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Une alimentation de mauvaise qualité pourrait entraîner des modifications cérébrales associées à la dépression et à l’anxiété, d’après une recherche de l’université de Reading (Grande-Bretagne).
En France, d’après l’Inserm, une personne sur cinq a souffert ou sera concernée par la dépression au moins une fois dans sa vie. Or l’anxiété pathologique et la dépression impactent aussi la santé physique en favorisant ou aggravant de nombreuses maladies.
Si les traitements médicamenteux et les psychothérapies peuvent aider à combattre anxiété et dépression, ce que nous mettons dans nos assiettes a aussi son importance. Une nouvelle recherche britannique a d’ailleurs précisé les effets d’une mauvaise alimentation sur le cerveau.
Cette étude a porté sur 30 volontaires qui ont été répartis en deux groupes en fonction de leur alimentation : l'un avec une alimentation jugée de qualité supérieure (la plus proche du régime méditerranéen), et l'autre avec une alimentation de qualité inférieure (éloignée du régime méditerranéen). Les participants ont subi une IRM qui a permis de mesurer les concentrations de métabolites dans le cortex préfrontal médian et une imagerie volumétrique pour mesurer leur volume de matière grise.
Les scanners montrent des changements au niveau des neurotransmetteurs et du volume de matière grise chez ceux qui ont une mauvaise alimentation, par rapport à ceux qui adhèrent à un régime de type méditerranéen. Lorsqu’une personne a une alimentation de mauvaise qualité, on observe une diminution du GABA (acide gamma-aminobutyrique) et une augmentation du glutamate, ainsi qu’une réduction du volume de la matière grise dans la zone frontale du cerveau. Or, comme l’explique le Dr Piril Hepsomali dans un communiqué de l’université de Reading, « Cette partie du cerveau est impliquée dans les problèmes de santé mentale tels que la dépression et l'anxiété. »
Les chercheurs ont également constaté que ces changements sont associés à la rumination, qui fait partie des critères de diagnostic des troubles de la santé mentale, tels que la dépression et l'anxiété.
Cette recherche est parue dans la revue Nutritional Science.
Comment expliquer qu’une mauvaise alimentation affecte le cerveau de la sorte ? Plusieurs hypothèses sont envisagées par les chercheurs : des modifications du métabolisme et de la neurotransmission du glutamate et du GABA, des altérations du microbiote intestinal, un impact sur le glucose, en augmentant la glycémie et l’insuline…
Le régime méditerranéen apporte des quantités importantes de fruits, légumes, baies, de poissons, qui tous peuvent aider à améliorer l’humeur et réduire le stress et la dépression, comme l’explique la Dre Martine Cotinat dans son livre Je soigne presque tout avec le régime méditerranéen.
« On a pu observer des symptômes d’anxiété moins fréquents et moins graves avec l’adoption du régime méditerranéen, à la différence du régime occidental qui agit en sens inverse, dit-elle. Légumes et fruits, herbes aromatiques et épices, noix et autres graines, bonnes graisses comme oméga-3 et oméga-9, glucides complexes non raffinés en quantité modérée… ce superbe cocktail agit favorablement sur l’anxiété. Tout comme les fibres et les aliments fermentés qui, en améliorant la santé du microbiote, jouent aussi leur rôle. »
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