Maladie de Parkinson : l'alimentation préventive

Par Juliette Pouyat Publié le 07/04/2017 Mis à jour le 13/12/2018
Conseils

Voici les aliments à privilégier ou à éviter en prévention de cette maladie neurodégénérative, selon les derniers résultats de la recherche.

La maladie de Parkinson survient généralement après 60 ans et toucherait 6,3 millions de personnes dans le monde. En France, elle concerne entre 100 000 et 120 000 personnes avec 8 000 nouveaux cas déclarés chaque année.
Incurable, cette maladie dégénérative du système nerveux central se traduit par des tremblements, une lenteur généralisée des mouvements et une rigidité des membres. C’est la diminution de la production ou de la circulation d’un messager chimique du cerveau – la dopamine – qui en serait la cause biologique.
On sait que l’alimentation peut moduler la chimie cérébrale, permettant d’aider à prévenir cette maladie. Voici des conseils alimentaires, issus de la recherche scientifique.

Privilégier les aliments riches en oméga-3

Les aliments riches en oméga-3 auraient la capacité de prévenir la maladie de Parkinson, notamment grâce à la présence du DHA (acide docosahexaénoïque). C’est notamment en luttant contre l’inflammation et le stress oxydant que les acides gras oméga-3 exercent leur effet protecteur. Alors que les pesticides sont mis en cause dans le risque d’apparition de la maladie, les oméga-3 sont eux capables de diminuer la vulnérabilité aux neurotoxiques.
Ainsi, dans une étude sur les souris nourries soit avec un régime riche en acides gras de la famille des oméga-3, soit un régime normal, les souris nourries aux oméga-3 ont résisté à la toxicité du produit censé provoquer la maladie de Parkinson qui leur a été injecté.

En pratique : la consommation d’acides gras oméga-3 doit être supérieure à celles des oméga-6. Or, dans l’alimentation occidentale c’est souvent l’inverse. Le ratio oméga-3/oméga-6 optimal se situe aux alentours de 4 :1. Pour augmenter vos apports en oméga-3, vous pouvez consommer 2 à 3 portions de poissons gras (sardine, maquereau, hareng, saumon, thon…) chaque semaine, mais aussi des graines de lin et de chia, des noix et des huiles de colza, de lin ou de cameline qui contiennent de grandes quantités d’oméga-3.

Boire du café

En particulier si vous êtes un homme. Plusieurs études de grande envergure ont en effet conclu que les hommes consommant des boissons à la caféine (café, thé, cola…) entre 1 et 4 fois par jour bénéficieraient d'une protection accrue contre la maladie de Parkinson, un résultat non retrouvé chez les femmes.
Une étude parue en 2017 confirme ces résultats et montre que la caféine a un rôle neuroprotecteur et thérapeutique chez des modèles de rats atteints de Parkinson.
La caféine pourrait aussi améliorer certains symptômes de la maladie de Parkinson, notamment les tremblements. De plus, elle est compatible avec les traitements médicamenteux de référence comme la lévodopa. Certains chercheurs pensent même que la caféine améliore le fonctionnement du médicament.

Cependant, la caféine ne serait pas la seule molécule qui explique le rôle protecteur du café. Dans une étude parue en 2018 dans PNAS, des chercheurs de l’université Rutgers dans le New Brunswick ont travaillé sur deux composés du café : la caféine, mais aussi l’EHT (pour Eicosanoyl-5-HydroxyTryptamide en anglais), un acide gras dérivé de la sérotonine. L'EHT est présent dans l’enveloppe des grains de café et la sérotonine est un neurotransmetteur utilisé dans le cerveau.
Les chercheurs ont donné à des souris de la caféine et de l’EHT, soit ensemble, soit séparément. Seules, ces molécules ne semblaient pas efficaces. En revanche, ensemble, elles stimulaient l’activité d’une enzyme, la protéine phosphatase 2, qui a pour effet d’empêcher l’accumulation de protéines toxiques (de l’alpha-synucléine) dans le cerveau. Les agrégats d'alpha-synucléine se retrouvent dans la maladie de Parkinson mais aussi dans les démences à corps de Lewy. La caféine et l'EHT auraient donc un effet neuroprotecteur intéressant contre ces maladies en empêchant l'accumulation néfaste de protéines et en limitant la dégénérescence neuronale.

