Il existe un lien direct entre forte consommation de viande rouge et cancer colorectal

Par Juliette Pouyat - Journaliste scientifique Publié le 21/06/2021 Mis à jour le 22/06/2021
Actualité

Des chercheurs ont mis en évidence les dommages spécifiques causés par une consommation élevée de viande rouge (transformée ou non) sur l’ADN, en particulier sur les gènes dont la mutation favorise le cancer du côlon.

Pourquoi c’est important

Manger moins de viande rouge tranformée ou non est un conseil qui revient souvent pour prévenir le cancer colorectal. Les études épidémiologiques suggèrent en effet que les personnes qui consomment le plus de viande rouge transformée ou non ont un risque accru de cette maladie. Mais le lien de cause à effet  « direct » entre une consommation élevée de viande rouge et l'augmentation du risque de cancer colorectal n’a pas été mis en évidence. C’est pourquoi dans une nouvelle étude parue dans la revue Cancer Discovery, des chercheurs de l'université de Harvard se sont intéressés aux dommages spécifiques au niveau l’ADN, provoqués par la consommation de viande rouge.

L’étude

Les chercheurs ont séquencé l’ADN de 900 patients atteints d’un cancer colorectal. Les participants faisaient partie d’une vaste étude dans laquelle ils avaient rempli des questionnaires alimentaires avant leur diagnostic de cancer.

Les analyses ont mis en évidence une signature mutationnelle (combinaison unique de mutations) distincte jamais identifiée auparavant et caractérisée par un type de dommage à l'ADN appelé "alkylation". Toutes les cellules contenant ces mutations ne deviendront cependant pas nécessairement cancéreuses. La signature mutationnelle était associée aux apports en viande rouge (transformée ou non) mais pas aux apports en volaille, en poisson ou encore à d’autres facteurs du mode de vie. Les données indiquent que les patients dont les tumeurs présentent les niveaux d'alkylation les plus élevés ont un risque de décès par cancer colorectal 47% plus élevé que ceux présentant des niveaux de dommages inférieurs. Les niveaux d’alkylation élevés ont été observés chez les personnes consommant plus de 150 g de viande rouge par jour.

Les composés N-nitrosés qui sont des produits métaboliques du fer et des nitrates/nitrites de la viande induisent des dommages de l’ADN par alkylation, aboutissant à un mécanisme de mutation des gènes. Parmi les gènes les plus touchés par l’alkylation, les chercheurs ont noté qu’il y avait ceux qui sont généralement impliqués dans le développement du cancer colorectal lorsqu’ils mutent.

« Cette signature mutationnelle pourrait aider à identifier les personnes les plus à risque de développer un cancer colorectal ou détecter la maladie à un stade plus précoce » expliquent les chercheurs.

En pratique

L’alimentation est importante pour la prévention du cancer colorectal : un régime riche en fruits, légumes, poissons, noix et graines, des aliments riches en fibres et de faibles quantités de viande rouge et de charcuterie représentent de bonnes habitudes alimentaires. La pratique régulière d’une activité physique, ne pas fumer, boire modérément de l’alcool et enfin éviter le surpoids permettent également de réduire le risque. Sachez également que des niveaux sanguins élevés de vitamine D sont associés à une réduction de 40 % du risque de cancer colorectal, c’est le moment de vous exposer au soleil ou de penser à la supplémentation si nécessaire.

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