Maladie de Parkinson : les bénéfices de l'exercice physique

Par Julien Hernandez Publié le 20/02/2012 Mis à jour le 06/03/2019
Actualité

La musculation améliorerait significativement les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson tandis que les exercices d’aérobie et de coordination seraient plus efficaces sur la cognition. 

Pourquoi c’est important 

La maladie de Parkinson est une maladie liée à l’âge caractérisée par des troubles du mouvements plus ou moins sévères, un déclin cognitif et des troubles de l’humeur. Elle toucherait 1600 personnes sur 100 000 en Europe. Les mécanismes physiologiques conduisant à cette pathologie sont mal connus même si l'on suspecte l’accumulation des plaques bêta-amyloïdes (comme dans la maladie d’Alzheimer) et la perturbation de certains neurotransmetteurs, de jouer un rôle prépondérant dans son apparition. 

De nombreuses études se sont intéressées à l’impact de l’activité physique (aérobie, résistance musculaire, coordination, etc.) sur les différents symptômes de la maladie. Voici ce que nous apprennent les données les plus récentes.

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Les études 

Musculation et motricité

Dans une étude, des chercheurs américains ont recruté 48 personnes, âgées de 59 ans en moyenne, atteintes de la maladie et les ont séparées en deux groupes : l'un a pratiqué de la musculation et l'autre a suivi de l'entraînement de type "fitness", comportant des exercices d'équilibre, de renforcement musculaire et de souplesse. Ils se sont entraînés une heure, deux fois par semaine, pendant deux ans.

Tout au long de l'étude, l'évolution des symptômes a été notée (en l'absence d'utilisation de médicaments) et les chercheurs ont constaté une amélioration des symptômes moteurs au bout de six mois comparables dans les deux groupes. En revanche, au bout de deux ans, les symptômes ont continué à s'améliorer dans le groupe qui a pratiqué la musculation alors qu'ils ont rejoint le niveau de départ pour le groupe "fitness".

Pour les chercheurs, la musculation devrait être envisagée dans le traitement de la maladie de Parkinson.

Mais une revue systématique vient nuancer l’avis de ces derniers : en effet, si selon ses résultats, les entraînements de force semblent bien améliorer les capacités motrices, physiques ainsi que la qualité de vie des patients, les données dans leur ensemble restent cependant mitigées et ne permettent pas de conclure définitivement sur l’intérêt de la musculation pour la maladie de Parkinson. 

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Exercice et cognition

Des chercheurs allemands ont réalisé une revue systématique de la littérature scientifique concernant l’impact de l’activité physique sur les paramètres cognitifs des patients atteints de Parkinson. Les scientifiques ont retenu les 11 essais contrôlés randomisés sur le sujet, et voici leurs conclusions après analyse statistique :

  • L’exercice aérobie et l’entraînement de résistance musculaire améliorent tous deux, indépendamment l’un de l’autre, les fonctions cognitives globales (mesurées grâce à deux échelles : la Montreal Cogntive Assessement (MOca) et la Mini Mental State Exmination (MMSE)). Combinés, ces deux types d'exercice semblent être encore plus efficaces. 
  • Pour améliorer les fonctions exécutives (ensemble de processus cognitifs permettant une adaptation rapide), le plus efficace semble être d'associer entraînement aérobie et entraînement de coordination. 
  • Concernant la mémoire, l’exercice aérobie serait la meilleure solution, bien qu’une seule étude ait trouvé des résultats significatifs. 
  • Aucune amélioration n’a été observée sur l’attention et la vitesse de réflexion, quel que soit le type d'exercice mis en place.

Selon les auteurs, l’activité physique améliore la cognition dans sa globalité. Elle pourrait également ralentir la progression de la maladie.

"Dans le cadre d'une thérapie holistique, le potentiel de l'exercice pour maintenir ou améliorer les symptômes non moteurs tels que la fonction cognitive chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson doit être reconnu, et les options de traitement les plus efficaces doivent être définies" affirme Tim Stuckenschneider, l'auteur principal de l'étude.

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En pratique 

Si vous êtes en charge de l’activité physique ou d’ateliers psychomoteurs pour venir en aide à des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, voici un résumé des différents protocoles utilisés dans les expériences : 

  • En fonction des contraintes qui s’imposent à vous, faites varier les entraînements de 1 à 3 fois par semaine. Aucune information n'est disponible pour une pratique plus soutenue.
  • Les sessions doivent durer entre 20 et 60 minutes. Au-delà, l'effet est inconnu.
  • L’intensité doit être augmentée progressivement. Vous pouvez commencer à une intensité faible (5%) pour arriver jusqu’à 80 % après quelques semaines de pratique. 
  • Pour les exercices en aérobie : danse, tapis roulant, vélo ergomètre, etc.
  • Pour les exercices de coordination : étirements, équilibre, marche synchronisée, Tai-Chi, réalité virtuelle sur planche en équilibre, etc.
  • Pour les exercices de résistance musculaire : entraînement de musculation classique adapté.

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