En pratique : boire des doses modérées de caféine est plus efficace, 2 à 4 cafés par jour environ.

Faire le plein de vitamine B6

Des apports alimentaires élevés en vitamine B6 sont associés à un risque 35% plus faible de maladie de Parkinson et même 50% moins important chez les fumeurs. Cette vitamine joue un rôle dans la synthèse des neurotransmetteurs, notamment la sérotonine et la dopamine et elle réduit l’homocystéine, une substance toxique pour les neurones.

En pratique : on trouve la vitamine B6 dans les abats (foies de veau, d’agneau ou de bœuf), le thon, le saumon, les volailles, les pois chiches, les bananes.

Miser sur les poivrons

Les études épidémiologiques montrent que les fumeurs ont un risque plus faible de développer la maladie de Parkinson. Or, le tabac fait partie de la famille des solanacées tout comme, le poivron, la tomate, la pomme de terre.
Une étude montre que la consommation de solanacées est associée à un moindre risque de développer la maladie de Parkinson. L’effet le plus important est observé avec les poivrons : en manger 2 à 4 fois par semaine se traduit par une réduction de 30 % du risque de Parkinson.

En pratique : manger des poivrons mais aussi d’autres aliments de la famille des solanacées comme la tomate et l’aubergine plusieurs fois par semaine.

Consommer des végétaux riches en flavonoïdes en général

Les flavonoïdes sont des substances synthétisées par les plantes qui ont notamment un rôle antioxydant. Ce sont eux qui donnent la plupart des couleurs aux végétaux.
Deux études ayant suivi 49 281 hommes et 80 336 femmes pendant plus de 20 ans ont montré que les hommes qui ont consommé le plus de flavonoïdes avaient 40% de risque en moins de développer la maladie de Parkinson, par rapport à ceux qui en ont consommé le moins.
Cette réduction du risque n'est pas retrouvée chez les femmes. Mais dans une deuxième analyse les chercheurs constatent qu'un type précis de flavonoïdes, les anthocyanes, protège également les femmes avec une réduction du risque de l'ordre de 24% pour les plus grosses consommatrices.
Une étude menée sur plus de 129 000 personnes sur deux décennies a aussi montré que grâce à leur teneur en anthocyanes que les baies rouges comme les fraises, myrtilles, mûres et autres framboises protégeaient de la maladie de Parkinson. Un résultat confirmé récemment par une étude montrant l’effet thérapeutique de la mûre dans la maladie de Parkinson en réduisant les niveaux d’alpha-synucléine et d’ubiquitine – dont l’accumulation dans les corps de Lewy joue un rôle clé dans la neurodégénérescence.

En pratique : les sources majeures de flavonoïdes dans notre alimentation sont les fruits et légumes, le thé, le café, le vin rouge, les oignons. Pour les anthocyanes : aubergine, chou rouge, prune, pêche de vigne, cerise, haricot noir, grenade, fraises, myrtilles, mûres, framboise, groseille, raisin noir… A consommer tous les jours.

Voir aussi : Le palmarès des aliments antioxydants

Les aliments à éviter

Il semble, selon des preuves plus empiriques que cliniques, que les aliments suivants gagnent à être à évités autant que possible, voire à être éliminés des assiettes pour prévenir la maladie de Parkinson (surtout s'il y a des cas déclarés dans votre famille) :

  • Les viandes rouges
  • Les céréales et produits contenant du gluten (faire des essais sur 3 semaines pour voir s’il y a un changement).
  • Les laitages

Références

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