Cystite : les solutions naturelles qui marchent

Par Lanutrition.fr Publié le 15/11/2016 Mis à jour le 05/04/2017
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La canneberge est souvent citée comme efficace pour prévenir la cystite. Les études donnent des résultats partagés. Et il existe d'autres moyens de se protéger de cette infection courante.

La canneberge (cranberry en anglais) est une petite baie rouge qui sert notamment à faire des jus de fruits. Elle est connue pour avoir des propriétés antioxydantes, antibactériennes, mais aussi antivirales. Elle est très utilisée contre les cystites. La cystite est une infection bactérienne courante de l’appareil urinaire qui se manifeste par des douleurs, une sensation de brûlure lors de la miction et un besoin fréquent d’uriner. Le traitement antibiotique permet de tuer les bactéries, mais les résistances aux antibiotiques de plus en plus fréquentes poussent à chercher des alternatives.

Lire : De la cranberry pour combattre les virus 

La canneberge et son jus sont souvent présentées comme une bonne solution naturelle pour prévenir et soulager les infections urinaires chez les femmes. Mais les études à ce sujet donnent parfois des résultats contradictoires. La canneberge est-elle vraiment efficace contre les infections urinaires ? Existe-t-il d’autres solutions naturelles contre la cystite ?

Aucune utilité chez les femmes âgées

Les femmes âgées sont particulièrement à risque de cystite. C’est pourquoi des chercheurs de Yale ont mené un essai clinique randomisé, en double aveugle, contre placebo, pour étudier l’efficacité des canneberges dans le traitement des infections urinaires chez 185 femmes de plus de 65 ans. Leur âge moyen était 86 ans. Certaines avaient des traces de bactéries ou de pus dans l’urine, signes d’une infection urinaire.

Les femmes ont pris soit deux capsules par jour contenant 36 mg de proanthocyanidine (le principe actif de la canneberge) soit un placebo. 72 mg correspondant à la quantité trouvée dans 600 mL de jus de canneberge. 147 femmes ont terminé l’étude.

Résultats : les chercheurs n’ont trouvé aucune preuve que la canneberge apportait un soulagement significatif chez celles qui avaient des signes d’infection urinaire. Le nombre d’infections développées sur une année ne diminuait pas avec la canneberge (10 épisodes infectieux chez les femmes traitées, 12 chez les témoins). Il n’y avait pas non plus de différence significative dans la présence de bactéries et de pus entre le groupe traité (29,1 %) et le groupe témoin (29,0 %) sur une année.

Efficacité chez des femmes jeunes et en cas de récidives

Dans une autre étude, des chercheurs des Pays-Bas ont décidé de comparer l’efficacité de la canneberge à celle des antibiotiques. Ils ont suivi, pendant un an, 221 femmes non ménopausées et qui étaient sujettes à des cystites récurrentes. La moitié d’entre elles a reçu un mélange d’antibiotiques, le traitement de référence le plus efficace et l’autre moitié a reçu des gélules de canneberge : 500 mg deux fois par jour.

Résultat : après un an, les chercheurs constatent que la canneberge est légèrement moins efficace que les antibiotiques mais ils constatent aussi une différence de taille : 90 % des bactéries responsables des infections urinaires sont devenues résistantes aux antibiotiques dans le groupe qui en prenait. Cet effet n’est pas observé chez les femmes qui ont pris la canneberge.  Les chercheurs concluent que les antibiotiques sont plus efficaces que la canneberge mais au détriment de la résistance bactérienne.

Une revue de 2008 du groupe Cochrane avait quant à elle conclu que la canneberge était efficace pour éviter les récidives de cystites chez les femmes.

Lire : Une bactérie du poulet provoquerait les infections urinaires

Une autre piste : alcaliniser les urines

Plus l’urine est acide, plus les bactéries responsables des infections urinaires se développent, ce qui augmente le risque de cystite. Une étude parue dans Journal of Biological Chemistry suggère que des traitements ou aliments qui réduisent l’acidité de l’urine sont envisageables pour venir à bout de ces infections récidivantes.

Dans cet article, des chercheurs de la Washington University School of Medicine de Saint Louis ont voulu savoir comment l’organisme pouvait combattre naturellement ces infections urinaires. Pour cela, ils ont réalisé des cultures de la bactérie E. coli dans des échantillons d’urines provenant de volontaires en bonne santé. Ils ont divisé les échantillons urinaires en deux groupes, en fonction de leur capacité à permettre ou à stopper la croissance bactérienne.

Dans les échantillons qui stoppaient la croissance des bactéries, les chercheurs ont observé une meilleure activité d’une protéine que l’organisme fabrique naturellement en réponse à l’infection : la sidérocaline. A l’inverse, dans les échantillons qui favorisaient la croissance bactérienne, la sidérocaline était moins active. La sidérocaline est une protéine ayant une activité antibactérienne car elle prive la bactérie du fer dont elle a besoin pour croître. Lors des infections urinaires à Escherichia coli, les cellules de l’appareil urinaire libèrent la sidérocaline.

Pour en savoir plus sur l'équilibre acide-base, lire Le guide de l'équilibre acide-base (lire un extrait ICI  >>)

Les chercheurs se sont demandé quels facteurs rendaient la sidérocaline plus efficace. Ils se sont aperçu que l’âge et le sexe n’étaient pas des facteurs majeurs. En revanche, le pH semblait jouer un rôle, mais il ne serait pas le seul : l’alimentation aurait aussi son mot à dire. En effet, dans l’intestin, certaines bactéries intestinales convertissent des molécules issues de l’alimentation en petites molécules aromatiques « déchets » (aryle), qui sont excrétées dans l’urine. Les échantillons urinaires qui avaient moins de bactéries contenaient plus de composés aromatiques.

Pour aller plus loin sur les infections :  Infections, le traitement de la dernière chance

Sources

Juthani-Mehta M, Van Ness PH, Bianco L, Rink A, Rubeck S, Ginter S, Argraves S, Charpentier P, Acampora D, Trentalange M, Quagliarello V, Peduzzi P. Effect of Cranberry Capsules on Bacteriuria Plus Pyuria Among Older Women in Nursing Homes: A Randomized Clinical Trial. JAMA. 2016 Nov 8;316(18):1879-1887. doi: 10.1001/jama.2016.16141.

Beerepoot MA, ter Riet G, Nys S, van der Wal WM, de Borgie CA, de Reijke TM, Prins JM, Koeijers J, Verbon A, Stobberingh E, Geerlings SE. Cranberries vs antibiotics to prevent urinary tract infections: a randomized double-blind noninferiority trial in premenopausal women. Arch Intern Med. 2011 Jul 25;171(14):1270-8.

Shields-Cutler RR, Crowley JR, Hung CS, Stapleton AE, Aldrich CC, Marschall J, Henderson JP. Human Urinary Composition Controls Antibacterial Activity of Siderocalin. J Biol Chem. 2015 Jun 26;290(26):15949-60. doi: 10.1074/jbc.M115.645812.

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