"À l'écoute du ventre" : on a regardé le documentaire de Netflix

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Netflix propose sur sa plateforme un documentaire qui met en lumière le rôle du microbiote intestinal dans la santé. Notre avis.

À l’écoute du ventre est un documentaire américain, d’une durée d’environ 1h20, qui expose les rôles du microbiote intestinal dans notre santé. Sont proposés des témoignages de chercheurs et médecins, mais aussi des volontaires qui ont bénéficié d’une analyse de leur microbiote intestinal car ils avaient tous un problème avec la nourriture. Parmi ces « cobayes » se trouvaient :

  • Maya, une pâtissière, ancienne anorexique devenue orthorexique, qui s’interdit de nombreux aliments ;
  • Kimmie, une maman en situation d’obésité qui a testé de nombreux régimes ;
  • Kobi, un « mangeur professionnel » japonais, qui a concouru dans des compétitions où il faut avaler le plus de hotdogs possible.

Parmi les experts qui interviennent dans le reportage, il y a Giulia, une jeune médecin travaillant dans un service d’endoscopie, qui elle-même avait des problèmes pour digérer les produits laitiers. 

Le message global du documentaire est que le système digestif et le microbiote influencent de nombreux aspects de notre santé – poids et humeur notamment – et qu’il est possible d’agir sur ses bactéries de manière simple grâce à son alimentation.

Ce qu’on a aimé

Le documentaire est adapté aux personnes qui ignorent tout du microbiote, mais aussi à celles qui s’y intéressent déjà. Les notions de base sur le système digestif sont décrites, tout en abordant des sujets plus complexes, comme le lien entre le microbiote et l’inflammation ou des recherches récentes sur les microbiomes humains. Le documentaire fait également une démonstration convaincante du lien entre microbiote et obésité.

Lire : Le French Gut : un don de selles peut faire avancer la science !

Les conseils prodigués dans le reportage concernent surtout la consommation de fibres et la diversité des fruits et légumes, qui doivent être favorisés pour alimenter les bonnes bactéries du microbiote. Pour Giulia, « Le changement de régime ne doit pas se faire trop rapidement, quand on a supprimé les fibres depuis longtemps il faut les réintroduire progressivement pour éviter les problèmes de digestion. »

Les aliments ultra-transformés, qui représentent environ 60 % des aliments consommés aux États-Unis, sont désignés comme coupables de l’appauvrissement du microbiote. Le discours du reportage rejoint ce que nous disons sur lanutrition.fr : il faut bien lire les étiquettes car parfois les emballages sont trompeurs !

Le thème de la faim et du plaisir de manger est aussi traité par l’exemple de Kobi qui ne ressent plus la satiété. Ses analyses microbiologiques démontrent que, malgré les concours où il se gave, ses bactéries ne se portent pas si mal, car il compense par une alimentation japonaise. Il semble que son cerveau se soit adapté à ces compétitions pour lui éviter des sensations « normales ». Comme Maya, il doit réapprendre à ressentir les signaux de son corps et retrouver le plaisir de manger.

Une séquence intéressante concerne la question de la transplantation fécale, un sujet qui peut paraître rebutant. Aux États-Unis, c’est la première bactériothérapie approuvée par la FDA, dans un cadre très particulier ; elle peut se faire en absorbant des gélules contenant du microbiote fécal. D’après les scientifiques, elle pourrait être utilisée pour des dizaines de maladies, mais cette science est à ses débuts, et n’est pas dépourvue de risques car de « mauvaises bactéries » peuvent être transférées en même temps que les bonnes. 

Lire aussi : Autisme : un espoir avec la transplantation fécale ?

Au final, l’alimentation apparaît comme le moyen le plus sûr de modifier son microbiote, d’autant plus que beaucoup de souches probiotiques, comme les lactobacilles des produits laitiers, ne restent pas dans l’organisme à long terme. 

Ce qu’on a moins aimé

Le documentaire est plus adapté au public américain, dont l'alimentation est particulièrement pauvre en fruits et légumes.

Nous avons été surpris de voir que, lors de sa rééducation alimentaire, Maya se réhabitue à manger des chips… Était-ce vraiment nécessaire ?

De la même façon, le reportage la montre en train de préparer un smoothie avec une grande variété de légumes (voir bande-annonce ci-dessus), mais le résultat ne semble pas très appétissant. Elle en convient d’elle-même : « ça a un goût de médicament ! » Peut-être était-il possible de se réhabituer à manger de nouveaux aliments sous une forme solide et avec un meilleur goût, sans suggérer l'idée au public que les légumes, ce n'est décidément pas bon... 

Pour aller plus loin, lire : Super microbiote

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