Prévention Alzheimer : il ne faut pas manquer de vitamines

Par Lanutrition.fr Publié le 12/02/2016 Mis à jour le 10/03/2017
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De nouvelles études montrent qu’il est possible de prévenir les démences. Au coeur de la prévention : l'alimentation et certaines vitamines.

En France, 900 000 personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer et 225.000 nouveaux cas sont détectés chaque année. De nouvelles études montrent qu'on pourrait éviter Alzheimer en prêtant attention à 

De moins en moins de démences

Une analyse parue en 2016 dans New England Journal of Medicine montre que la fréquence des nouveaux cas de démence a diminué au cours des dernières décennies. Dans cet article, les auteurs ont étudié 5.205 personnes de plus de 60 ans provenant de l’étude Framingham (Framingham Heart Study). En majorité, les participants étaient d’origine européenne.

Les chercheurs de la faculté de médecine de l’université de Boston et de l’unité Inserm 1219/école de santé publique de Bordeaux ont observé une diminution progressive de l’incidence de la démence à tout âge. Cette diminution était la plus importante pour les démences dues aux maladies vasculaires (post-AVC). Les taux de démences étaient de 3,6 pour 100 personnes pour la première époque (fin des années 70-début des années 80), 2,8 pour 100 personnes pour la deuxième époque (fin des années 80 et début des années 90), 2,2 pour 100 personnes pour la troisième (fin des années 90 et début des années 2000) et 2,0 pour 100 personnes (fin des années 2000 et début des années 2010). De plus, la diminution de la fréquence des démences était observé chez les personnes ayant au moins un niveau d’études secondaires.

Ces résultats suggèrent qu’il est possible de réduire le nombre de démences, notamment en réduisant le risque cardiovasculaire. Carole Dufouil, directrice de recherche à Bordeaux, explique dans un communiqué de presse de l’Inserm : « La prévention primaire et secondaire et une meilleure prise en charge des maladies cardiovasculaires/AVC et de leurs facteurs de risque pourraient ouvrir de nouvelles perspectives à la fois dans leur rôle dans l’étiologie des démences et pour revoir à la baisse les projections actuelles quant au poids de la démence dans les prochaines décennies. »

Des facteurs de risques évitables et bien connus

Dans une étude parue dans le Journal of Neurology Neurosurgery & Psychiatry, des chercheurs rapportent que 9 facteurs de risque potentiellement modifiables pourraient contribuer jusqu’à deux tiers des cas de maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont réalisé une méta-analyse afin de déterminer l’effet de différents facteurs de risque modifiables sur la maladie d’Alzheimer. Ils ont retenu 323 publications couvrant 93 facteurs de risque. 

La présence de certaines maladies peut selon les cas augmenter ou diminuer le risque de développer une démence. Par exemple, les facteurs associés à un risque accru de maladie d’Alzheimer sont la fragilité (état de santé général médiocre), l'athérosclérose carotidienne, l’hypertension, une pression artérielle diastolique basse, le diabète de type 2. Enfin, un faible niveau d’éducation et un indice de masse corporelle élevé à la quarantaine sont également des facteurs de risque de développer une démence.

Les chercheurs ont ensuite cherché à évaluer la contribution des neuf principaux facteurs de risque au développement de la maladie, soit l’obésité, le rétrécissement de l’artère carotide, le faible niveau d’instruction, la dépression, la fragilité, l’hypertension artérielle, le tabagisme, des niveaux élevés d’homocystéine, le diabète de type 2. Résultats : ces facteurs de risque potentiellement modifiables (pour beaucoup d'entre eux par l'alimentation) pourraient expliquer les 2/3 des cas de maladie d’Alzheimer.

Ils ont mis en évidence que certains médicaments – notamment ceux permettant de diminuer la pression artérielle et les anti-inflammatoires non stéroïdiens –, ou les œstrogènes permettraient de prévenir la maladie d’Alzheimer. De la même façon, des apports élevés en certaines vitamines (vitamine B9 ou folates, vitamines E ou C) ou encore la consommation de café sont associés à une diminution du risque de maladie d’Alzheimer. Par exemple, des apports élevés en folates diminueraient de 49 % le risque de maladie d’Alzheimer en faisant baisser le taux d'homocystéine. Le stress oxydant joue certainement un rôle dans le développement de la maladie d’Alzheimer, expliquant l’intérêt porté aux antioxydants pour prévenir la maladie. Les chercheurs ont noté que des apports élevés en vitamine C ou en vitamine E pouvaient diminuer d’environ 26 % le risque de maladie d’Alzheimer. En ce qui concerne les habitudes alimentaires, une consommation plus fréquente de poisson et un régime méditerranéen permettent de réduire le risque de démence.

