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Actuellement, il n'existe pas de dépistage organisé pour le cancer du poumon en France. Mais des études pilotes sont en cours.
En France, le cancer du poumon cause 30 000 décès chaque année. C'est la première cause de décès par cancer chez les hommes et il progresse chez les femmes. Dans huit cas sur dix, le cancer du poumon est lié au tabagisme.
Le cancer du poumon peut rester longtemps asymptomatique. Or dans la moitié des cas, il est détecté à un stade métastatique, lorsque des symptômes apparaissent. C'est pourquoi les médecins s'interrogent sur la nécessité de dépister les populations à risque. « Actuellement, le dépistage du cancer du poumon s’effectue par un scanner thoracique à basse dose sans injection, suivi par un examen clinique en cas d’anomalie », explique la Pr Corinne Balleyguier, cheffe du département d’imagerie médicale de Gustave Roussy. « Le dépistage précoce de la maladie, qui permet la réalisation d’une chirurgie curative, est primordial si l’on souhaite augmenter les chances de guérison », dit-elle.
Des études ont déjà été réalisées dans d'autres pays, avec aux États-Unis l’étude NLST, qui portait sur plus de 53 000 patients (1). « Elle a démontré l’efficacité du dépistage par scanner à basse dose, avec une réduction de la mortalité de 20 % dans le groupe de patients ayant suivi cette méthode de dépistage, comparativement à la radiographie thoracique standard. En Europe, l’étude NELSON (2) dont les résultats ont été dévoilés en 2020, a montré une réduction de 24 % de la mortalité liée au cancer du poumon dans le groupe de patients ayant subi des dépistages annuels par scanner à basse dose », précise la Pr Corinne Balleyguier.
En France, des expérimentations sont en cours pour tester un programme de dépistage du cancer du poumon.
En 2022, la Haute autorité de santé (HAS) a encouragé le lancement d'expérimentations sur le territoire français, en vu d'un dépistage du cancer du poumon auprès de populations à risque.
En janvier 2025, l’institut Curie a lancé un essai pilote de dépistage pour évaluer la faisabilité d’un diagnostic précoce de ce cancer auprès d’une population à risque. Cette étude baptisée OPTI-DEPIST-MUT recrutera 500 participants en 18 mois en s’appuyant sur le réseau de la Mutualité Française. Une plateforme Internet permet aux personnes ciblées de vérifier leur éligibilité : âge entre 50 à 74 ans, fumeur(se) ou ancien(e) fumeur(se), résident(e) d’Île-de-France... Les personnes éligibles effectueront un scanner dans un délai de 4 semaines et bénéficieront de suivis à un an, trois ans et cinq ans. « À travers l’étude OPTI-DEPIST-MUT, portée par l’Institut Curie et l’Institut Mutualiste Montsouris, nous voulons montrer que, pour répondre à cet enjeu de santé public majeur, le déploiement et la mise en œuvre du dépistage organisé est possible », a déclaré le Pr Nicolas Girard, pneumologue, chef du département d’oncologie médicale de l’Institut Curie, coordinateur de l’étude OPTI-DEPIST-MUT.
Nous voulons montrer que le déploiement du dépistage organisé est possible
À Lyon, les hospices civils ont eux aussi lancé un programme de dépistage du cancer du poumon : ILYAD, piloté par l'INCA (institut national du cancer).
L'institut Gustave Roussy participe quant à lui à un essai européen, 4-IN-THE-LUNG-RUN.
L’examen de référence pour détecter le cancer du poumon est un scanner faible dose, mais des recherches visent à détecter dans le sang des biomarqueurs spécifiques du cancer du poumon.
En France, des chercheurs du CHU de Besançon ont contribué au dépôt d’une demande de brevet européen portant sur des biomarqueurs utilisables en biopsies liquides, spécifiques des cancers pulmonaires. Sur une simple prise de sang, l’emploi de ces biomarqueurs pourrait se faire dans le cadre du dépistage, du diagnostic ou du suivi des adénocarcinomes pulmonaires, avec des résultats hautement précis, explique le communiqué de l'université. "C'est plus rapide, plus pratique, moins contraignant aussi bien pour le patient que pour la collectivité. Lorsqu'on vous fait un scanner, on vous met dans une machine et on vous injecte un produit. Une prise de sang est faite en deux ou trois minutes et peut être réalisée n'importe où. Avec un scanner, il y a beaucoup plus de contraintes techniques" a expliqué le docteur Zohair Selmani, co-inventeur du test sanguin.
Pour le moment, les tests sanguins ne sont pas encore utilisés car des études de validation sont encore en cours. "Je suis en contact avec des industries pour fabriquer des kits d'utilisation et pourquoi pas les mettre a disposition des autres hôpitaux d'ici deux ou trois ans, en étant optimiste," affirmait le Dr Selmani en avril 2024 sur Ici.
Cette recherche de biomarqueurs n'est pas récente. En 2008 déjà, à la conférence de l'American Thoracic Society à Toronto, des chercheurs de l’université de Pennsylvanie ont présenté leurs résultats sur un test sanguin qu'ils avaient développé pour détecter le cancer du poumon aux premiers stades de son développement. « Ce test se base sur les signatures génétiques du cancer dans les cellules des globules blancs du patient plutôt que sur des marqueurs chimiques de la tumeur dans son sang », expliquait le Dr Anil Vachani, principal auteur de ces travaux. Pour vérifier la fiabilité de ce test, ces chercheurs ont recruté 44 patients atteints d'un cancer du poumon aux tout premiers stades qu’ils ont soumis à ce test sanguin. Résultat : le test permettait de détecter le cancer dans 87 % des cas. « En comparaison, un examen avec un scanner a permis de seulement détecter des nodules dans 20 à 60 % des sujets », soulignait le Dr Anil Vachani.
Avant l'apparition de symptômes, le cancer peut être découvert lors d’un bilan radiologique pour un autre motif. Les symptômes sont d'ordre respiratoire, mais ces symptômes ne sont pas spécifiques : ils peuvent signaler une autre maladie. Si les symptômes persistent, il faut consulter son médecin, notamment en cas de tabagisme en cours et même arrêté depuis longtemps, mais également chez toute personne non fumeuse.
D'après le site Internet de l'assurance-maladie, les symptômes et signes de cancer du poumon peuvent être les suivants :
Il peut aussi y avoir des symptômes non respiratoires : de la fatigue, des difficultés à avaler, une perte de poids involontaire, un œdème du cou et des paupières le matin au réveil...
En l'absence de diagnostic précoce de cancer du poumon, des métastases au niveau du cerveau, des os et du foie peuvent se développer et être responsables de symptômes (maux de tête, douleurs osseuses, jaunisse).
Le diagnostic du cancer du poumon commence par une consultation médicale où le médecin interroge son patient sur ses facteurs de risque (tabagisme principalement) et l’examine. Il prescrit alors des examens : une radiographie pulmonaire, un bilan sanguin pour vérifier le bon fonctionnement des principaux organes et un scanner thoracique, le plus souvent avec injection de produit de contraste. Mais seule la biopsie peut confirmer le diagnostic. D'autres examens complémentaires peuvent aussi être réalisés.
Le diagnostic du cancer du poumon doit être confirmé par l'analyse de fragments de tumeur prélevés par biopsie.
Le bilan réalisé permet de déterminer le type précis de cancer (cancer pulmonaire à petites cellules ou non à petites cellules), la taille de la tumeur et la présence de métastases, afin de décider du traitement à appliquer.
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