La pomme Golden du Limousin A.O.C.

Par Collectif LaNutrition.fr - Journalistes scientifiques et diététiciennes Publié le 12/05/2010 Mis à jour le 21/11/2017
26 novembre 2004: la Pomme Golden du Limousin s’est vue attribuer une Appellation d’Origine Contrôlée. Réjouissance des arboriculteurs Jacques Lamaud, ancien conseiller régional des Verts de la région: inquiétude face aux problèmes que crée l’arboriculture industrielle

 

Comment réagissez-vous à l’appellation d’origine contrôlée décernée à la Golden du Limousin ?

Cette variété Golden est largement cultivée dans le monde. Pourtant, cette pomme très sensible à la tavelure n’est pas adaptée au climat du Limousin trop humide. L’obtention d’une AOC a entraîné le développement de vergers industriels centrés sur cette seule variété. Or, cultiver une seule variété de pomme est une erreur sur le plan parasitaire et si, en plu,s cette pomme n’est pas adaptée au climat, c’est une erreur encore plus monumentale. Et l’erreur provient des coopératives agricoles et de l’industrie agroalimentaire et non pas du consommateur. Quoiqu’en disent les industriels, le consommateur ne boude pas les variétés anciennes de pomme.

Que sait-on des traitements pesticides sur les pommes du Limousin ?

Le nombre de traitements aux pesticides reste confidentiel dans le milieu arboricole. Cependant, on peut l’estimer sans trop se tromper à près de 40 par an*. Contre la tavelure, les vergers industriels utilisent des produits redoutables : des inhibiteurs de la biosynthèse des stérols, qui se retrouvent obligatoirement dans le fruit. Ce sont en effet des produits systémiques qui remontent dans l’arbre en même temps que la sève. On les retrouve donc directement dans le fruit et non pas seulement dans la peau. Rien ne sert plus de laver ou de peler une pomme pour se débarrasser des pesticides.

Quelles seraient les solutions possibles à ce problème ?

D’une part, il faudrait cultiver des pommes adaptées au climat local. Il existe en effet des variétés de pommes limousines très savoureuses : la court pendue, la pomme de Lestre, la pomme pierre, la Vernajou et la Paradis. Insensibles à la tavelure, ces pommes se conservent de plus très bien sans traitement. D’autre part, les vergers devraient faire coexister plusieurs variétés de pommes à la fois. Le rendement serait certes moindre mais le recours aux pesticides ne serait plus nécessaire car le fleurissement des différents arbres s’étalerait dans le temps. À l’inverse, dans les vergers spécialisés, la préférence donnée à une variété augmente la résistance des parasites aux pesticides, obligeant les agriculteurs à chercher constamment de nouveaux moyens de lutte.

 

*Selon l’enquête « Structure des vergers » de 1996 du SCESS (Service Central des Enquêtes et Études Statistiques), la pomme subit en moyenne 32 traitements par an (10 insecticides, 18 fongicides, 2 désherbages et 2 éclaircissages chimiques).

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