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Selon une étude européenne, 33 000 personnes meurent chaque année d’une infection résistante aux antibiotiques.
Les infections dues à des bactéries résistantes aux antibiotiques représentent un problème majeur de santé publique et menacent de nous faire revenir à l’ère pré-antibiotiques. Certaines bactéries ont muté et résistent désormais à de nombreux traitements. Mais combien de personnes meurent chaque année à cause de l’antibiorésistance ? Plusieurs études ont déjà évalué la charge représentée par la résistance aux antibiotiques. Ainsi, les données de 2007 du réseau européen EARS-Net (European Antimicrobial Resistance Surveillance Network) indiquaient que les bactéries résistantes aux antibiotiques causaient 386 000 infections chaque année, faisant 25 000 décès en Europe. En France, avec une méthode différente, l’étude Burden a trouvé 158 000 infections multirésistantes causant 12 500 décès dans notre pays.
Une solution contre les bactéries multirésistantes : la phagothérapie
Un article paru le 5 novembre 2018 dans The Lancet Infectious Diseases révèle les nouveaux résultats de la surveillance du réseau européen EARS-Net. L’étude s’est intéressée à cinq types d’infections dues à des bactéries résistantes aux antibiotiques dans 31 pays de l’espace européen : infections du sang, infections urinaires, infections respiratoires, infections chirurgicales et autres infections. Ces estimations se basent sur les données de 2015.
Les infections concernaient huit bactéries différentes trouvées dans des échantillons de sang ou de liquide céphalo-rachidien :
D’après ces données, il y a eu 671 689 infections liées à ces bactéries en Europe en 2015, et 33 110 décès. Les deux tiers de ces infections (426 277) ont été contractées dans un cadre médical ; ces infections nosocomiales représentaient près des trois-quarts des décès (72,4 %). Les enfants de moins d'un an et les seniors de plus de 65 ans étaient particulièrement concernés.
Les résultats de cette nouvelle étude indiquent ainsi une augmentation du nombre de décès depuis 2007 (plus de 8000 en plus), ainsi que des différences importantes entre pays européens : les pays du sud et de l’est, par exemple l’Italie et la Grèce, étaient parmi les plus touchés.
Les épidémiologistes utilisent aussi une unité, "l'espérance de vie corrigée de l’incapacité" (DALYs en anglais), pour évaluer la charge d’une pathologie sur la population. Les infections résistantes représentaient 170 DALYs pour 100 000 habitants, ce qui est du même ordre que la grippe, la tuberculose et le Sida combinés (183 DALYs pour 100 000). 39 % de cette espérance de vie corrigée de l’incapacité étaient dus aux infections résistantes à un antibiotique « de dernier recours » comme la colistine ou les carbapanèmes. C’est d’autant plus inquiétant que ces infections en hausse risquent de placer les patients dans une impasse thérapeutique.
Au vu de ces résultats, les auteurs soulignent « la nécessité de traiter d'urgence la résistance aux antimicrobiens en tant que problème de sécurité des patients et la nécessité de trouver d'autres options de traitement pour les patients atteints de telles infections qui ont d’autres maladies ou qui sont par ailleurs vulnérables (par exemple, en raison d’un système immunitaire affaibli ou de leur âge). »
Un rapport de l’OCDE publié le 7 novembre 2018 confirme l’importance de la menace et indique que 2,4 millions de personnes pourraient décéder à cause de la résistance aux antibiotiques d’ici 2050.
La résistance aux antibiotiques progresse en raison de la surconsommation d'antibiotiques, chez les humains comme chez les animaux d'élevage. De manière générale, plus votre organisme a été traité par des antibiotiques, plus vos bactéries risquent de développer des résistances. Il faut donc réserver les antibiotiques aux infections qui les nécessitent vraiment. Il existe des pistes alternatives aux antibiotiques, comme la phagothérapie, qui consiste à administrer des virus "mangeurs" de bactéries.
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