Prévenir et traiter les calculs rénaux

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Tout ce qu'il faut savoir sur la prévention et le traitement des calculs rénaux.

Sommaire

1
Les symptômes et le traitement des calculs rénaux
2
Comment prévenir les calculs rénaux
3
Les traitements naturels des calculs rénaux
1 Les symptômes et le traitement des calculs rénaux

Comment sont diagnostiqués les calculs rénaux ? Quels médicaments et quelles analyses sont prescrites ? Quels sont les personnes les plus à risque ?

Par Priscille Tremblais Publié le 06/10/2017 Mis à jour le 26/03/2018

Cristaux durs se formant dans les reins, les calculs rénaux peuvent entraîner de vives douleurs au niveau des reins mais aussi dans tout l’appareil urinaire (vessie, urètre ou uretères). De plus en plus de personnes, de femmes en particulier, souffrent de calculs rénaux. Pas étonnant quand on sait que l'obésité, la résistance à l'insuline ou les maladies gastro-intestinales, principaux facteurs augmentant le risque de calculs, sont, elles aussi, en augmentation dans les pays occidentaux.

Comment se diagnostiquent les calculs ?

Une douleur soudaine, sur le côté ou dans le dos, pouvant devenir insoutenable, intermittente ou continue, accompagnée plus ou moins de crampes abdominales, de sang dans les urines (ou au moins d'urines troubles), de fièvre est caractéristique de calculs en train de migrer vers les voies urinaires. Parfois, il arrive cependant que les calculs restent asymptomatiques. 
La première chose qui est recherchée en cas de suspicion de calculs rénaux est la présence de sang dans les urines via une analyse, et ce d'autant plus si le patient a de la fièvre. Une radiographie peut aussi être prescrite même si les calculs d'acide urique ne sont en général pas visibles par ce biais. Une échographie ou une tomodensitométrie des reins, elle, détecte tous les types de calculs et peut être nécessaire pour établir définitivement un diagnostic.

Chez 90% des personnes, les calculs, petits, sont évacués naturellement par les voies urinaires en quelques semaines. Il est nécessaire de boire beaucoup pour cela, 2 à 3 litres par jour, une fois les douleurs calmées par des analgésiques. Pour les calculs dont le diamètre dépasse 5-7 mm, ou dans certains cas (grossesse), le recours à un urologue peut être nécessaire, pour une intervention chirurgicale. L'intervention la plus commune est non invasive et s'appelle "lithotritie extracorporelle par ondes de choc" (destruction focalisée du calcul par l’action d’ondes de choc générées à distance).

Les traitements des calculs

Hydratation et médicaments antidouleur sont les maîtres-mots en cas de calculs. Des médicaments antispasmodiques peuvent aussi être prescrits afin de relâcher les muscles des uretères et faciliter l’évacuation des cristaux. Les personnes qui sont dans l’incapacité de boire (à cause de nausées ou vomissements par exemple) ou dont la pression artérielle est trop basse doivent être hydratées et traitées par voie intraveineuse. 
S’il existe des signes d’une infection urinaire, il est d’usage d’utiliser des antibiotiques à large spectre en première intention. 

En pratique, il s’agit de boire au moins 2 litres par jour (ou d’être hydraté par une solution saline en intraveineuse si incapacité à avaler et garder des liquides). 
Les médicaments antispasmodiques recommandés pour faciliter le passage des calculs dans l’appareil urinaire sont des inhibiteurs calciques comme la nifédipine (à raison de 30 mg par jour), ou des alpha-bloquants comme la doxasine (4 mg par jour environ).
Les médicaments antidouleur sont assez forts : le paracétamol seul ne suffisant pas, il est associé à des opiacés, comme la codéine. 500 mg de paracétamol +5-10 mg de codéine tous les 4-6 heures environ.

Une investigation plus poussée

Le traitement ne suffit pas. Pour prévenir les récidives, il est bon de rechercher les facteurs de risque modifiables dans l’histoire médicale et personnelle du patient. Un syndrome de l’intestin irritable, une chirurgie intestinale, un diabète, un syndrome métabolique, des infections urinaires fréquentes peuvent ainsi augmenter le risque de développer des calculs. La prise de certains médicaments également (certains antibiotiques comme l’amoxicilline, certains laxatifs notamment pour les calculs d’acide urique, des médicaments utilisés contre le diabète ou la sclérose en plaques…). Déterminer la nature du calcul est également important pour la suite, notamment pour savoir comment prévenir les suivants.

