Longtemps associé à la psychiatrie, le lithium, un oligoélément naturellement présent dans notre alimentation, pourrait jouer un rôle jusqu’ici insoupçonné dans le déclenchement de la maladie d'Alzheimer.
Différentes études se sont penchées sur la relation entre la consommation de viandes et charcuteries et le risque d'avoir un diagnostic de démence de type Alzheimer. Que faut-il en retenir ?
Le lien entre alimentation et maladie d’Alzheimer a fait l’objet de nombreuses études et des recommandations pour prévenir le risque de développer la maladie ont été émises : beaucoup de fruits et légumes, du poisson, des légumineuses… Le régime MIND qui regroupe l’ensemble des aliments à privilégier et ceux à éviter permettrait ainsi de réduire le risque de maladie d'Alzheimer de 53 %.
Cependant, les études menées sur les associations entre certains aliments (fruits et légumes, poissons) et risque de démence obtiennent souvent des résultats discordants. De la même façon, la viande qui a souvent une mauvaise image quant à ses effets sur la santé a fait l’objet d’un nombre restreint d’études qui sont également parvenues à des résultats contradictoires.
Comment expliquer ces divergences ? Il se pourrait qu’il existe une causalité inverse : la maladie commence à se développer plusieurs années avant d’être diagnostiquée et pourrait être à l’origine de modifications alimentaires. Ce serait donc la maladie qui influence l’alimentation et non l’inverse.
Une étude parue dans la revue Journal of Alzheimer’s Disease a analysé les relations entre alimentation et risque de maladie d’Alzheimer, tout en tenant compte de la possibilité d’une causalité inverse (1).
Dans cette étude baptisée « Étude des trois cités », 9294 participants français âgés d’au moins 65 ans ont été suivis pendant 12 ans. Les données sur leur alimentation et leur santé ont été recueillies tous les 2 à 4 ans. Pour limiter le risque de causalité inverse, les chercheurs n’ont pas tenu compte des cas de démences détectées pendant les 4 premières années.
Parmi les résultats obtenus, les plus significatifs concernent la consommation de viande. Et contrairement à ce qu’ils attendaient, les chercheurs rapportent que le fait de consommer peu de viande (pas plus d’une fois par semaine) est associé à un risque plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer (ou une démence) que lorsque la consommation est plus importante (au moins 4 fois par semaine). Une des explications possibles serait une carence en vitamine B12 fréquente chez les personnes qui mangent peu de produits d’origine animale. En effet, le déficit en vitamine B12 est associé à des troubles neuropsychologiques. D’ailleurs, une étude précédente a montré que les personnes qui ont les niveaux sériques les plus élevés de vitamine B12 ont un risque plus faible de souffrir de la maladie d’Alzheimer (2).
Il faut quand même noter que l'étude ne fait pas la distinction entre viande rouge et viande blanche et que les modes de cuisson qui ont une influence sur le risque de la maladie d'Alzheimer ne sont pas non plus pris en compte.
Selon une nouvelle étude publiée en 2025 dans la revue Neurology, les personnes qui consomment le plus de charcuteries présentent un risque plus élevé de déclin cognitif et de démence que celles qui consomment très peu de viande rouge (3). L’étude a porté sur 133 771 personnes suivies pendant 43 ans. D’après ces chercheurs, remplacer une portion par jour de charcuterie par une portion de poisson réduit de 28 % le risque de démence.

Oui, dans les études scientifiques, la charcuterie est généralement incluse dans la consommation de viandes rouges.
Les charcuteries augmentent les risques de cancer, notamment à cause des nitrites et des nitrates présents dans les produits du commerce. Ces molécules augmenteraient aussi le risque de diabète de type 2.
Les résultats obtenus dans les études ne permettent pas de dégager des résultats clairs. Certaines études sur la consommation de viande ne trouvent aucune association, d’autres trouvent un lien entre une consommation élevée et un risque plus élevé de déclin cognitif chez les jeunes mais pas chez les personnes âgées de 75 ans et plus. Une autre étude qui distingue viande rouge et viande blanche indique que la viande rouge n’aurait pas d’impact sur le déclin cognitif mais que la viande blanche aurait un effet bénéfique. Mais il pourrait y avoir un lien entre charcuteries et démence.
Si vous ne mangez pas (ou peu) de viande, vous n’avez pas de raison d’augmenter votre consommation. Par contre, si vous en consommez nous vous conseillons d’éviter grillades et barbecue.
Pour préserver ses performances cognitives, le régime méditerranéen est efficace car il protège le cerveau du vieillissement. Si la maladie d’Alzheimer est déjà déclarée, le régime cétogène pourrait inverser la maladie en fournissant aux neurones une autre source d’énergie (les cétones) que le glucose, que les cellules nerveuses des malades ne parviennent plus à utiliser.
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