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Moins d’appétit, mais une attirance accrue pour les aliments sucrés : une étude des universités de Bonn et Tübingen montre que la dépression modifie les préférences alimentaires.
En France, une personne sur cinq environ est confrontée à un épisode dépressif au cours de sa vie. Or la dépression a des effets sur le comportement alimentaire. Les patients, en particulier ceux qui souffrent d'une dépression grave, signalent souvent des changements dans leur appétit.
« De nombreuses personnes atteintes de dépression souffrent d'une perte générale d'appétit, dit le professeur Nils Kroemer, qui travaille à l'hôpital universitaire de Tübingen. D'autres ont plus d'appétit pendant un épisode dépressif et développent même des envies de nourriture, en particulier de sucreries. Ces changements peuvent entraîner une modification du poids corporel. » Avec son équipe, il a mené une étude qui montre que la dépression est associée à des changements spécifiques dans les préférences alimentaires.
Cette étude réalisée par les universités de Bonn et Tübingen a trouvé que, bien que les patients aient généralement moins d’appétit, ils préfèrent les aliments riches en glucides (1). Les personnes souffrant de dépression ont aussi moins envie d’aliments riches en graisses et protéines que les personnes en bonne santé. Mais elles avaient davantage envie d'aliments combinant graisses et glucides, tels que le chocolat au lait.
Jusqu'à présent, on supposait que l'envie d'aliments riches en glucides était liée à un plus grand appétit. « Nous avons pu démontrer que ce n'est pas le cas, explique Lilly Thurn, principale auteure de l’étude (2). En fait, les envies de glucides sont davantage liées à la gravité générale de la dépression, en particulier aux symptômes d'anxiété. »
Ces résultats suggèrent qu’une amélioration durable de la dépression est possible en optimisant le régime alimentaire du patient. « Les thérapies ciblant la connexion entre l'intestin et le cerveau semblent particulièrement prometteuses pour l'avenir. Les premières études ont déjà montré que le jeûne ou les aliments probiotiques peuvent avoir un effet antidépresseur, explique Lilly Thurn. « Il a également été démontré que les personnes souffrant de dépression présentent des changements dans leur microbiome qui pourraient exacerber divers symptômes. »
Les glucides augmentent la synthèse de sérotonine dans le cerveau, un neurotransmetteur apaisant.
« Le cerveau est l’un des organes les plus gourmands en énergie, consommant environ 20 % de l’apport énergétique total du corps, avec la majorité de cette énergie provenant du glucose, explique Anne-Laure Denans, docteure en pharmacie et auteure du Guide pratique des compléments nootropiques. Contrairement à d’autres organes, il ne dispose que de très faibles réserves de glycogène, ce qui le rend dépendant d’un apport constant en glucose. Cependant, tous les aliments riches en sucre ne sont pas adaptés pour nourrir efficacement le cerveau. »
Pour maintenir un bon fonctionnement du cerveau, il est essentiel de favoriser les aliments à index glycémique bas (IG bas) afin d’éviter les pics de glycémie et d’insuline. En effet, une glycémie trop élevée nuit au cerveau : en réaction, le pancréas sécrète de l’insuline, ce qui peut entraîner une hypoglycémie réactionnelle et une fringale soudaine. « Ce phénomène peut se manifester par un brouillard mental, une faim excessive, une irritabilité, voire des difficultés de concentration », dit Anne-Laure Denans.
Les aliments ultra-transformés sont à bannir car ils sont riches en sucres et en mauvaises graisses. « De nombreuses études ont démontré que l’excès de sucre et de graisses de mauvaise qualité crée un état inflammatoire dans le corps, perturbant ainsi le bon fonctionnement du cerveau », explique Anne-Laure Denans. Une alimentation riche en aliments ultra-transformés est associée à un risque accru de dépression.
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