Une alimentation anti-Alzheimer

Suivre un régime méditerranéen prévient le risque de maladies cardiovasculaires, mais aussi celui de démences comme Alzheimer. Dans un article paru dans Epidemiology, des chercheurs de l’université d’Exeter en Angleterre ont voulu mener la première revue de littérature sur la relation entre régime méditerranéen et risque de démences. Dans 9 études sur 12, le régime méditerranéen était associé à une meilleure fonction cognitive, moins de déclin cognitif et un risque réduit de maladie d’Alzheimer. Cependant, il n’y avait pas de résultats significatifs concernant les troubles cognitifs légers.

Lire : Le régime méditerranéen améliore les performances cognitives 

Par rapport au régime occidental classique, un régime méditerranéen a pour particularités d’apporter des niveaux élevés d'acides gras oméga-9 (’huile d’olive), oméga-3 (poissons, noix, plantes), de polyphénols et antioxydants, vitamines et minéraux (légumes frais et secs, fruits frais et secs, aromates, vin rouge), de terpènes (aromates), de saponines et alcaloïdes (tomates, aubergines...). Il inclut modérément viandes et produits laitiers (surtout fromages de petits ruminants).

Récemment, de nouvelles recommandations nutritionnelles ont été émises pour prévenir le risque d’Alzheimer. En insistant sur la consommation de fruits, légumes, produits riches en oméga-3 comme les huiles de poisson, elles suggèrent qu’un régime méditerranéen est adapté pour prévenir cette maladie.

Lire : De nouvelles recommandations pour prévenir Alzheimer 

De la vitamine D

Dans une synthèse d’études scientifiques parue dans le Nutrition Journal, des scientifiques rapportent que les personnes ayant le moins de vitamine D ont un risque plus grand de développer la maladie d’Alzheimer ou une démence par rapport aux personnes qui ne présentent pas de déficit en cette vitamine.

Dans cette étude, les chercheurs ont évalué l’association entre le déficit en vitamine D et le risque de développer la maladie d’Alzheimer ou une démence. Ils ont pour cela réalisé une synthèse des études scientifiques menées sur ce sujet. Les résultats montrent que les personnes présentant un déficit en vitamine D – défini par un taux de 25-hydroxy-vitamine D inférieur à 50 nmol/L – ont 21 % de risque en plus de développer la maladie d’Alzheimer par rapport aux personnes ayant un niveau de 25-hydroxy-vitamine D supérieur à 50 nmol/L. Le risque de démence est également augmenté chez les personnes qui manquent de vitamine D.

Cette étude suggère qu’un faible statut en vitamine D est associé à un risque accru de maladie d’Alzheimer et de démence. La vitamine D peut être apportée par l'alimentation ou par des compléments alimentaires. Elle est aussi fabriquée lorsqu'on prend le soleil aux beaux jours.

Lecture conseillée : Le régime cétogène contre la maladie d'Alzheimer, du Dr Serrand (lire un extrait ICI >>)

Sources

Satizabal CL, Beiser AS, Chouraki V, Chêne G, Dufouil C, Seshadri S. Incidence of Dementia over Three Decades in the Framingham Heart Study. N Engl J Med. 2016 Feb 11;374(6):523-32. doi: 10.1056/NEJMoa1504327.

Wei Xu, Lan Tan, Hui-Fu Wang, Teng Jiang, Meng-Shan Tan, Lin Tan, Qing-Fei Zhao, Jie-Qiong Li, Jun Wang, Jin-Tai Yu. Meta-analysis of modifiable risk factors for Alzheimer's disease. Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry, 2015; jnnp-2015-310548 DOI: 10.1136/jnnp-2015-310548

Lourida I, Soni M, Thompson-Coon J, Purandare N, Lang IA, Ukoumunne OC, Llewellyn DJ. Mediterranean diet, cognitive function, and dementia: a systematic review. Epidemiology. 2013 Jul;24(4):479-89.

Shen L, Ji HF. Vitamin D deficiency is associated with increased risk of Alzheimer's disease and dementia: evidence from meta-analysis. Nutr J. 2015 Aug 1;14(1):76. doi: 10.1186/s12937-015-0063-7.

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