Découvrez dans cet article la liste des aliments à écarter ou à privilégier en cas de diabète de type 2 ou prédiabète.
Les déficits en vitamine E, répandus dans nos pays, augmenteraient le risque de stéatose hépatique chez les personnes obèses et les diabétiques.
La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) ou maladie du « foie gras » est l’une des maladies hépatiques chroniques les plus courantes, dont la forme sévère (NASH) est associée au stress oxydatif. La NASH une complication de l’obésité et une cause majeure de cirrhose pouvant conduire à une insuffisance hépatique et au cancer du foie.
La vitamine E est un puissant antioxydant, car elle neutralise les espèces réactives de l'oxygène.
Liposoluble (soluble dans les graisses), elle protège de l’oxydation les corps gras de l’organisme (membranes cellulaires, cholestérol…). Elle joue donc un rôle protecteur de la membrane des cellules de notre corps. Elle possède aussi des propriétés anti-inflammatoires.
Les différentes formes de vitamine E
La vitamine E regroupe deux familles de composés : les tocophérols (alpha, bêta, gamma, delta) et les tocotriénols (alpha, bêta, gamma, delta). Il existe donc en tout 8 formes de vitamine E mais celle qui est retrouvée le plus souvent dans la nature est l'alpha-tocophérol.
Dans les pays industrialisés, la carence en vitamine E est rare chez les personnes en bonne santé. Elle est presque toujours liée à certaines maladies dans lesquelles les graisses ne sont pas correctement digérées ou absorbées (maladie de Crohn, fibrose kystique et certaines maladies génétiques rares telles que l'abétalipoprotéinémie et l'ataxie avec carence en vitamine E). La vitamine E a besoin de graisse pour être absorbée par le système digestif.
Une carence en vitamine E peut causer des lésions nerveuses et musculaires entraînant une perte de sensation dans les bras et les jambes, une perte de contrôle des mouvements du corps (troubles de la coordination), une faiblesse musculaire et des problèmes de vision. Un système immunitaire affaibli est un autre signe de carence.
Sous la forme de supplément, la vitamine E augmente l’immunité des personnes âgées. Elle pourrait jouer un rôle dans la prévention des maladies cardiovasculaires et des accidents vasculaires cérébraux, même si les résultats des études sont contradictoires. Elle pourrait aussi réduire le risque de cancer de la prostate (là aussi les résultats sont contradictoires), et celui de cataracte. D’après les études, elle aurait également des effets bénéfiques contre le vieillissement (en protégeant de l'attaque des radicaux libres et donc du stress oxydant) et le déclin des fonctions cognitives.
La vitamine E est-elle également bénéfique à la santé du foie ? C’est ce que suggèrent plusieurs études récentes.
Une étude transversale a utilisé les données de l’étude américaine NHANES (2017-2020). L’apport en vitamine E (aliments et suppléments) a été obtenu à partir de la moyenne de deux entretiens de rappel alimentaire de 24 heures (1). Au total, 6 122 participants ont été inclus dans cette étude. Résultats : la vitamine E d’origine alimentaire et celle apportée par les suppléments étaient inversement associées à la NAFLD. L’augmentation de l’apport alimentaire en vitamine E pourrait s’avérer avantageuse dans la prévention de la stéatose hépatique, en particulier chez les individus ne souffrant pas d’hyperlipidémie.

Il s’agit cependant d’une étude d’observation qui doit être confirmée par un essai clinique.
Des études expérimentales antérieures ont trouvé que la vitamine E pouvait prévenir ou améliorer la maladie du foie gras.
En 2013, des chercheurs de l’École de médecine de l’université Case Western Reserve (Cleveland, Ohio) ont fait une découverte inattendue en travaillant sur des souris. Leurs résultats ont été présentés à la réunion annuelle de l'American Society for Biochemistry and Molecular Biology à Boston (2).
