Cancer du sein : les raisons de ne pas manquer de vitamine D

Par Julien Hernandez - Journaliste scientifique Publié le 04/07/2018 Mis à jour le 14/06/2021
Actualité

La vitamine D pourrait jouer un rôle anticancer. Plusieurs études incitent à conserver un taux sanguin suffisamment élevé. Explications.

Pourquoi c’est important

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes. Trouver de nouvelles solutions pour réduire le risque de ce cancer ou améliorer la survie des patientes est donc d’une grande importance. On sait par exemple que l'alimentation joue un rôle essentiel : privilégier les fruits et légumes et limiter les aliments inflammatoires aident à prévenir la maladie et choisir les bons glucides pourrait influencer la trajectoire des cancers du sein après le diagnostic. 

La vitamine D pourrait également jouer un rôle dans la prévention du cancer du sein et dans la survie à long terme après le diagnostic. Les études menées jusqu'ici laissent apparaitre qu'il est important de ne pas être en déficit et qu'une supplémentation peut s'avérer nécessaire pour atteindre des niveaux suffisants en vitamine D. 

Les études

En prévention

Dans une étude parue dans la revue Public Library of science, des scientifiques ont découvert, sur une large population de femmes de plus de 55 ans, une association entre risque de cancer du sein et vitamine D. Autrement dit, plus les taux de vitamine D étaient élevés, plus le risque de cancer était bas.

En effet, les femmes ayant un taux de vitamine D inférieur à 20 ng/ml avait 82 % de risque de cancer en plus. Elles comptaient le plus de cas de cancer parmi les autres groupes. Les facteurs de confusion tel que l’indice de masse corporelle, le tabagisme, l’âge et la prise de suppléments de calcium ont été pris en compte. 

Cette étude vient confirmer les résultats d'autres études antérieures. (1) Maintenir un taux correct de vitamine D permettrait donc de se protéger du cancer du sein.

En complément des traitements

Les données indiquent également que la vitamine D permettrait d’améliorer les chances de survie des femmes malades. En effet, une méta-analyse a conclu que de hauts taux sanguins de vitamine D étaient associés à une meilleure survie des patientes ayant un cancer du sein. (2) L'un des auteurs de cette étude est Cédric Garland, qui, avec son frère, est un des premiers scientifiques à avoir analysé le lien entre vitamine D et cancer. Les femmes avec un bon taux de vitamine D ont, selon cette étude, 2 fois plus de chances de survie que celles ayant un taux faible.

Une étude dont les résultats ont été présentés en juin 2021 au Congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology confirme que les femmes qui ont un niveau de vitamine D suffisant au moment de leur diagnostic de cancer du sein -et qui le maintiennent pendant et après leur traitement - ont de meilleures chances de survie à long terme.

Dans cette étude, les concentrations de vitamine D de 4000 patientes ont été déterminées puis les participantes ont été séparées en trois groupes selon leur niveau sanguin de vitamine D : déficit de vitamine D (moins de 20 ng/ml), niveau insuffisant (20 à 29 ng/ml) et niveau suffisant (au moins 30 ng/ml). Les patientes ont été suivies pendant environ 10 ans.

Par rapport aux femmes ayant un déficit en vitamine D, celles avec un taux suffisant avaient 27% de risque en moins de décéder (toutes causes confondues) au cours des 10 années de suivi et 22% de risque en moins de décéder d’un cancer du sein. Les chercheurs ont constaté que ces résultats étaient similaires pour les tumeurs à ER (récepteurs œstrogènes) positives et négatives. L’association entre vitamine D et risque de décès était encore plus forte chez les patientes ayant un poids plus faible et chez celles diagnostiqués avec un cancer du sein plus avancé.

Les chercheurs soulignent également que les femmes noires ont les niveaux de vitamine D les plus faible ce qui pourrait expliquer selon eux qu’elles aient généralement un risque de décès plus élevé après un diagnostic de cancer du sein.

En pratique 

Pour information, dans le sang, on mesure la vitamine D sous la forme de 25(OH)D3. On utilise pour cela des nanogrammes par millilitres (ng/mL) ou des nanomoles par litre (nmol/L). On passe des ng/mL aux nmol/L en multipliant les premières par 2,5.

LaNutrition.fr conseille d'avoir un taux de vitamine D compris entre 30 et 45 ng/ml. Pour cela, veillez à vous exposer 20 à 30 minutes au soleil entre mars et septembre (attention la peau ne doit pas rougir !). En dehors de cette période, la prise d’un complément alimentaire est en général nécessaire en France.

On estime que le corps utilise 5000 UI de vitamine D3 par jour. Pour maintenir des taux de calcifédiol supérieurs à 30 ng/mL, il est nécessaire d’ingérer 1000 UI de vitamine D3 par jour (1 UI = 0,025 µg de calciférol ou encore 1 µg = 40 UI).

Enfin, il y a d’autres comportements qui peuvent réduire votre risque de développer un cancer du sein comme une bonne alimentation et une activité physique régulière. 

Lire aussi : Cancer et alimentation : tout ce qu'il faut savoir & Le sport : un allié de poids contre le cancer (abonnés)

Références
  1. P. Engel, G. Fagherazzi, S. Mesrine, M-C. Boutron-Ruault, F. Clavel-Chapelon; Joint effects of dietary vitamin D and sun exposure on breast cancer risk: results from the French E3N cohort. Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, published online ahead of print, doi:10.1158/1055-9965.EPI-10-1039.
  2. Mohr SB, Gorham ED, Kim J, Hofflich H, Garland CF. Meta-analysis of Vitamin D Sufficiency for Improving Survival of Patients with Breast Cancer. Anticancer Res. 2014 Mar;34(3):1163-6.

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