Lire : Comment prévenir les calculs rénaux

Il peut être judicieux d’avoir une analyse des urines sur 24 h afin de déterminer le pH des urines et leurs teneurs en calcium, phosphore, acide urique, oxalate. 
Si les calculs sont douloureux mais a priori pas trop graves, ils doivent être néanmoins pris au sérieux. Les personnes qui font des calculs ont en effet plus de risque de maladie rénale chronique.

Les cas particuliers

De plus en plus d’enfants ont des calculs rénaux. Il existe deux cas de figure :
- les calculs sont liés à des anomalies métaboliques ou anatomiques, à un diabète, de l’obésité ou de l’hypertension. Les connaître permet de mieux prévenir les récidives.
- les calculs sont dus à une hérédité familiale ; les enfants doivent alors être bien suivis car ils ont un risque plus important d’insuffisance rénale.

Les femmes enceintes sont plus à risque de calculs que les femmes du même âge non enceintes. Elles ont en particulier deux à trois plus de risque d’avoir des calculs de phosphate de calcium que de calculs d’oxalate. Le risque est le plus important au cours des 2e et 3e trimestres de la grossesse. En cas d’analyse d’urine montrant un pH trop élevé, il faut particulièrement se méfier. L’échographie sera préférée à la radiographie chez les femmes enceintes. Pendant la grossesse, les calculs augmentent le risque d’infection urinaire et d’accouchement prématuré, c’est pourquoi il faut bien les surveiller et les traiter.

 

Références

Lynda Frassetto, Ingrid Kohlstadt : Treatment and Prevention of Kidney Stones: An Update. Am Fam Physician. 2011;84(11):1234-1242.
Pietrow PK, Karellas ME. Medical management of common urinary calculi. Am Fam Physician. 2006;74(1):86-94.
Preminger GM, Tiselius HG, Assimos DG, et al.; EAU/AUA Nephrolithiasis Guideline Panel. 2007 guideline for the management of ureteral calculi. J Urol. 2007;178(6):2418-2434.
Acar B, Inci Arikan F, Emeksiz S, Dallar Y. Risk factors for nephrolithiasis in children. World J Urol. 2008;26(6):627-630.
Swartz MA, Lydon-Rochelle MT, Simon D, Wright JL, Porter MP. Admission for nephrolithiasis in pregnancy and risk of adverse birth outcomes. Obstet Gynecol. 2007;109(5):1099-1104.
 

2 Comment prévenir les calculs rénaux

Voici des pistes pour prévenir les calculs rénaux. Notez bien que les mêmes règles diététiques ne s’appliquent pas à tous les types de calculs.

Par test test Publié le 21/09/2017 Mis à jour le 26/03/2018

Les calculs rénaux sont rares dans les pays en développement, mais fréquents dans les pays développés, ce qui laisse penser que le mode de vie joue un rôle majeur dans la formation des calculs. L’obésité et le surpoids sont associés à un risque plus élevé, de même que le niveau élevé de calcium dans les urines et le faible volume des urines. 

Equilibre acido-basique et pH urinaire

Tout d'abord, une notion importante : celle...

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3 Les traitements naturels des calculs rénaux

Pour prévenir les calculs rénaux ou leur récidive, on peut recourir à certains compléments alimentaires qui ont fait leurs preuves pour inhiber leur formation ou les dissoudre. Voici ceux à privilégier et les doses efficaces.

Par Juliette Pouyat Publié le 26/03/2018 Mis à jour le 26/03/2018

Les calculs rénaux sont des cristaux durs, le plus souvent composés d’oxalate de calcium, qui se forment dans les reins et qui peuvent entraîner de vives douleurs au niveau des reins mais aussi dans tout l’appareil urinaire (vessie, urètre ou uretères). Dans la plupart des cas, les calculs rénaux sont évacués naturellement par les voies urinaires en buvant beaucoup et en prenant un traitement médicamenteux à base d’anti-douleur et antispasmodique. Parfois, une intervention chirurgicale est nécessaire. 

