De simples gestes du quotidien, sans régime ni privation, suffisent à faire chuter la glycémie ou la contenir. Découvrez 6 stratégies simples à mettre en œuvre, preuves scientifiques à l’appui.
La résistance à l’insuline, exprimée par l'indice HOMA, représente un risque de voir sa santé s’aggraver, même chez des personnes apparemment sans problème médical.
En France, plus de trois millions de personnes sont traitées pour un diabète. Or le diabète est un facteur de risque pour d’autres maladies. Par exemple, diabète et obésité sont associés à des maladies cardiovasculaires, des cancers et à la mortalité en général.
L'insuline est une hormone synthétisée par les cellules bêta pancréatiques. Après un repas, quand le taux de sucre dans le sang est élevé, l'insuline informe les cellules du corps qu'elles doivent absorber du glucose, l'utiliser et/ou le stocker, afin de faire baisser la glycémie.
La résistance à l’insuline est souvent une condition qui précède le diagnostic d’un diabète de type 2. Chez les personnes résistantes à l’insuline, cette hormone hypoglycémiante a moins d’effet sur les cellules, si bien qu’elles absorbent moins de glucose. Conséquence : la glycémie reste élevée.
Questionnaire
Dans son livre Résistance à l'insuline, le Dr Benjamin Bikman liste des questions à se poser pour évaluer sommairement son risque.
• Avez-vous plus de graisse autour du ventre que vous ne le souhaiteriez ?
• Souffrez-vous d’hypertension artérielle ?
• Avez-vous des antécédents familiaux de maladie cardiaque ?
• Avez-vous un taux élevé de triglycérides dans le sang ?
• Faites-vous facilement de la rétention d’eau ?
• Avez-vous des taches foncées sur la peau ou des petites bosses de peau (« taches brunes ») au niveau du cou, des aisselles ou à d’autres endroits ?
• Un membre de votre famille présente-t-il une résistance à l’insuline ou un diabète de type 2 ?
• Souffrez-vous du syndrome des ovaires polykystiques pour les femmes (SOPK), ou de troubles de l’érection pour les hommes ?
"Si vous avez répondu « oui » à une question, dit Benjamin Bikman, vous souffrez probablement d’une résistance à l’insuline. Si vous avez répondu « oui » à deux questions (ou plus), vous souffrez très certainement de résistance à l’insuline."
La mesure de la résistance à insuline se base sur l'indice HOMA (1). Le terme HOMA (Homeostasic model assessment) désigne un modèle mathématique qui évalue la résistance à insuline. L'indice HOMA-IR, aussi appelé indice HOMA, est le résultat d'un calcul qui s'appuie sur des mesures biologiques (voir plus loin).
L'insulinorésistance peut conduire au diabète de type 2. Mais les personnes résistantes à l’insuline qui semblent « en bonne santé » présentent-elles des risques ?
En 2020, des chercheurs du NIH (National Institute of Health) ont publié une étude s'appuyant sur la base de données NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey). La NHANES a démarré en 1999 et sert à de nombreuses études d’observation.
Les chercheurs ont analysé les données sur la sensibilité à l’insuline de plus de 20 000 personnes : environ 9200 participants en bonne santé, 7700 en prédiabète et 3400 diabétiques. Les auteurs ont utilisé comme outil l’indice HOMA (HOMA-IR), qui se calcule en multipliant la glycémie à jeun par le taux d’insuline dans le sang à jeun (l'insulinémie). Les personnes ayant une glycémie et une insulinémie à jeun élevées présentent un indice HOMA haut : elles sont résistantes à l’insuline.
Les participants ont été classés en quatre groupes en fonction de leur sensibilité à l’insuline. Le fait de passer dans le groupe un peu plus résistant à l’insuline augmentait de 28 % le risque d’avoir des problèmes de santé (2). Les personnes plus résistantes à l’insuline avaient plus de chances d’être en surpoids ou obèses, et d’avoir un tour de taille élevé. Il y avait aussi un lien entre la résistance à l’insuline et des problèmes de foie, comme le montrent les marqueurs hépatiques dans le sang des participants.