Cette étude, à laquelle ont participé des scientifiques de la Cleveland Clinic Foundation et de l'université Cornell, a montré que chez la souris, la vitamine E peut prévenir une accumulation de graisses dans le foie liée à l'obésité et au surpoids.
« Les implications de ces travaux pourraient avoir un impact direct sur la vie des quelque 63 millions d'Américains qui courent le risque de développer une maladie du foie liée à l'obésité dans leur vie », dit le Pr Danny Manor, professeur agrégé de nutrition et pharmacologie à Case Western Reserve.
C’est par hasard que les chercheurs ont identifié ces effets de la vitamine E. Ils étudiaient les conséquences d’un déficit en cette vitamine sur le système nerveux central quand ils ont réalisé que les souris déficitaires avaient un stade avancé de la stéatohépatite non alcoolique.
Des études sur l’homme ont montré que la vitamine E peut améliorer certains symptômes de NASH. Les chercheurs ont donc étudié des souris dépourvues d'une protéine qui régule le niveau de vitamine E dans le corps. Ils ont alors observé que ces souris ont un stress oxydant augmenté, avec dépôts de graisses dans le foie et des signes d’atteinte hépatique. Lorsqu’ils ont donné des suppléments de vitamine E aux animaux, la majorité des symptômes de NASH a été prévenue chez ces animaux, confirmant le lien entre un déficit en vitamine E et les troubles hépatiques.
Une intervention diététique simple et abordable peut profiter à ces personnes à risque
« Ces résultats pourraient avoir un impact significatif sur la santé publique, » dit le Pr Manor. En effet, la grande majorité des adultes aux États-Unis et dans les pays développés, comme le Canada, la France, la Suisse, la Belgique, ne consomment pas les doses optimales de vitamine E. Il n’y a pas actuellement de traitement pour NASH, ce qui en fait l’une des principales causes de greffe du foie. Les personnes obèses et en surpoids, les diabétiques ont un risque élevé de NASH. « Une intervention diététique simple et abordable peut profiter à ces personnes à risque, » dit le Pr Manor.
Pour les adultes, l'apport nutritionnel recommandé en vitamine E est de 12 mg par jour en France, mais il est de 15 mg aux États-Unis et au Canada. LaNutrition.fr recommande un apport de 15 mg par jour pour un adulte.
Pour vous aider à combler vos besoins en vitamine E par le biais de l'alimentation, voici une liste non exhaustive des meilleures sources parmi les aliments couramment consommés :
| Aliment | Teneur en vitamine E en mg/100 g |
|---|---|
| Huile de germe de blé | 149,4 |
| Margarine au tournesol (80 % de matières grasses) | 46,2 |
| Huile de colza | 45,8 |
| Huile de tournesol | 41 |
| Noix, noisette | 20-25 |
| Abricot sec | 4,5 |
| Avocat | 2,5 |
Source : Le guide des aliments antioxydants
Voici quelques huiles riches en vitamine E :
La vitamine E dans les compléments alimentaires est presque toujours présente sous forme d'alpha-tocophérol seul. De fortes doses d'alpha-tocophérol déplacent le gamma-tocophérol, un isomère de la vitamine E important pour la santé. Il faudrait donc préférer les doses modestes.
Pour la supplémentation en vitamine E, il existe plusieurs formes de vitamine E : synthétique et naturelle. La vitamine E (alpha-tocophérol) naturelle est deux fois plus biodisponible que la vitamine E synthétique. LaNutrition.fr conseille de privilégier les compléments offrant les 8 isomères de la vitamine E (ce qui est rare), privilégier également les formes naturelles, et éviter les doses supérieures à 100 UI d'alpha-tocophérol par jour, sauf indication médicale.
La vitamine E naturellement présente dans les aliments et les boissons n'est pas nocive et n'a pas besoin d'être limitée. Sous forme de supplément, cependant, de fortes doses de vitamine E pourraient augmenter le risque de saignement (en réduisant la capacité du sang à former des caillots après une coupure ou une blessure).
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