Lire : Les symptômes et le traitement des calculs rénaux

A côté des traitements « classiques », il existe des substances naturelles qui peuvent aider à traiter les calculs rénaux mais aussi prévenir leur récidive. LaNutrition.fr vous les présente en attirant votre attention sur le fait qu’il existe différents types de calculs rénaux – même s’ils sont le plus souvent composés d’oxalate de calcium – et que des traitements naturels peuvent être efficaces sur un type de calculs et par sur d’autres.  

Le magnésium et le potassium

Il semblerait que le magnésium soit capable de prévenir la formation de calculs rénaux par plusieurs mécanismes. D’abord le magnésium se lie à l’oxalate dans l’intestin et par conséquent diminue l’absorption de l’oxalate et donc sa concentration urinaire. Ensuite, le magnésium est en compétition avec les ions calcium pour former un complexe avec les ions oxalate. Il se forme alors de l’oxalate de magnésium, plus soluble que l’oxalate de calcium. De plus, des études expérimentales suggèrent que le magnésium pourrait ralentir le processus de cristallisation. Des chercheurs ont réalisé une méta-analyse de plusieurs études menées pour évaluer l’effet d’une supplémentation en magnésium (1). Leurs résultats suggèrent que le magnésium permet de réduire les facteurs de risques urinaires, notamment la concentration d’oxalate. L’effet de la supplémentation en magnésium est particulièrement bénéfique lorsqu’elle est administrée en combinaison avec le citrate de potassium.

En pratique

Les études menées ont majoritairement utilisé de l’oxyde de magnésium qui est généralement recommandé à des doses de 400 mg/ jour. Les citrates de potassium et magnésium sont également utilisés, avec une meilleure efficacité (normal, ils sont mieux absorbés par l’organisme). 

Lire aussi : 5 bénéfices du magnésium pour votre santé et Un extrait de Potassium, mode d'emploi

Le jus de citron 

Une étude montre que le jus de citron peut être une alternative au traitement par citrate de potassium pour soigner les calculs rénaux, notamment chez les personnes présentant une hypocitraturie, un facteur de risque de formation et de récidive de calculs rénaux (2). L’administration de jus de citron a permis de multiplier par 2,5 (contre 3,5 avec le citrate de potassium) la concentration urinaire de citrate qui se lie au calcium, inhibe la cristallisation et ainsi réduit la formation de calculs.

En pratique

Boire 85 ml de jus de citron frais chaque jour. 

La vitamine B6

Selon les résultats de la Nurses Health Study qui a été menée sur plus de 85 000 personnes, des apports élevés en vitamine B6 – qu’ils proviennent de l’alimentation ou d’une supplémentation – diminuent le risque de souffrir de calculs rénaux, notamment parce que la vitamine B6 pourrait diminuer l’excrétion urinaire d’oxalate (3). En effet, les femmes qui consomment le plus de vitamine B6 (plus de 40 mg par jour) ont 34% de risques en moins d’avoir des calculs rénaux que celles qui en prennent très peu (moins de 3 mg par jour). Cependant, une étude plus récente n’a pas trouvé d’effet bénéfique d’apports élevés en vitamine B6 sur le risque de calcul rénal (4). 

En pratique

Les preuves scientifiques manquent pour donner de réelles recommandations. La vitamine B6 est associée au magnésium dans les compléments alimentaires pour améliorer son absorption. Si vous prenez du magnésium, vous aurez de toute façon aussi de la B6.

L’acide phytique

L’inositol-hexaphosphate (IP-6) également appelé acide phytique réduit les niveaux urinaires de calcium et prévient la formation de calculs rénaux. L’IP-6 est naturellement présent dans les céréales et légumineuses. Il est souvent considéré comme antinutritionnel car il se lie aux minéraux empêchant leur absorption. Les études montrent que l’IP-6 agit comme un inhibiteur de la calcification des sels de calcium (5). 

En pratique

Privilégier les aliments qui contiennent de l’IP-6 : germes de céréales, son de blé, céréales complètes, haricots et soja. 

Les graines de courge

Les graines de courge consommées quotidiennement permettraient de réduire la formation de calculs rénaux par plusieurs mécanismes. Elles auraient en effet la capacité de diminuer la présence de cristaux d’oxalate de calcium et le niveau de calcium urinaire (6). Elles permettraient également d’augmenter le niveau de composés qui inhibent la formation de calculs rénaux (7).  

