Combattre le vieillissement avec des fruits rouges

Par Lanutrition.fr Publié le 02/08/2006 Mis à jour le 10/03/2017
Fraises, framboises, myrtille, mûres ou encore cassis sont des alliés indispensables pour lutter contre le vieillissement

 

La canneberge combat les infections urinaires à répétition

VRAI

Les Indiens d’Amérique utilisaient la canneberge pour fabriquer le fameux pemmican mais aussi traiter les infections urinaires, fréquentes pendant la grossesse et après la ménopause. Bien vu : plusieurs études attestent de son efficacité, dont deux contrôlées contre placebo. Dans ces deux études rigoureuses, le risque d’infections à 12 mois est réduit de 40% chez les femmes ayant consommé du jus ou des extraits de canneberge par rapport au placebo. Il n’y a pas de différence d’efficacité entre jus et capsules de canneberge. La canneberge empêche des bactéries pathogènes (E. coli) d’adhérer aux cellules de la vessie. (1)

 

Les cerises sont utiles dans la goutte

VRAI

Ce remède de bonne femme est en passe d’être vérifié. C’est en tous cas la conclusion d’une étude très récente au cours de laquelle des volontaires ont consommé environ 300 g de cerises. Le niveau d’acide urique du plasma a baissé 5 heures après, tandis que l’élimination urinaire augmentait logiquement. Par ailleurs, plusieurs indices inflammatoires (dont la protéine C-réactive) étaient eux aussi à la baisse. (2)

 

Les myrtilles améliorent la vision nocturne

FAUX

Les myrtilles, lit-on un peu partout, étaient consommées au cours de la seconde guerre mondiale par les pilotes de la Royal Air Force (RAF) pour améliorer l’acuité visuelle par faible visibilité. Hélas pour la légende, le Centre de médecine aéronautique de la RAF, interrogé par votre serviteur, dément que les pilotes aient reçu des myrtilles, de la confiture de myrtille voire des extraits. Et les 30 études scientifiques conduites depuis sur le sujet ne soutiennent guère cette belle histoire : les quatre dernières, qui sont aussi les plus rigoureuses, concluent que les myrtilles sont sans effet sur la vision nocturne. (3)

 

Les fraises sont anti-cancer

VRAI

Comme tous les fruits, les fraises apportent des antioxydants qui réduisent les dommages infligés par les radicaux libres à l’ADN. Mais les fraises font plus : elles inhibent fortement la formation de composés cancérogènes appelés nitrosamines qui peuvent se former dans le tube digestif lorsqu’on ingère des nitrites ou nitrates et des protéines (amines). Les nitrosamines, apportées en particulier par les charcuteries, sont accusées de provoquer des cancers digestifs. Les fraises inhibent jusqu’à 70% la formation de ces agents cancérogènes. Une bonne raison, cet été, de faire suivre une assiette de merguez d’un bol de fraises. (4)

 

Myrtilles, mûres et framboises sont les meilleurs fruits anti-âge

VRAI

Kiwi et orange sont souvent cités comme les meilleures sources d’antioxydants, mais des recherches conduites à l’université Tufts (Boston, Massachusetts) par l’équipe de Ronald Prior, montrent la supériorité des myrtilles, mûres, framboises et fraises pour renforcer nos défenses contre les radicaux libres, responsables du vieillissement. Les chercheurs américains ont mis au point un test baptisé ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity) qui mesure le pouvoir antioxydant des fruits et d’autres aliments (voir tableau) dans le plasma. Les fruits dont les scores sont les plus élevés augmentent de 10 à 25% le pouvoir antioxydant du sang ! En plus, ils préviennent les pertes de mémoire chez le rat âgé et protègent les capillaires de ces animaux contre les attaques de l’oxygène. « Sur la base de ces résultats, dit le Dr Prior, j’estime qu’il faudrait se procurer 3 000 à 5 000 unités ORAC par jour pour espérer avoir un impact significatif sur la capacité antioxydante du plasma et des tissus. Mais les valeurs ORAC varient tellement d’un fruit ou d’un légume à l’autre, que vous pouvez manger 7 fruits et légumes par jour et ne recevoir que 1 300 unités ou consommer un seul bol de myrtilles et avoir plus de 3 000 unités. »




Fruits rouges : Comment faire le plein d’antioxydants?

Les polyphénols constituent une importante famille d’antioxydants dans les plantes, les fruits et les légumes puisqu’elle comprend plus de six mille molécules. On estime que l’alimentation en fournit environ 1 g par jour. Les polyphénols permettent aux végétaux de se défendre contre les ultraviolets. Pour ces raisons, les teneurs en polyphénols sont plus élevées dans les fruits mûrs que dans ceux qui sont cueillis trop tôt. Les polyphénols défendent la plante contre les pathogènes et leur concentration augmente après une infection. Ceci explique que les fruits bio, en particulier les fraises et les mûres renferment plus de polyphénols antioxydants que les fruits élevés sans stress comme c’est le cas dans l’agriculture classique. (5) Enfin, le stockage au froid pendant quelques jours ne semble pas affecter la teneur de ces fruits en antioxydants.

 

Fruits

ORAC µmol/100g

Myrtille

2400

Mûre

2036

Fraise

1540

Framboise

1220

Prune

949

Orange

750

Raisin noir

739

Cerise

670

Kiwi

602

Pamplemousse rose

483

A découvrir, le premier guide, à prix réduit, qui donne lepouvoir antioxydant de plus de 500 aliments et la nature desantioxydants qu’ils renferment : Guide des aliments antioxydants de J. Pouyat-Leclère (lire un extrait ICI  >>)

Références

(1) Jepson R : Cranberries for preventing urinary tract infections. Cochrane Database Syst Rev. 2004;2:CD001321.

(2) Jacob RA : Consumption of cherries lowers plasma urate in healthy women. J Nutr. 2003 Jun;133(6):1826-9.

(3) Canter PH : Anthocyanosides of Vaccinium myrtillus (bilberry) for night vision--a systematic review of placebo-controlled trials. Surv Ophthalmol. 2004, 49(1):38-50.

(4) Chung : Inhibitory effect of whole strawberries, garlic juice or kale juice on endogenous formation of N-nitrosodimethylamine in humans. Cancer Lett. 2002 Aug 8;182(1):1-10.
(5) Asami DK : Comparison of the total phenolic and ascorbic acid content of freeze-dried and air-dried marionberry, strawberry and corn grown using conventional, organic and sustainable agricultural practices. J Agric Food Chem 2003, 51 : 1237-1241.

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