Le syndrome de l’intestin irritable (ou côlon irritable) est un désordre gastrointestinal qui affecte 10 à 15 % de la population occidentale. Les symptômes sont des douleurs abdominales, diarhées, constipation et ballonnements. Le stress, un déséquilibre de la flore intestinale et des paramètres alimentaires semblent aggraver les symptômes. Outre un traitement médicamenteux visant à réduire diarrhée, douleurs ou constipation, des solutions simples et naturelles existent pour se sentir mieux. Les solutions de fond comme l'éviction des FODMAPS et du gluten, la relaxation (lire plus loin), peuvent mettre un peu de temps pour faire effet. En attendant, on peut adopter des gestes simples, dont les effets sont rapides : prise de vitamine D (si on en manque), de probiotiques et/ou d'huile essentielle de menthe.
Des solutions à court terme
La vitamine D
Une large majorité des personnes touchées par le syndrome de l’intestin irritable auraient un déficit en vitamine D, d’après une étude de l’université de Sheffield parue en 2015 dans British Medical Journal Open Gastroenterology (1). Dans cette étude, 51 patients sur 82 avaient des niveaux de vitamine D insuffisants. De plus, les chercheurs ont trouvé une association significative entre les niveaux de vitamine D des patients et la sévérité de leur syndrome, en particulier dans la manière dont il affecte leur qualité de vie : il y avait une association significative entre le niveau de vitamine D et la qualité de vie des patients.
Ces résultats permettent d’envisager une nouvelle manière de traiter le syndrome de l’intestin irritable : les patients devraient faire tester leurs niveaux de vitamine D, et tirer bénéfice d’une complémentation en vitamine D. Ainsi, la chercheuse Vicky Grant qui a travaillé sur cette recherche souffrait du syndrome de l’intestin irritable depuis une trentaine d’années. Elle a expliqué que ses symptômes se sont améliorés après avoir introduit une forte dose de vitamine D3.
Les probiotiques
Différentes données suggèrent que les probiotiques, qui se présentent souvent sous la forme de gélules ou de poudre renfermant des bactéries vivantes, pourraient être bénéfiques pour traiter le syndrome de l’intestin irritable. Par exemple, une revue systématique portant sur 19 essais cliniques a montré des effets bénéfiques significatifs des probiotiques, notamment sur la sévérité des symptômes (2).
De plus, les probiotiques pourraient aider à gérer stress et anxiété, qui sont des facteurs aggravants du syndrome de l’intestin irritable. En effet, le microbiote intestinal est aujourd’hui considéré comme un régulateur clé du cerveau et du comportement. Selon des résultats présentés à la réunion annuelle de la Society for Neuroscience 2015, prendre des suppléments de probiotiques (Bifidobacterium longum) permettrait de réduire le stress physiologique et psychologique (3). On parle dans ce cas de « psychobiotiques ».
Dans cette étude, 22 volontaires de sexe masculin ont ingéré quotidiennement pendant 4 semaines une capsule contenant des probiotiques (Bifidobactérium longum NCIMB 41676) puis une capsule contenant un placebo pendant 4 semaines supplémentaires. Les suppléments de probiotiques ont conduit à une diminution de la production de cortisol –hormone du stress- ainsi qu’à une atténuation de l’anxiété. Sur les questionnaires, les hommes ont signalé être moins stressés et anxieux lorsqu’ils prenaient le probiotique.

L'huile essentielle de menthe
L'huile essentielle de menthe diminue expérimentalement la douleur associée au côlon irritable, et des études ont trouvé qu'elle est plus efficace qu'un placebo (4). Elle est idéalement administrée sous la forme de capsules prises deux fois par jour. Toutes les études ne sont pas positives et tous les patients ne sont pas améliorés, mais les spécialistes estiment que l'essai vaut le coup d'être tenté.
Des traitements naturels à moyen et long terme
La relaxation
D’après une étude de 2015 du Massachusetts General Hospital (Boston), un programme de neuf semaines destiné à favoriser la relaxation améliore les symptômes du syndrome de l’intestin irritable (5). Un effet a été observé sur l’expression de gènes liés à l’inflammation et à la réponse au stress.
L’objectif de cette étude était de savoir si une intervention anti-stress pouvait améliorer la qualité de vie des patients car le stress favorise le syndrome de l’intestin irritable. L’étude comprenait 48 adultes, dont 19 diagnostiqués pour un IBS (syndrome de l’intestin irritable) et 29 pour un IBD (maladie inflammatoire de l’intestin). Ils ont participé à un programme de neuf semaines de réduction du stress.
Résultats : les patients ont vu une amélioration de leurs symptômes, de leur anxiété et de leur qualité de vie, non seulement à la fin de l’étude mais aussi trois semaines plus tard. Si vous cherchez une méthode anti-stress validée, pensez à la cohérence cardiaque.
La diminution des FODMAPs
Le régime pauvre en FODMAPs, imaginé au début des années 2000, a vu sa popularité croître ces dernières années car il représente une solution pour beaucoup de personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable. Les FODMAPs sont des glucides dits à chaîne courte, présents dans certains aliments, qui sont peu absorbés par l’intestin et se retrouvent dans le côlon (6). FODMAP est l’acronyme de « Fermentable Oligosaccharides Disaccharides Monosaccharides And Polyols » ou en français « polyols, monosaccharides, disacccharides et oligosaccharides fermentescibles ».
Le régime pauvre en FODMAPs est un super régime pour soulager rapidement les symptômes digestifs
Pour le Dr Cotinat, gastro-entérologue, nutritionniste et auteure de Soignez le reflux naturellement (lire un extrait ICI >>), "le régime pauvre en FODMAPs est un super régime pour soulager rapidement les symptômes digestifs. Il est d'ailleurs reconnu par les instances officielles en gastro-entérologie pour cela. Mais il ne résout pas le problème de base qui nécessite de trouver un nouvel équilibre. Selon moi, il permet de passer un cap avant d'évoluer vers des modifications nutritionnelles plus pérennes."
Les aliments riches en FODMAPs sont ceux qui contiennent du fructose en excès (pomme, mangue, pastèque, miel, sirop de maïs à haute teneur en fructose), du lactose (lait…), riches en fructo-oligosaccharides (artichaut, asperges, betterave, choux, aubergine, ail, poireau, oignon, blé, seigle, pomme, pastèque, kakis, endive…), riches en galacto-oligosacchardides (légumineuses), contenant des polyols (pomme, abricot, avocat, mûres, pêche, poire, prune et pruneau, pastèque, chou-fleur, champignon, maïs doux). Le blé contenant du gluten est donc à éviter.
L'éviction du gluten
Le gluten et les aliments qui en contiennent sont soupçonnés de favoriser les symptômes du côlon irritable chez une partie des patients.