Bactéries résistantes : des substances prometteuses dans l’écorce des arbres

Par Marie-Céline Ray Publié le 28/01/2021 Mis à jour le 29/01/2021
Actualité

Des chercheurs français ont mis en évidence l’activité antibactérienne de plusieurs écorces d’arbres, en particulier le merisier.

Pourquoi c’est important

En pleine pandémie de Covid-19, nous avons les yeux rivés sur le coronavirus. Depuis un an, l’opinion publique a réalisé à quel point les infections représentent une menace pour l’humanité. Malgré les vaccins et les traitements antimicrobiens déjà existants, des infections peuvent toujours faire des ravages. Or, à cause de la montée des résistances aux antibiotiques, les infections bactériennes résistantes représentent, elles aussi, un danger pour notre santé.

Dans ce contexte, il devient urgent de trouver de nouveaux traitements, pour que notre santé ne repose pas uniquement sur une poignée d’antibiotiques, mais toute une panoplie de solutions. Partout dans le monde, des chercheurs s’activent pour trouver de nouveaux traitements antibactériens.

Lire aussi : Résistance aux antibiotiques : 33 000 morts par an en Europe

Ce que montre l’étude

Deux laboratoires de l’université de Reims Champagne-Ardennes ont travaillé sur le potentiel antimicrobien des écorces d’arbres trouvés couramment dans le Nord-Est de la France. Les écorces d’arbres sont souvent considérées comme des déchets pour l’industrie forestière. Or, comme l’explique Marius Colin, un des auteurs de cette étude parue dans la revue Antibiotics et maître de conférences en microbiologie, « l’écorce représente la première ligne de défense physique, mais aussi chimique, de l’arbre contre les pathogènes, et il est donc possible d’envisager que des molécules antimicrobiennes soient présentes dans les écorces de certaines essences forestières. » Ces écorces contiennent-elles des molécules intéressantes pour la santé humaine ?

Les auteurs ont préparé 10 extraits d’écorce et les ont mis en présence, in vitro, de 17 souches bactériennes et de 5 levures, afin de tester leur effet bactéricide et/ou fongicide. Résultats : trois espèces d’arbres permettaient d’inhiber la croissance de la plupart des micro-organismes : le chêne pédonculé, l’aulne glutineux et le merisier. L’extrait de merisier avait un effet létal sur neuf micro-organismes. Il était actif contre des bactéries des genres Enterococcus (pouvant causer des infections urinaires, endocardites…), Listeria et sur le staphylocoque doré, une cause majeure d’infections nosocomiales.

L’extrait de merisier avait aussi la capacité d’empêcher la formation de biofilms. Le biofilm est une matrice fabriquée par des micro-organismes qui forme une protection pour les bactéries qui y vivent. Par exemple, la plaque dentaire est une forme de biofilm. Dans le biofilm, les bactéries sont protégées contre les antibiotiques et les cellules immunitaires. Elles risquent donc d’échapper aux traitements.

Enfin, les chercheurs ont identifié les molécules antimicrobiennes présentes dans les écorces d’arbre. Ils ont ainsi mis en évidence l’activité antibactérienne d’un flavonoïde, la dihydrowogonine.

Les écorces de chêne et d'aulne sont déjà connues pour leur utilisation en phytothérapie. Par exemple, il est possible d’acheter des écorces d’aulne en vrac pour préparer des tisanes. Celles-ci sont recommandées comme fébrifuges, contre les maux de gorge.

En pratique

En France, d’après l’Inserm, un patient hosla-communautelisé sur 20 est concerné par les infections nosocomiales (contractées à l’hôla-communautel). Les trois principales bactéries impliquées dans ces infections sont le staphylocoque doré, Escherichia coli et Pseudomonas aeruginosa. Un mauvais usage des antibiotiques en santé humaine et animale (dans les élevages) augmente le risque d’apparition et de transmission de ces mutations qui créent des bactéries super-résistantes. Un meilleur usage des antibiotiques est donc essentiel.

Les phages, qui sont des virus mangeurs de bactéries, sont déjà utilisés dans certains pays contre des infections bactériennes.

En prévention, prendre soin de sa santé métabolique, notamment en évitant de stimuler en permanence le système immunitaire est aussi crucial.

Des livres pour en savoir plus : Infections – le traitement de la dernière chance, Arrêtons de saboter notre immunité 

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