Plus de décès quand on prend des antidépresseurs

Par Juliette Pouyat Publié le 27/09/2017 Mis à jour le 21/11/2017
Actualité

4 millions de Français prennent des antidépresseurs. Pourtant, ils peuvent s’avérer dangereux à long terme et augmenter le risque de mortalité.

Une nouvelle étude parue dans la revue Psychotherapy and Psychosomatics montre que l’utilisation d’antidépresseurs est associée à un risque de mortalité plus élevée dans la population générale mais pas chez les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, peut-être en raison de leur effet anticoagulant.

Prescrits dans plus de 70% des cas par un médecin généraliste sans toujours un diagnostic évident de dépression, les antidépresseurs font partie des médicaments les plus utilisés. Pourtant, ils ne sont pas sans risque sur le long terme.

L'étude

« Généralement, les gens pensent que les antidépresseurs sont sûrs et efficaces et qu’en traitant la dépression avec ces médicaments, on peut sauver des vies. Mais au cours de la dernière décennie, la recherche a montré que les antidépresseurs sont beaucoup moins efficaces que ce que l’on pensait jusqu’alors. Et notre nouvelle étude montre même qu’ils sont beaucoup moins inoffensifs que ce que l’on croyait… » explique l’un des auteurs de l’étude.

Dans cette méta-analyse regroupant 17 études, les chercheurs ont évalué l’effet des antidépresseurs sur le risque de mortalité toutes causes et sur le risque cardiovasculaire d’une part dans la population générale et d’autre part chez des personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires.

Les résultats montrent que dans la population générale, l’utilisation d’antidépresseurs augmente le risque de mortalité toutes causes de 33% et le risque d’un évènement cardiovasculaire (crise cardiaque, AVC) de 14%.

A l’inverse, chez les personnes qui avaient déjà une pathologie cardiovasculaire, les antidépresseurs n’augmentent pas le risque de mortalité ni le risque de faire un nouvel accident cardiovasculaire.

« Les propriétés anticoagulantes des antidépresseurs peuvent faciliter le flux sanguin vers le cœur lorsque les vaisseaux sanguins sont bloqués ou rétrécis, diminuant ainsi la probabilité d’évènements cardiovasculaires chez des personnes déjà atteintes par ce type de pathologies. Cela contrebalance l’effet négatif des antidépresseurs ».

« Compte tenu de l’utilisation massive des antidépresseurs, leurs effets sur le risque de mortalité doivent être évalués de façon plus rigoureuse ». Il est en effet nécessaire de comprendre comment les antidépresseurs affectent tous les mécanismes de l’organisme, pas seulement le cerveau.

En pratique

Environ 45 millions de boîtes d'antidépresseurs sont prescrites chaque année en France. Cela signifie que près de 4 millions de français (6% de la population) en consomment toute l'année. L'efficacité des antidépresseurs les plus prescrits (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et/ou de la noradrénaline) a été remise en cause récemment. Ces médicaments pourraient se révéler utiles dans certains cas de dépression majeure, mais une méta-analyse récente d'essais cliniques laisse entendre que les bénéfices de ces médicaments apparaissent plus réduits qu'on ne pensait, y compris dans les dépressions sévères, et que leur intérêt dans les cas de dépression légère à modérée est, au mieux, douteux. Or plus des deux tiers des patients qui se voient prescrire ces médicaments ne répondent pas aux critères de dépression sévère. Les antidépresseurs ont de nombreux effets indésirables comme les troubles sexuels, mais des études ont trouvé un risque accru de pulsion suicidaire. En bloquant soit le transporteur de la sérotonine soit le transporteur de la noradrénaline, les antidépresseurs empêcheraient aussi les cellules d’organes vitaux comme le cœur, les reins, les poumons et le foie de recevoir ces messagers biologiques comme elles le devraient normalement. Les antidépresseurs pourraient donc nuire au bon fonctionnement de nombreux organes dans tout le corps.

Si vous souffrez de dépression, il faut évidemment consulter un médecin, et avant tout traitement évoquer avec lui ces 3 points :

  • avez-vous envisagé un traitement psychologique validé scientifiquement, comme les thérapies cognitives et comportementales ?
  • avez-vous pris des antidépresseurs dans le passé et cela vous a-t-il été bénfique ?
  • quels sont les effets indésirables des médicaments qui pourraient vous être prescrits et sont-ils inférieurs aux bénéfices éventuels ?

Considérez aussi les options suivantes : yoga, exercice, oméga-3, thérapies cognitives et comportementales (voir le livre interactif des Dr Greenberger et Padesky : Traiter l'anxiété et la dépression par les TCC

 

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