutefois on ne peut pas nier que le taux de TSH est porteur d’informations
De très nombreuses études scientifiques ont montré une corrélation entre le taux de TSH et l’hypothyroïdie : plus le taux de TSH dans le sang augmente, plus le risque de développer des signes d’insuffisance thyroïdienne et les maladies qui en découlent est élevé.
Le taux moyen de la TSH au niveau d’une population est de 1,3 -1,5 mUI/L.
Plusieurs études épidémiologiques ont démontré que l’on a un risque significativement plus élevé de mourir précocement de maladies chroniques lorsque la TSH est supérieure à 1,3 mUI/L.
Pour la T3 et la T4, c’est l’inverse : plus les valeurs de T3 libre et de T4 libre sont (modérément) élevées, moins le risque de maladie semble élevé."

Le précédent Broda Otto Barnes
Le Dr Broda Otto Barnes (1906-1988), de l'Université du Colorado, a consacré sa carrière à l’étude de l’hypothyroïdie. Selon lui, 40% de la population américaine présente un dysfonctionnement de la thyroïde, et le seul dosage de la TSH est insuffisant pour les identifier. Barnes préconisait un examen clinique, un interrogatoire sur le passé médical du patient et la prise de la température 10 minutes sous l'aisselle au réveil. Il considérait qu'une température de 36,6° ou moins signait une hypothyroïdie. L'hypothyroïdie expose à un risque d'infections par déficit immunitaire, elle se traduit chez la femme par des irrégularités menstruelles, des fausses couches et une infertilité. Sur la base de rapports d'autopsie, Barnes avait établi un lien entre l'hypothyroïdie et les maladies cardiovasculaires, ainsi qu'avec les maladies vasculaires chez le diabétique.

Un livre à lire si votre thyroïde fonctionne au ralenti : En finir avec l'hypothyroïdie (Feuilleter le livre ICI >>)

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