Vers un dépistage du cancer colorectal plus individualisé ?

Par Sarah Amiri Publié le 03/10/2019 Mis à jour le 03/10/2019
Actualité

Une étude du British Medical Journal revient sur les recommandations pour le dépistage du cancer colorectal après évaluation de son réel rapport bénéfices/risques.
 

Pourquoi c’est important

En France le cancer colorectal se place au troisième rang des cancers les plus fréquents. Ce cancer se forme au niveau des cellules qui tapissent la paroi du côlon et du rectum. Le dépistage du cancer colorectal est recommandé et proposé aux personnes âgées de 50 à 79 ans, indépendamment du risque individuel qui comprend l’âge, le sexe, la génétique, le mode de vie, la consommation d’alcool et de tabac, la sédentarité et l’alimentation. À cet âge, le risque de développer un cancer de l'intestin au cours des 15 années suivantes est généralement de 1 à 2 %.

Le dépistage du cancer colorectal fait partie intégrante d’une politique de santé publique basée sur la prévention. Comme ceux d’autres cancers (notamment le cancer du sein et de la prostate), il pose un problème important : quel est son rapport bénéfices/risques réel ?

À lire aussi : Le dépistage du cancer sauve-t-il vraiment des vies ? 

L’étude

Une équipe internationale d’experts a étudié le rapport bénéfices/risques du dépistage du cancer colorectal, dans le but d’optimiser les recommandations et d’aider les médecins à faire le bon choix avec leurs patients. 

Les risques peuvent découler de l’intervention, le plus souvent une coloscopie (perforation, traitement inutile) mais aussi de la qualité de vie du patient (anxiété, fardeau de l’intervention, stress).

Pour cette équipe d'experts, la priorité du dépistage devrait être accordée aux personnes dont le risque est élevé (en optimisant leur prise en charge) ce qui permet de réduire le surdiagnostic des patients à faible risque. Le surdiagnostic affecte en effet la santé des patients de multiples façons et ne doit pas être pris à la légère.

Selon eux, le dépistage doit être envisagé pour les femmes et les hommes dont le risque de déclarer ce cancer est estimé à 3 % ou plus au cours des 15 années suivantes, car c’est pour cette estimation que l’équilibre entre les avantages et les inconvénients penche en faveur du dépistage.

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En pratique

Il existe plusieurs options afin de procéder au dépistage du cancer colorectal qui sont laissées au choix du patient. Parmi elles, le test immunologique qui détecte des traces de sang dans les selles (à réaliser tous les un ou deux ans), la coloscopie et la sigmoïdoscopie (coloscopie partielle), des examens plus invasifs.

Les chercheurs ne sont pas encore certains quant à l’efficacité du type de test selon l’âge et l’intervalle dans lequel il doit être réalisé. Mais selon eux, le choix du test doit rester propre à chaque personne, et fonction du risque estimé. N'hésitez pas à en parler avec votre médecin.

Lire aussi : Trop de médecine, trop peu de soins
 

Référence :
Lise M Helsingen, Per Olav Vandvik, Henriette C Jodal, Thomas Agoritsas, Lyubov Lytvyn, Joseph C Anderson,8 9 10 Reto Auer,11 12 Silje Bjerkelund Murphy, Majid Abdulrahman Almadi, Douglas A Corley, Casey Quinlan, Jonathan M Fuchs, Annette McKinnon, Amir Qaseem, Anja Fog Heen, Reed A C Siemieniuk, Mette Kalager, Juliet A Usher-Smith, Iris Lansdorp-Vogelaar, Michael Bretthauer,Gordon Guyatt. Colorectal cancer screening with faecal immunochemical testing, sigmoidoscopy or colonoscopy: a clinical practice guideline. BMJ 2019;367:l5515

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