Les résultats montrent que les personnes résistantes à l’insuline mais apparemment en bonne santé ont plus de risques que leur santé s’aggrave. Bien avant un diagnostic de diabète, les patients résistants à l’insuline courent déjà des risques d'une moins bonne santé.
Les auteurs suggèrent que le taux d’insuline devrait être analysé pour connaître les facteurs de risques d’un patient, même s’il semble en bonne santé.
Des chercheurs ont découvert un lien entre l’obésité et les troubles neurodégénératifs comme la maladie d’Alzheimer. En utilisant la drosophile, mouche commune des fruits, ils ont trouvé qu’un régime riche en sucre provoque une résistance à l’insuline dans le cerveau, ce qui réduit sa capacité à éliminer les produits de dégradation des cellules nerveuses, augmentant ainsi le risque de neurodégénérescence.
La recherche a porté sur des cellules cérébrales dites gliales, car on sait que le dysfonctionnement de ces cellules entraîne une dégénérescence neurale.
Les auteurs ont observé que ces cellules gliales présentaient de faibles niveaux de protéine Draper, ce qui indique une fonction altérée (3).
Les régimes conduisant à la résistance à l’insuline et au surpoids contribuent potentiellement au risque accru de troubles neurodégénératifs
Les auteurs écrivent : « En utilisant des mouches des fruits, nous avons établi que les régimes riches en sucre déclenchent une résistance à l’insuline dans les cellules gliales, perturbant leur capacité à éliminer les déchets neuronaux. Cette étude donne un aperçu de la façon dont les régimes conduisant à la résistance à l’insuline et au surpoids contribuent potentiellement au risque accru de troubles neurodégénératifs. »
Pour calculer l'indice HOMA-IR, il faut connaître la glycémie et l'insulinémie à jeun, deux mesures qui nécessitent une prise de sang dans un laboratoire d'analyses médicales. Ensuite, le laboratoire peut effectuer le calcul, mais vous pouvez aussi faire le vôtre grâce à ces informations.
La formule de l'indice HOMA-IR est la suivante :
HOMA-IR = Glycémie à jeun (en mmol/L) X Insulinémie à jeun (en mUI/mL)/22,5

Un indice HOMA inférieur à 1,6 est considéré comme normal. Un indice HOMA élevé (>2,4) indique généralement une résistance à l’insuline.
Si vous présentez une résistance à l’insuline, il est conseillé de modifier votre alimentation afin d’éviter que la situation évolue en diabète de type 2.
Mais quel régime alimentaire conseiller dans les cas d'insulinorésistance ? Limitez les apports en glucides, choisissez des glucides de bonne qualité (à index glycémique bas ou modéré), mangez plus de fibres (légumes verts, graines et légumineuses) et de « bonnes graisses ».
Voici des régimes qui peuvent vous aider :
La sédentarité est aussi un facteur de risque pour la résistance à l’insuline.
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De simples gestes du quotidien, sans régime ni privation, suffisent à faire chuter la glycémie ou la contenir. Découvrez 6 stratégies simples à mettre en œuvre, preuves scientifiques à l’appui.
L’alimentation est le principal facteur qui influence la glycémie. Mais se concentrer uniquement sur ce qu’on mange, c’est passer à côté d’une partie du tableau : d’autres éléments du quotidien influencent le taux de glucose dans le sang. Les identifier permet de se donner les moyens d'agir.
En complément des traitements médicamenteux ou nutritionnels, certaines plantes s'avèrent efficaces pour diminuer la glycémie à jeun ainsi que d'autres paramètres du diabète de type 2. Voici 12 extraits végétaux amis de votre glycémie selon les études scientifiques.