Contre la maladie du foie gras, moins de sucre et boissons sucrées

Par Marc Gomez Publié le 24/01/2019 Mis à jour le 24/01/2019
Actualité

Les enfants voient leurs graisses hépatiques diminuer significativement lorsqu’ils consomment peu de sucres.

Pourquoi c’est important

La « maladie du foie gras » (en anglais non alcoholic fatty liver disease ou NAFLD) est une infiltration du foie par les graisses liée au mode de vie (sédentarité, surpoids, obésité abdominale, résistance à l’insuline…). Dans sa forme sévère, appelée stéatohépatite non alcoolique ou NASH, elle s’accompagne de fibrose et peut conduire à la cirrhose et au cancer du foie.
On estime que 20 à 40% de la population des pays développés souffre de maladie du foie gras ; les enfants ne sont pas épargnés, surtout lorsqu’ils sont en surpoids, puisque 85% des enfants obèses seraient concernés (1). Or cette maladie est considérée comme la première étape vers le diabète de type 2 et il n’existe aucun traitement médicamenteux. Pourtant elle est réversible par des mesures visant à modifier le mode de vie.

Lire : Le régime NASH contre la maladie du foie gras

Ce que les chercheurs ont trouvé

L’excès de sucre, et notamment de fructose, est l’un des facteurs qui favorise la maladie du foie gras et la NASH. C’est la conclusion de nombreuses études d’observation et d’études expérimentales. 

Des chercheurs américains ont donc conduit un essai clinique de 8 semaines auprès de 40 enfants âgés de 11 à 16 ans souffrant de cette maladie, et qui consommaient avant l’étude au moins 3 verres (240 mL) de jus de fruits ou de sodas par semaine. Pour les besoins de l’étude, la moitié a suivi un régime alimentaire pauvre en sucres libres (moins de 3% des calories) avec notamment la consigne de ne boire ni soda, ni jus de fruit, l’autre moitié le régime alimentaire habituel de chacun (avec 11% des calories apportées par les sucres) (2).

L’étude a été en partie financée par l’association Nutrition Science Initiative, un groupe de recherche à but non lucratif, fondée par le journaliste scientifique Gary Taubes, auteur de Pourquoi on grossit.

Résultats : en 8 semaines, le niveau des graisses hépatiques a chuté de 31% chez les enfants qui suivaient le régime pauvre en sucres libres alors que chez les autres enfants il n’a quasiment pas bougé. Les enzymes hépatiques (transaminases et gamma-GT) qui reflètent les atteintes du foie étaient aussi significativement plus basses. Ces enfants du groupe d’intervention ont aussi perdu près d’un kilo et demi, alors que le poids des enfants de l’autre groupe augmentait.

Lire aussi : Le sucre, l’alcool des enfants ?

En pratique

Les changements alimentaires et l’exercice physique sont la première thérapie de la maladie du foie gras. Il faut réduire drastiquement les sucres alimentaires dans les aliments : glucose, fructose, saccharose. Donc éviter sodas, jus de fruits, boissons énergisantes, sucreries, aliments ultra-transformés.

Deux aides pour manger moins sucrés : Comment aider votre enfant à manger moins de sucre et P'tits déj' et goûters pauvres en sucres

Pour aller au-delà de la baisse documentée dans cette étude, un programme global, qui porte notamment sur la quantité et le type de glucides et l’exercice physique doit être mis en place.

Lire aussi : Ces aliments qui font de votre foie un « foie gras » et Comment réduire naturellement les graisses du foie 

Références

(1) Jimenez-Rivera C, Hadjiyannakis S, Davila J, et al. Prevalence and risk factors for non-alcoholic fatty liver in children and youth with obesity. BMC Pediatr. 2017;17(1):113. Published 2017 Apr 26. 
(2)  Schwimmer JB, Ugalde-Nicalo P, Welsh JA, et al. Effect of a Low Free Sugar Diet vs Usual Diet on Nonalcoholic Fatty Liver Disease in Adolescent Boys: A Randomized Clinical Trial. JAMA. 2019;321(3):256–265. 

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