En pratique

Les graines peuvent être récupérées dans une courge et blanchies 5 minutes dans l’eau bouillante. Puis une fois séchées, elles peuvent être grillées au four ou à la poêle avec des épices ou du sel.  C’est parfait pour accompagner une salade ou pour un apéro. Les graines de courge peuvent également être consommées en collation. 

Lire aussi : Les atouts santé de la courge

Le Phyllanthus Niruri

La plante Phyllanthus Niruri appelée Chanca Piedra en espagnol a des feuilles, une tige et des racines qui contiennent des substances permettant de dissoudre les calculs rénaux. D’ailleurs Chanca Piedra signifie « casseur de pierre » et elle est utilisée depuis très longtemps par les peuples d’Amazonie pour traiter calculs biliaires et calculs rénaux. 
Les études montrent que Phyllanthus Niruri interfère dans les premières étapes d’agrégation et de croissance du cristal d’oxalate de calcium (8). Les essais cliniques sont peu nombreux mais ont donné des résultats plutôt encourageants (9). Une étude préclinique menée sur des rats a montré que l’administration orale d’un extrait de Phyllanthus Niruri permettait d’inhiber la croissance des calculs rénaux (10). Une étude a également été menée chez 150 patients souffrant de calculs rénaux et ayant subi une lithotripsie extracorporelle par ondes de choc, une technique qui vise à fragmenter le calcul. 78 patients ont reçu ensuite un extrait de Phyllantus Niruri (2 g/jour) pendant 3 mois. Après 3 mois de traitement, la proportion de personnes n’ayant plus de calculs rénaux ou de fragments résiduels est 93,5% chez ceux ayant bénéficié de l’extrait de plante contre 83,3% dans le groupe de contrôle (11). 

En pratique

Phyllanthus Niruri peut être prise sous forme d’infusion ou de gélules à raison de 2 fois 400 mg par jour. 

La grenade 

La grenade est très riche en antioxydants. Elle a montré son intérêt pour éviter les complications en cas d’insuffisance rénale ou contre le cancer de la prostate.
Une étude mené sur 56 rats a montré que le jus de grenade administré pendant 10 jours a un effet protecteur sur les reins en réduisant le dépôt de cristaux dans les tubes rénaux (12). Le jus de grenade diminue le niveau d’acidité de l’urine ce qui diminue le risque de calculs rénaux.
Les composés phytochimiques présents dans la grenade sont aussi responsables de la relaxation musculaire dans les voies urinaires ce qui facilite le passage et l’élimination des calculs rénaux (13). 

En pratique

La consommer sous forme de fruit entier ou de jus de fruits frais. 

Lire aussi : Comment la grenade protège des maladies liées à l'âge

L’ortie

L’ortie, et notamment ses parties aériennes, permet de traiter ou de prévenir les calculs rénaux. Son usage dans cette indication est d’ailleurs reconnu par l’OMS. Une étude menée sur des rats a montré qu’un extrait d’ortie est capable de dissoudre les calculs rénaux d’oxalate de calcium vraisemblablement en raison de la présence de composés tels que des saponines, des flavonoïdes et des anthocyanes (14). 

En pratique

Prendre l’ortie sous forme d’infusion de feuilles séchées, 3 fois par jour ou sous forme de comprimés (300 à 700 mg, 3 fois par jour). 

Lire aussi : 7 plantes sauvages que nous devrions manger

Le persil

Le persil est une plante aromatique qui possède des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et diurétiques. Le persil et ses extraits ont été utilisés comme traitement alternatif dans différentes maladies rénales (15). Un extrait de persil a également permis de prévenir la précipitation d’oxalate de calcium notamment en diminuant l’excrétion urinaire du calcium et en augmentant le pH urinaire (16).

En pratique

Le persil peut être consommé sous forme d’infusion : 2 g de persil dans 100-150 ml d’eau bouillante, 3 fois par jour. Il existe aussi sous forme de compléments alimentaires. 

Le basilic

Le basilic contient des composés chimiques qui aident à stabiliser le niveau d’acide urique ce qui rend plus difficile la formation de calculs rénaux. De plus, l’acide acétique présente dans le basilic aide à dissoudre les calculs. 

En pratique

Utiliser des feuilles de basilic fraîches ou séchées pour en faire des infusions et boire plusieurs tasses par jour. Il est aussi possible d’incorporer du basilic frais dans un smoothie.

Lire aussi : Comment prévenir les calculs rénaux (abonnés)

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