Cancer du sein : vaut-il mieux être une lève-tôt ou une couche-tard ?

Par Julien Hernandez Publié le 28/06/2019 Mis à jour le 01/07/2019
Actualité

Une étude récente a observé un lien possible de cause à effet entre durée du sommeil, le fait d'être du matin ou du soir et risque de cancer du sein.

Pourquoi c’est important

Le cancer du sein est toujours celui qui touche et tue le plus de femmes. Il est donc important de constamment améliorer l’efficacité des traitements mais également de savoir comment le prévenir. Pour cela, on dispose déjà de données concernant l'alimentation, l'activité physique et la gestion du stress.

Récemment, des chercheurs viennent peut-être d’identifier un nouveau facteur de risque du cancer du sein avec lien potentiel de causalité : le sommeil. Détails.

L’étude

Cette étude a été motivée par l'accumulation de données antérieures telles que le classement du travail de nuit comme cancérigène probable par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2007, et des méta-analyses de faible qualité portant sur durée de sommeil et risque de cancer du sein ayant donné des résultats mitigés. Les scientifiques ont conduit ce qu’on nomme une randomisation mendélienne : un type d’étude qui se concentre sur la variation des gènes à fonction connue. Les résultats sont ainsi très peu sensibles aux facteurs de confusion ou à des causalités renversées.

Les  chercheurs ont suivi plus de 180 000 femmes recrutées grâce aux données de la biobanque britannique. Ces participantes avaient été préalablement sélectionnées à l’aide de questionnaires et de contrôles génétiques. 7784 de ces personnes ont développé un cancer du sein au cours de l’étude. Résultats : même si le cancer a forcément plusieurs causes,  ne pas être du matin et dormir beaucoup (19% de risque en plus par heure de sommeil au-delà de 7 heures) jouent un rôle dans l’apparition du cancer du sein. Au contraire, être du matin serait légèrement protecteur et les insomnies n'auraient pas d'effets.

Enfin, il faut savoir que ce n'est pas la première étude à identifier un tel lien mais la première à le faire à l'aide d'une randomisation mendélienne. En septembre 2018, une étude de l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) affirmait elle aussi que "Des perturbations du rythme circadien (rythme de 24 h contrôlé par une horloge biologique interne) pourraient être la cause de l’augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes qui travaillent de nuit. Tout comme elles sont incriminées dans les effets avérés ou suspectés du travail de nuit dans les troubles du sommeil et de l’humeur, le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires, ou dans l’apparition d’autres cancers comme ceux de la prostate."

Lire aussi : Ce qu'on peut faire après un cancer du sein pour éviter les récidives (abonnés)

En pratique

Pour prévenir le cancer du sein : 

  • Adoptez une alimentation peu transformée, équilibrée et variée afin d’éviter un surpoids ou une obésité à terme.
  • Pratiquez une activité physique plus ou moins intense et régulière.
  • Évitez les cancérigènes classiques tels que le tabac et l’alcool.
  • Apprenez à gérer votre stress grâce à la méditation par exemple.
  • Si vous n’êtes pas du matin, essayez de travailler sur votre horloge circadienne (en vous levant légèrement plus tôt chaque matin, progressivement). Vous pourrez y trouver des bénéfices multiples comme plus de temps pour faire les choses et une meilleure forme dans la journée. 

Lire aussi : Cancer du sein : 4 exercices de yoga bénéfiques et Cancer du sein : les aliments protecteurs, ceux à éviter

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